Anonyme
Endométriose
Angélique face à l’endométriose :
les douleurs et le silence médical
Témoignage anonyme
L’endométriose est une maladie chronique qui touche une femme sur dix en Belgique et en France. Bien que la maladie soit de mieux en mieux connue et comprise, obtenir un diagnostic et une prise en charge adaptée reste un parcours difficile. Cela nécessite encore trop souvent de faire face à un corps médical qui sous-estime la souffrance des patientes. Angélique, partage son parcours avec l’endométriose profonde. Diagnostiquée à 40 ans, elle revient sur ses difficultés, ses peurs et son combat quotidien pour gérer cette maladie invisible.
Des douleurs au ventre anormales
Au cours de ma vie de femme, je ne me suis jamais vraiment plainte de mes douleurs de règles. J’ai eu deux enfants. Et j’estimais avoir une bonne santé. À l’aube de mes 40 ans, des douleurs ont commencé à apparaître, à se répéter et à se multiplier. Jusqu’au jour où je n’ai plus su me rendre à mon travail.
Là, j’ai compris que quelque chose n’allait pas. Les douleurs étaient devenues insupportables et je savais que ce n’était pas normal. Je ressentais des douleurs au ventre et de crampes violentes.
« Physiquement, j’étais épuisée. »
Un manque de prise en charge après le diagnostic de l’endométriose
Lorsque les symptômes se sont installés et que mon quotidien est devenu difficile. La première personne a m’avoir écoutée est ma kinésithérapeute. J’ai alors commencé à chercher une solution, un diagnostic. Je n’ai pas eu l’impression d’être vraiment entendue par le corps médical.
“Le pire, c’est peut-être la réaction de certains médecins qui m’ont dit que mes symptômes étaient dans ma tête.”
L’endométriose est une maladie gynécologique chronique inflammatoire qui touche 1 femme sur 10.
L’endométriose est une maladie liée à la présence de tissus, semblables à l’endomètre, en dehors de la cavité utérine. Elle peut toucher différents organes.
Si la maladie peut être asymptomatique, elle peut aussi provoquer de violentes douleurs et altérer la qualité de vie des femmes.
Mais qui sont-ils pour affirmer cela ? Ils ne peuvent pas savoir ce que c’est de vivre avec ces douleurs quotidiennes. Ils ne subissent pas les crises à répétition. Et ils ne connaissent pas la peur, ni l’appréhension à l’approche de nouvelles crises.
Quand le diagnostic d’endométriose est tombé un an plus tard, j’ai ressenti de la peur. Ce mot mettait enfin un nom sur mes souffrances, mais cela venait avec des inquiétudes sur mon avenir et la façon dont j’allais vivre avec cette maladie. Là, encore une fois, je n’ai pas vraiment été accompagnée. J’ai eu l’impression que les médecins me donnaient un diagnostic mais qu’ils n’ont pas cherché de solutions pour améliorer mon quotidien, soulager mes douleurs. C’est à la fois frustrant et décevant.
Apprendre à soulager l’endométriose par soi-même
Pour gérer cette maladie, cette colocataire involontaire, j’ai commencé à voir régulièrement ma kinésithérapeute ainsi qu’une diététicienne. Elles m’aident à mieux comprendre mon corps et à essayer de soulager certains symptômes.
Mes proches m’ont apporté un grand soutien. L’impact de l’endométriose sur ma vie est considérable. Depuis février 2024, je suis en arrêt de travail, incapable de reprendre mon poste. Chaque crise me cloue au lit, et il me faut parfois deux jours pour m’en remettre. J’aimerais me faire opérer pour pouvoir retourner au travail, mais le processus est long et incertain.
Sans oublier, les impacts sur ma vie intime. Mon conjoint et moi avons très peu de rapports à cause des douleurs. Mon mari a parfois peur de me faire mal. L’endométriose est arrivée jusque dans ma vie intime, semant le trouble. Une douleur de plus, mais celle-ci, émotionnelle.
Mon corps, ma vie avec l’endométriose
Aujourd’hui, j’aimerais dire à toutes les femmes qui souffrent d’endométriose de ne pas baisser les bras. C’est notre corps, on le connaît mieux que personne et il est essentiel de se battre pour être écoutée et prise au sérieux.
“Il ne faut jamais abandonner.”
Quant à moi, je continue à vivre avec cette maladie du mieux que je peux. Mon quotidien reste le même, avec ses hauts et ses bas. J’essaie de m’occuper un maximum et de rester active autant que possible, malgré la fatigue et les douleurs qui ne me quittent jamais.
“Le pire, c’est peut-être la réaction de certains médecins qui m’ont dit que mes symptômes étaient dans ma tête.”