temoignage endometriose diaphragmatique

Caroline

Endométriose

Caroline, l’endométriose diaphragmatique

 

Mise en lumière des symptomes de l’endométriose diaphragmatique

L’endométriose est une maladie mystérieuse et complexe qui se manifeste sous différentes formes. Caroline nous dévoile un peu de son parcours et de sa vie avec l’endométriose diaphragmatique. 
Une pathologie rare mais sous-estimée. Elle se manifeste sous formes de lésions sur le diaphragme.
Rappelons que le diaphragme est le muscle situé sous les poumons, il sépare la cavité thoracique de la cavité abdominale. Ce muscle est essentiel à la respiration. Zoom sur cette forme rare d’endométriose.

 

Les douleurs de règles pas comme les autres

 

À 13 ans, mes premières règles sont venues annoncer le début de ma vie de femme. Et déjà, cela était compliqué.

Mes règles ont toujours été douloureuses et abondantes. Mais assez rapidement, j’ai remarqué qu’en plus des crampes et autres douleurs, je perdais du sang lorsque j’allais à selle, j’avais des pointes au niveau de l’anus, des intestins. Quelque chose n’allait pas…

 

Lorsque l’on est jeune, ce sont des douleurs difficiles à exprimer auprès de son gynécologue. On se dit que c’est peut-être normal. Alors, on se tait, on n’en parle pas et on souffre en silence. Lors de mes rendez-vous chez le gynécologue, j’ai évoqué mes règles douloureuses bien évidemment, mais il me disait que c’était quelque chose de tout à fait normal.

 

Quelques années plus tard, des douleurs à l’épaule droite se sont développées. A l’époque, j’étais étudiante à l’hôtellerie et je me promenais toujours avec mon sac à ustensiles qui étaient très lourds. Au début, j’ai mis ses douleurs sur le compte de ce sac. 

 

Au bout d’un moment, j’ai fait le lien avec mes règles. J’ai compris que les douleurs étaient plus fortes à l’approche de mes menstruations et extrêmement vives pendant mes menstruations.

 

J’en ai alors touché un mot à mon gynécologue qui m’a répondu que cela n’avait rien à voir avec les menstruations. Il m’a conseillé d’aller voir un ostéopathe. Après cela, je pense avoir fait tous les ostéopathes que je pouvais connaître. Mais personne n’arrivait à trouver le problème
Mes douleurs restaient sans réponses.

 

Et j’ai vécu avec… Quand on est une femme, on souffre, c’est comme ça…

Endométriose
En savoir plus

L’endométriose est une maladie gynécologique chronique inflammatoire qui touche 1 femme sur 10.
L’endométriose est une maladie liée à la présence de tissus, semblables à l’endomètre, en dehors de la cavité utérine. Elle peut toucher différents organes.
Si la maladie peut être asymptomatique, elle peut aussi provoquer de violentes douleurs et altérer la qualité de vie des femmes.

 

L’envie de fonder une famille

 

A 26 ans, j’ai arrêté ma pilule pour essayer d’avoir un bébé. Les mois passaient et se ressemblaient, je ne tombais pas enceinte. A ce moment là, les douleurs se sont intensifiées jusqu’à devenir invivables.

 

En plus des douleurs au bas du ventre, de fortes douleurs au diaphragme m’empêchaient de respirer. Je me réveillais en pleine nuit tordue de douleurs. Je me couchais sur le carrelage pour tenter de faire passer les douleurs. Je prenais des anti-inflammatoires et des anti-douleurs. J’étais arrivé à un stade où j’essayais tout,  tout ce qui pouvait faire diminuer la douleur.
Mais, rien ne fonctionnait, je n’avais ni réponses, ni solutions à mes douleurs inexplicables.

 

C’est mon compagnon qui a fait le lien avec l’endométriose en lisant des témoignages sur l’internet. Alors, j’en ai parlé à mon gynécologue qui m’a finalement envoyée chez un spécialiste, le Dr Godin.

 

Le diagnostic de l’endométriose diaphragmatique

 

Lorsque j’ai rencontré le dr Godin, cela a été une vraie révélation. En quelques questions, il avait mis le doigt sur mes douleurs. Le diagnostic était sans appel, l’endométriose avait envahi le pelvis et s’était installée sur le diaphragme.

 

L’année de mes 26 ans, j’ai été opérée deux fois. Une première fois pour enlever les lésions d’endométriose pelvienne et une seconde fois pour enlever celles situées sur l’intestin.

 

J’avais le choix de me faire opérer une troisième fois pour le diaphragme, mais à l’époque, il n’y avait pas d’autre solution que d’ouvrir le ventre de haut en bas. Ayant un désir de grossesse, ce n’était pas très conseillé, j’ai préféré attendre.

 

Après, nous avons démarré la fécondation in vitro. Étant donné que j’étais au stade 4 et qu’il me restait de l’endométriose. Je suis directement passée par la FIV. Il ne fallait pas perdre de temps.

 

La grossesse grâce à la fécondation in vitro

 

Après quelques essais de fécondation in vitro, je suis tombée enceinte de ma petite fille. Mais, le jour de l’accouchement, cela n’a pas été facile.
En effet, mon gynécologue a du procéder à une césarienne accompagné d’un autre gynécologue. Et là, l’endométriose est venu mettre son grain de sel. Lorsque les gynécologues ont ouvert, cela a provoqué énormément de pertes de sang. N’étant pas formés et certainement pas préparés à cette éventualité, ils ont eu énormément de mal à me refermer. 

 

Après cet épisode, je n’ai plus voulu être suivie par ce gynécologue. Je me suis dit : cela ne sert à rien. Il est arrivé au bout de ses compétences. Et malheureusement, je pense qu’il y en a beaucoup qui sont dans le cas.

 

J’ai été réopérée une 3e fois au niveau de la cicatrice interne de ma césarienne. Et oui, l’endométriose avait encore trouvé un moyen de rendre les choses plus compliquées.

 

Mon endométriose diaphragmatique aujourd’hui

 

Aujourd’hui, j’ai 35 ans. Je vis au jour le jour avec mon endométriose.

 

Au niveau du diaphragme, j’ai régulièrement des pointes, des douleurs à l’épaule, mais également des gros nœuds dans le dos, je suis toujours tendue et cela monte dans la nuque.

 

Mon endométriose affecte également ma respiration qui est très forte et cela peut vraiment être impressionnant. Je suis très vite essoufflée lorsque je fais du sport, etc.

 

Il y a un an, le Dr Godin m’a recontacté pour discuter de mon endométriose diaphragmatique avec 4 autres spécialistes. J’ai alors repassé une IRM qui indiquait que j’avais de nouveaux foyers d’endométriose sur le diaphragme mais également autour de la capsule du foie.

 

Aujourd’hui, la médecine a évolué et ils m’ont annoncé que si je le voulais, ils pouvaient opérer différemment, de façon moins invasive. Mais cela reste une opération lourde qui devra se faire en deux temps et avec les risques que cette opération comporte.

 

Aujourd’hui, j’en suis là. Je pense de plus en plus à cette opération mais elle demande de peser les pour et les contre. Mais également de m’organiser avec mes enfants. Ce n’est pas une intervention à prendre à la légère et le post-opératoire sera long également. Je prends le temps de la réflexion.

C.D.

 

 

 

Témoignage sur l'endométriose : la non-écoute du corps médical

Sandrine

Endométriose

Sandrine, le corps médical ne m’a pas écoutée

 

La banalisation des douleurs par le corps médical. 

Le diagnostic de l’endométriose est un parcours long et difficile. En moyenne, 7 ans s’écoulent entre les premiers examens et la délivrance du diagnostic. Durant cette errance médicale, les femmes devront parfois faire face à un corps médical mal informé, banalisant les douleurs des règles ou simplement qui ne se montre pas à l’écoute. Si cela ne représente pas une généralité, ça a été le cas de Sandrine. Une jeune femme de 33 ans qui a du se battre seule pour diagnostiquer son endométriose et enfin pouvoir la traiter. 

 

« J’ai arrêté les gynécologues… Je n’ai jamais trouvé un gynécologue qui m’a écouté. A l’heure actuelle, je n’en ai toujours pas.

Mon parcours avec l’endométriose… ? Je le définirai comme un nombre incessant d’aller et retour chez des gynécologues, des spécialistes, aux urgences sans jamais n’avoir été entendue, ni écoutée. »

 

Mes règles, le début d’une longue histoire…

 

Je n’ai jamais connu des règles non douloureuses, jamais.

 

J’ai eu mes premières règles vers l’âge de 11 ans et depuis j’ai toujours pris des antidouleurs assez forts. Et je n’ai jamais vraiment arrêté.

J’ai été mise sous contraceptif à l’âge de 15 ans, mais après avoir changé de pilule un nombre incalculable de fois, c’est comme si mon corps s’habituait… Je recommençais toujours à avoir des douleurs quelques mois plus tard.

 

Vers 20 ans, mes symptômes ont vraiment commencé à s’intensifier et les crises s’accélérer. C’est à ce moment-là, que je me suis dit : ce n’est pas logique, il y a quelque chose qui ne va pas.

J’ai alors commencé à creuser. J’ai entendu et lu certains témoignages de célébrités qui parlaient de l‘endométriose et je me retrouvais dans leur témoignage. C’est comme ça que j’ai appris l’existence de cette maladie.

Endométriose
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L’endométriose est une maladie gynécologique chronique inflammatoire qui touche 1 femme sur 10.
L’endométriose est une maladie liée à la présence de tissus, semblables à l’endomètre, en dehors de la cavité utérine. Elle peut toucher différents organes.
Si la maladie peut être asymptomatique, elle peut aussi provoquer de violentes douleurs et altérer la qualité de vie des femmes.

 

Trouver un gynécologue à l’écoute ? Un vrai calvaire

 

Mes douleurs, j’en ai très vite fait part à ma généraliste qui a directement soupçonné de l’endométriose. Mais mon gynécologue me disait qu’il n’y avait rien. Donc il me proposait de changer de pilule.

C’était à chaque fois sa solution, me changer de pilule.

 

Après une forte hémorragie avec des signes avant-coureurs que mon gynécologue avait préféré ignorer, j’ai décidé de changer de médecin. Et c’est là que l’escalade des visites chez des gynécologues et aux urgences ont démarré.

 

Je me souviens de la première fois où je me suis dit qu’il y avait réellement un problème. Je m’en rappellerai toute ma vie… J’étais en train de faire mes courses et j’ai eu un énorme coup de poignard dans le bas du ventre. J’ai lâché mes courses d’un coup, tellement la douleur était intense, je ne pouvais plus bouger, je ne savais même pas comment reprendre ma voiture.

 

Aux urgences, on m’a dit que j’avais un lumbago. 3 fois… 3 fois dans cet hôpital, on m’a dit que c’était un lumbago et j’ai quitté avec une semaine de congé.

 

Je me souviens également d’une gynécologue qui m’avait mis sous anneau. Cela avait été une véritable catastrophe. Certainement une des pires expériences que j’ai vécue. Je me suis retrouvée encore une fois aux urgences. Je ne savais plus rien faire, ni m’asseoir ou autre à cause de mes douleurs. Cette fois-là on m’a enlevé l’appendice. Après deux journées, où j’avais fait une IRM, un scanner et ils ne voyaient rien sauf mon appendice enflammé.

 

Chez une autre gynécologue, lorsque j’ai expliqué mon problème, elle m’a dit que je n’avais rien. Ces mots résonnent encore dans ma tête : « Mademoiselle vous n’avez rien. Vous n’avez pas de grosses douleurs en dehors de vos règles donc ça ne peut pas être ça.» Et elle m’a dit que lorsque je voudrais avoir un enfant, on en reparlerait.

 

Sans savoir si je désirais avoir un enfant ou non. Sans connaître mon parcours.

 

Aux urgences ou chez les gynécologues, je ne me suis jamais sentie écoutée.

 

La libération à l’annonce du diagnostic

 

Après avoir consulté une dizaine de gynécologues, vécu quelques séjours aux urgences, j’étais lassée… lassée d’avoir mal, lassée qu’on me dise que c’était dans ma tête.

 

Mais, avec mon compagnon, nous désirions avoir un enfant.
Et pour accéder à ce rêve, nous devions savoir ce qu’il en était vraiment. Mon compagnon m’a dit que je devais chercher s’il n’y avait pas un vrai spécialiste de l’endométriose.

Et c’est là que j’ai trouvé le Dr Linda Tebache, à l’hôpital CHR de la citadelle à Liège. Il ne restait plus qu’à prendre rendez-vous mais j’avais peur. 

 

Je savais, je sentais que j’avais quelque chose mais j’appréhendais que l’on me l’annonce vraiment.

 

Donc il s’est passé quelque mois avant que je ne me décide à prendre rendez-vous moi-même chez le Dr Tebache.
Arrivée à ma consultation, tout s’est passé différemment.

Le Dr Tebache m’a vraiment écoutée. Dès qu’elle a inséré la sonde, elle a dit : « ah oui, il y a de l’endométriose là ». En écoutant mon parcours, elle n’a pas compris comment les autres médecins ont pu passer à côté.
Des IRM, une opération de l’appendice et rien ! Elle s’est même excusée qu’aucun médecin ne m’est pris au sérieux alors que l’endométriose était flagrante ! Afin de me donner les meilleures chances de tomber enceinte et vu l’ampleur des dégâts, nous avons programmé l’opération qui s’est déroulée en janvier dernier.

 

Enfin, un mot sur mes douleurs

 

Suite à cette annonce, j’étais en pleurs. En pleurs de soulagement, qu’enfin quelqu’un m’ait écoutée, qu’on trouve ce que j’ai.

 

Mais d’un autre côté, j’avais la rage d’avoir été laissée comme ça durant de longues années. Et que l’on me répète que c’était dans ma tête, que je devais mordre sur ma chique… que c’était juste des règles.

 

J’ai toujours eu des généralistes qui eux m’ont écoutée, c’est ça qui semble être le pire. La généraliste me disait oui, il doit avoir un problème et à chaque gynécologue, il me disait, non c’est dans votre tête. Je trouve cela aberrant.

 

Aujourd’hui, je suis scandalisée par rapport aux gynécologues.

 

J’ai l’impression d’avoir été mieux renseignée qu’eux. Ils ne cherchent pas plus loin que l’écho. J’ai eu beau revenir, ils n’ont pas pris en compte mes douleurs et mon état.

Même si ce sont eux les spécialistes, c’est ton corps, tu le connais et s’il y a quelque chose qui ne va pas, c’est qu’il y a des raisons et j’aurai préféré qu’ils creusent un peu plus. Et pas juste se contenter de dire non c’est dans la tête ou de changer de pilule. Je trouve cela scandaleux. Surtout que c’est une maladie qui touche beaucoup de femmes. Ce n’est pas comme si c’était une maladie rare. J’ai quand même été 5 fois aux urgences à cause de mes règles.

 

À 33 ans, je positive, ou du moins j’essaye. Je ne vais pas mentir, j’ai un peu peur d’avoir à nouveau mes règles et que les douleurs reviennent, j’appréhende aussi mon projet bébé mais je garde espoir.

 

 

 

temoignage endometriose infirmiere

Infirmière

Endométriose

L’endométriose vu du bloc opératoire

 

Le point de vue d’une infirmière en bloc opératoire. 

Lorsque l’endométriose est bien installée et souvent diagnostiquée tardivement, il arrive que les femmes doivent passer par la case opération.
Une étape dans le parcours de l’endométriose qui est considéré comme un traitement.

 

Pour en savoir plus, Chroniques de l’endométriose est parti à la rencontre de Romane infirmière et chef adjointe du bloc opératoire à la clinique CHC MontLégia à Liège. Romane nous explique son quotidien et son expérience face aux opérations d’endométriose. Elle travaille avec le Dr Godin du Centre Liégeois de l’endométriose.

 

L’endométriose et le corps médical

 

Connaissiez-vous l’endométriose avant de commencer à travailler en tant qu’infirmière ?

 

Oui, j’en avais déjà entendu parler. Dans mon cursus scolaire et plus précisément lors de ma spécialisation en salle d’opération, nous avions des cours de chirurgie spécifique par discipline. Les professeurs nous parlaient des pathologies et des opérations principales de chaque domaine. L’endométriose faisait partie des pathologies qui entrainaient le plus de chirurgie en gynécologie. J’ai donc appris les bases de la maladie.

 

Lors de votre première opération sur un cas d’endométriose, quel a été votre ressenti ?

 

Lors de ma première intervention, cela m’a fort impressionnée.

 

Une opération d’endométriose : c’est une installation très spécifique. C’est une chirurgie lourde qui peut durer très longtemps.

Ce qui entraine une préparation spécifique de la salle d’opération. En effet, nous devons préparer des appareillages de surveillance supplémentaire pour l’anesthésiste. Nous devons porter une attention particulière à ce que la patiente soit bien chauffée,…

 

Et la première fois que j’ai vu le Dr Godin utiliser le laser sur des kystes, leur ampleur et le fait que l’opération impliquait différents chirurgiens, cela m’a vraiment surprise. Je ne me rendais pas compte à quel point cette maladie pouvait être si invasive et à quel point cela pouvait se propager dans le corps.

 

 

Le déroulement d’une chirurgie d’endométriose

 

En chirurgie de l’endométriose, la cœlioscopie est la chirurgie la plus pratiquée ?

 

A l’heure actuelle, la cœlioscopie est très maitrisée. En jouant avec l’inclinaison du corps, les chirurgiens atteignent beaucoup d’organes en n’utilisant que trois petites incisions dans le bas du ventre. Il arrive que lorsque l’endométriose est bien développée et qu’elle a commencé à s’étendre sur d’autres organes comme le diaphragme, le chirurgien doive refaire une incision. Mais c’est tout. Il est très rare que l’on doive passer par une laparotomie.

 

Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur l’utilisation du laser ?

 

Le Dr Godin utilise beaucoup la méthode dite du shaving. Une technique qui utilise un laser pour brûler et détruire les lésions, les kystes et les adhérences.

Le laser offre une grande précision. Avec un réglage précis de cet instrument, le faisceau ne touche que la lésion et n’abime pas des tissus sains.

Le laser est vraiment très précis. Il permet ainsi de diminuer le risque de récidive et offre un meilleur rétablissement.

 

Quelles sont les complications à envisager lors d’une opération d’endométriose ?

 

Je pense qu’une complication peut être envisagée, lorsque l’équipe n’a pas sur traiter l’endométriose de la patiente comme cela était prévu.

 

Lorsque le chirurgien doit enlever un morceau ou parfois un organe entier. Il arrive parfois que le chirurgien enlève un bout d’intestin et doive placer la patiente sous stomie temporaire pour laisser l’intestin se reposer.

 

Je pense que cela est très difficile pour la patiente qui ne s’y attend parfois pas. Et cela représente une vraie complication. C’est « LE » véritable problème de l’endométriose. Tant que l’on n’a pas ouvert, on ne peut pas connaître les réels dégâts. Il y a souvent des choses qui passent inaperçues à l’échographie et à l’IRM.

 

Le diagnostic par l’opération

 

Considérez-vous que l’opération est le véritable diagnostic de l’endométriose ?

 

Avec l’endométriose, il y a toujours des surprises.

On a beau avoir des échos, de l’imagerie, c’est en ouvrant et en allant voir à l’intérieur que l’on peut réellement voir l’état de l’organe, si il est toujours bien irrigué au niveau sanguin, si il y a d’autres lésions,…  À mon sens l’imagerie médicale n’est encore pas assez précise. Et sans oublier que le tissu n’est pas facile à déceler au vu de sa ressemblance avec l’endomètre.

 

Au MontLégia, le Dr Godin et le chirurgien abdo ont pris l’habitude de travailler les mêmes jours. « D’être dans la maison ensemble », comme on dit chez nous. Cela permet d’appeler facilement le chirurgien abdo si l’on se rend compte que l’endométriose est plus sévère que prévu.

Lors d’une opération contre l’endométriose, on démarre toujours avec un temps opératoire approximatif mais on ne sait jamais si on va le respecter. Une opération de 2h peut très vite se transformer en 9h lorsque l’on ouvre la patiente.

 

L’endométriose face aux professionnels

 

Aujourd’hui, quel est votre point de vue sur l’endométriose ?

 

Lorsque l’on travaille dedans, on expérimente la maladie différemment, on se rend compte comme cela peut devenir grave. Cela me peine beaucoup de voir que de plus en plus de femmes et de jeunes femmes sont atteintes.

La liste d’opération est, à l’heure actuelle, interminable.

 

Ce qui m’attriste, c’est aussi de me rendre compte que des générations de femmes ont eu cette maladie et a qui ont dit que c’était normal. Et je pense qu’aujourd’hui la route est encore longue surtout auprès des gynécologues pour que l’on puisse dépister la maladie plutôt.

 

Mais surtout prendre les douleurs des femmes au sérieux.

 

Qu’espérez-vous pour l’avenir ?

Tout d’abord en ce qui concerne l’endométriose, j’espère plus de chirurgiens spécialisés.

Car aujourd’hui, on n’en compte trop peu et les listes d’attentes ne font que s’allonger.

 

Ensuite, j’espère aussi plus de gynécologues à l’écoute de leur patiente.
Que l’on soit infirmière, chirurgien, généraliste ou autre, nous vivons d’un métier de formation continue. Les avancées dans le secteur de la santé sont rapides et nous avons le devoir de rester informés. Nous n’avons pas toujours la chance de pouvoir se former comme on le souhaiterait et cela se ressent.

Je pense notamment aux gynécologues « un peu vielle école » qui n’ont pas fait évoluer leur technique d’examen ou qui ne sont pas assez ouvertes faces aux douleurs de leurs patientes.

On constate trop souvent un vrai manque d’écoute de la part du corps médical. Il y a souvent une banalisation des douleurs provenant des règles. Les douleurs sont toujours normales. Mais non cela ne l’est pas !

 

Enfin il y a un vrai travail d’éducation à réaliser. Je pense notamment dans les écoles. Où lors des cours d’éducation sexuelle, on pourrait prévenir des maladies féminines et sensibiliser les jeunes filles à s’exprimer sur leurs douleurs. Mais aussi mieux, informer les élèves sur leur corps. Souvent à l’école, les professeurs donnent la base et le job est fait.
Mais aujourd’hui, il est important d’approfondir plus l’étude du corps et de l’appareil génital de la femme.

Je pense qu’il y a une vraie méconnaissance du corps chez les femmes et cela est lié à des tabous et non-dit sur le corps féminin. Mais, il n’y a rien de gênant à ça, c’est notre corps, nos organes, nos règles et il n’y a rien de plus naturel à ça.

Témoignage endometriose infertilite pma

Anonyme

Endométriose

Anonyme, l’endométriose et le projet bébé

 

Un témoignage qui nous invite à réfléchir sur la difficulté d’évoquer nos problèmes intimes.

Des règles invalidantes dès le départ 

 

Dès mes premières règles, j’ai eu de fortes douleurs, après quelques cycles ma maman m’a emmené chez un gynécologue. J’ai eu droit à la même réponse que beaucoup de filles :

 

« C’est normal que ce soit douloureux au début ».

 

Au moins deux ans sont passés après mon premier rendez-vous, les douleurs étaient toujours présentes.

Heureusement, mes cycles étaient loin d’être réguliers ainsi j’avais parfois plus de tranquillité (en tout cas c’est ce que je me disais à ce moment-là). Lorsque les douleurs en dehors des cycles ont commencé et lors de mes premières relations intimes, j’ai su qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas chez moi, dans mon corps.

 

J’ai cumulé les consultations chez les gynécologues et les visites aux urgences pourtant jamais on m’a dit que ce n’était pas normal de souffrir autant.

S’ouvrir pour trouver des réponses

 

J’étais dans une nouvelle relation, très sérieuse et épanouissante et j’ai enfin osé me confier.

La gynécologue habituelle que j’avais est une femme assez dure, il m’est arrivé (et à des copines également) de sortir de son cabinet en pleurs. J’habite dans une petite ville et je ne me voyais pas aller ailleurs. Je pensais que ce serait pour entendre le même refrain de toute façon.

 

Mon compagnon a décidé de venir avec moi et m’a poussé à dire tout ce que j’avais sur le cœur. Je me suis alors ouverte et je lui ai dit que je ne me sentais pas écouté, ni soutenue. Bizarrement, elle a très bien réagi, elle s’est excusée et m’a dit que nous allions tout reprendre depuis le depuis.

 

Elle m’a alors prescrit une hystérographie et une IRM. Un peu plus de 2 mois après, le verdict est enfin tombé : Une endométriose de stade 4. Je ne savais pas ce que c’était comme maladie mais je me sentais tellement soulagée qu’on ait enfin trouvé ce qui n’allait pas chez moi.

 

Je n’étais pas folle : c’est cette phrase qui tournait en boucle dans ma tête !

 

Dans mon parcours, mon mari a été d’un soutien sans faille et il l’est d’ailleurs toujours.

Cependant, c’est loin d’être facile tous les jours. Il dit le contraire, mais le sentiment de l’obliger à subir ma maladie ne me quitte jamais.

 

Le désir d’enfant

 

Étant atteinte d’endométriose, on m’avait expliqué que ce serait difficile d’avoir un enfant et que je devrais peut-être passer par un parcours PMA, mais que nous devrions essayer tout de même naturellement.

 

Après quelques mois de tentatives, le spécialiste chez qui je suis suivie et qui travaille également dans un service de PMA, m’a vite conseillé d’y aller.

 

Malheureusement pour moi, étant très occupé il a confié mon dossier PMA a une de ses collègues : la chef de service. Mon mari a du faire des tests également, il en est ressorti qu’il n’avait que 3% de sperme viable, nous devions ainsi nous diriger vers une FIV ISCI, même si cela n’a été fait qu’à la seconde tentative.

 

La PMA est certainement le point le plus traumatisant de ma vie. J’avais le sentiment d’être un numéro, je devais être tout le temps à leur disposition, il n’y avait aucune place pour les sentiments. Les protocoles changeaient tout le temps, je n’arrivais plus à suivre… Les raisons des échecs étaient toujours de ma faute.

 

Après ma dernière fausse couche (à 22 semaines d’aménorrhée) la chef de service a cru bon de ne me dire que vu comme j’étais grosse (imc de 28), j’étais responsable de la mort de mon bébé. J’ai arrêté tout dès cet instant, j’ai fait une dépression.

 

L’adoption, un nouvel envol

 

Lorsque j’étais plus jeune, je disais toujours que je voudrais adopter, mon mari m’a d’ailleurs rappelé que c’est une des premières choses que je lui avais dit qu’en nous « fricotions ».

 

Après la perte de Samuel, j’ai voulu foncer tête baissée dans le parcours de l’adoption. J’ai tout de suite été arrêtée dans ma démarche par les travailleurs sociaux qui eux avaient bien compris que je n’avais pas encore fait le deuil.

Sur le moment, c’était une injustice pour moi mais très vite j’ai ouvert les yeux et j’ai remarqué qu’ils avaient raison. Je me suis fait aidée grâce à une psychologue mais surtout grâce à une sophrologue exceptionnelle. Je n’exagère pas si j’affirme que cette femme m’a sauvé. Elle m’a offert les outils qui m’ont permis de me retrouver.

 

Après plus ou moins 1 an, nous avons rouvert notre dossier auprès de l’agence d’adoption et nous avons accueilli une merveilleuse petite fille.

 

Et l’endométriose aujourd’hui…

 

Après l’arrivée de notre petite fille, j’ai eu la surprise et la chance de tomber enceinte naturellement. Un véritable kindersurprise !

 

Depuis mon accouchement, je suis rentrée dans une phase « autruche » comme j’appelle cela. Je suis sous pilule en continu, ce qui permet d’atténuer drastiquement les douleurs, cependant beaucoup de signes me montrent qu’elle est à nouveau là si je puis dire.

 

Les douleurs en dehors de mes règles sont de plus en plus forte, il y a des moments de crise et enfin les effets secondaires (douleurs digestives, sécheresse vaginale intense, prise de poids, …) sont également présents.

 

On ne guérit jamais de cette saleté malheureusement.

 

Si il y a une chose à retenir et à partager de cette vie avec l’endométriose, ce serait celle là : Non, vous n’êtes pas folles !

 

Je pense que les femmes et jeunes filles sont les plus à même de savoir ce qu’elles ressentent dans leur corps.
Alors, apprenez à l’écouter et faites-vous confiance.

 

Je ne peux que vous conseiller d‘insister dans la recherche de réponses et de ne jamais abandonner votre corps. Les spécialistes sont peu nombreux et les délais d’attente souvent longs, mais cela en vaut la peine !

 

Il existe des solutions, des personnes qui sauront vous écouter et vous guider que ce soit dans le corps médical, dans les médecines douces ou simplement par l’écoute d’une amie. Vous n’êtes pas seule dans cette aventure !

 

 

 



Endométriose
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L’endométriose est une maladie gynécologique chronique inflammatoire qui touche 1 femme sur 10. L’endométriose est une maladie liée à la présence de tissus, semblables à l’endomètre, en dehors de la cavité utérine. Elle peut toucher différents organes. Si la maladie peut être asymptomatique, elle peut aussi provoquer de violentes douleurs et altérer la qualité de vie des femmes.

temoignage endometriose operations

Yolande

Endométriose

Yolande, l’endométriose et les multiples opérations

 

Quand l’endométriose et les douleurs impactent son rapport au corps

Chroniques de l’endométriose est parti à la rencontre de Yolande, 47 ans. Une femme de caractère qui vit avec une endométriose très agressive et qui n’en laisse rien paraitre.

Cela fait plus de 15 ans que Yolande a été diagnostiquée endométriosique. Depuis elle connait des opérations à répétition. Aujourd’hui encore la maladie est toujours bien présente et ne lui laisse pour ainsi dire aucun répit.

Pour nous, Yolande revient sur un parcours haut en douleurs.

 

Les règles : une relation complexe

 

« Les douleurs ont toujours accompagné mes menstruations, et ce, depuis les premières »

 

Mes règles n’étaient jamais régulières, parfois j’en avais très peu et parfois pas du tout. Mais peu importe le flux de ces dernières, elles étaient toujours accompagnées de douleurs. Je pouvais rester au lit sans savoir bouger ou me lever.

 

Cette situation complexe me faisait poser des questions quant à ma fertilité et si je pourrais un jour avoir des enfants.

 

Être une femme, cela fait mal. Pour ma part, je n’avais jamais connu une autre situation. Mes règles se sont toujours mal passées. Mais à l’époque cela était normal. Je vivais avec même si cela m’empêchait parfois de vivre comme je le désirais et tordait mon corps de douleurs. Pour remédier à cette situation, j’ai essayé plusieurs contraceptions comme la pilule, l’anneau, le stérilet… mais rien n’y faisait.

 

L’arrivée de l’endométriose dans ma vie

 

Alors, que j’avais toujours connu des problèmes avec mes règles, d’autres symptômes ont commencé à se manifester, empiétant toujours un peu plus sur mon quotidien.

Après la pose d’un stérilet, les crampes, les douleurs, les crises n’ont fait qu’augmenter. J’avais très mal au ventre, au bas du dos et doucement les rapports sexuels sont devenus invivables. Plus le temps avançait et plus les douleurs grandissaient.

 

« À la fin, on ne pouvait même plus me toucher »

 

J’ai commencé à avoir régulièrement de violentes douleurs. Bien plus fortes que mes règles qui pourtant ont toujours été douloureuses.

Endométriose
En savoir plus

L’endométriose est une maladie gynécologique chronique inflammatoire qui touche 1 femme sur 10. L’endométriose est une maladie liée à la présence de tissus, semblables à l’endomètre, en dehors de la cavité utérine. Elle peut toucher différents organes. Si la maladie peut être asymptomatique, elle peut aussi provoquer de violentes douleurs et altérer la qualité de vie des femmes.

L’espoir d’une enfant 

Un long chemin et un mot sur mes douleurs

Lorsqu’avec mon mari et moi, nous avons décidé d’avoir un enfant, nous avons rencontré beaucoup de difficultés. Et malgré nos questionnements, mon gynécologue de l’époque nous disait qu’il fallait encore attendre… Ce que nous avons fait durant deux années sans aucun résultat, avant de démarrer des examens de fertilité.

 

C’est le professeur Godin du Centre Liégeois de l’Endométriose qui a supposé mon endométriose. Il a alors programmé ma première opération.

Une annonce pleine d’interrogations

 

Lorsque le Dr Godin a prononcé pour la première fois le nom « endométriose », je n’ai pas trop su quoi en penser. Avant cela, je n’avais jamais entendu parler de cette maladie. Mais j’ai toujours su que mes règles n’étaient pas « normales » L’opération a eu lieu très rapidement.

 

Après cette dernière, le résultat est tombé très vite. J’avais bel et bien de l’endométriose. Déjà bien implantée dans mon corps, elle avait bouché une de mes trompes et mon stérilet, qui m’avait causé tant de douleurs, avait blessé mon utérus.

 

À ce moment-là, l’opération est une réussite. Le professeur Godin a pu tout enlevé. Tout de suite après, je suis mise sous ménopause chimique pendant 3 mois pour assécher les foyers qui auraient pu persister. Après ce traitement, j’ai pu tomber enceinte et avoir mon petit garçon à l’âge de 34 ans.

 

Vivre sa vie malgré l’endométriose

 

Aujourd’hui, je positive de plus en plus par rapport à la maladie et à ma vie. Évidemment, cela m’arrive d’être énervée lorsque mes cystites à répétition me font souffrir. Mais je tente vraiment de relativiser et d’apprendre à vivre avec. Je n’ai pas le choix.

 

Mon rapport au corps est toujours compliqué.

 

Et particulièrement avec ma sexualité. L’endométriose a réellement eu un impact fort sur celle-ci. Comme je l’ai dit, à un moment de ma vie où les douleurs étaient insupportables, même une caresse me faisait bondir.

 

Malheureusement, cela est ancré dans mon corps. On vit toujours avec les souvenirs de rapports qui ont été très douloureux. Et cela représente un stress à chaque fois. Même quand tout se passe bien, il y a des sensibilités qui restent. Et ça, je devrais vivre avec jusqu’à la fin.

 

Cependant, je suis convaincue que l’on doit aussi essayer d’avoir une vie amoureuse et essayer d’en profiter quand même. C’est important.

 

 

 

Sexualité tabou

Hélène

Sexualité

Et ta sexualité, on en parle ?

 

Réflexion sur la sexualité.

La sexualité.

 

J’ai juste envie qu’on en parle. Comme ça, simplement. Comme on parle du quotidien, de la météo, des travaux, du boulot, du corona. « On », c’est-à-dire nous tous. Nous, les êtres humains, qui sommes tous un jour confronté à une forme de sexualité.

 

Pourtant ce n’est pas un sujet de conversation comme un autre.

 

Tu vois de quoi je parle ? Quand on rougit, quand un ami donne un peu trop de détails. Quand on se sent mal à l’aise d’en parler avec certaines personnes (maman, mamy, le voisin, la collègue, le facteur, tante Gertrude…). Quand on ne veut pas savoir. Quand on a peur d’être jugé. Quand on juge aussi.

 

Aujourd’hui j’ai juste envie qu’on prenne conscience que ce sujet reste plein de tabous et que toi et moi, on se demande pourquoi. On expérimente tous une forme de sexualité, alors de quoi est-on gêné ?

 

Parler de sexualité : où est le problème ?

 

T’aimes bien quoi ? Qu’est-ce qui te fait vibrer ? T’attire ? T’effraie ? T’intéresse ? Qu’as-tu vécu comme belles et moins belles expériences ? Qu’aimerais-tu partager ?

 

Des questions si évidentes, pour un sujet anodin.Un blabla quotidien, une simple expérience. Mais pourquoi ça nous gêne de parler de sexualité ?

 

Revenons sur notre éducation pour tenter de comprendre d’où provient le malaise.

 

Et si cette gêne remontait à notre enfance ? 

 

Quand on y réfléchit, les tabous entourant le sujet de la sexualité dans un dialogue adultes-enfants sont souvent très importants.

 

De l’enfant qui pose ses premières questions sur son sexe à la découverte de la masturbation, en passant par le célèbre Papa, maman, comment on fait les bébés ?, comment le parent réagit-il ? Souvent, avec beaucoup de bienveillance et un brin de maladresse, le parent va : rougir / bégayer / nier / changer de sujet / tenter une explication scientifique / parler d’une histoire de petite graine / faire comme s’il n’avait ni vu ni entendu / … (biffer la mention inutile). Plus l’enfant pose de questions en détails, plus le parent transpire. Et l’enfant, tel un miroir, renvoie à l’adulte sa propre gêne.

 

Le résultat ? L’enfant intègre cette gêne ou cette pudeur et comprend que ce sujet peut mettre mal à l’aise. Il ne pose pas ses questions librement. Il n’apprend pas.

 

Et quand l’enfant grandit, que se passe-t-il ?

 

L’adolescence, rappelez-vous : on voit son corps changer et ses envies sexuelles apparaître ou se transformer. Mais comment comprendre ce qu’il se passe, ce qu’on ressent, comment apprivoiser son nouveau corps sans pouvoir en discuter de manière naturelle avec nos référents, ceux qui nous apprennent tout de la vie (parents, grands-parents, instituteurs,…) ? Tout, sauf la sexualité.

 

Les tabous entourant notre propre sexe mènent à une méconnaissance criante de notre corps.

 

À titre personnel, j’ai pris conscience du problème quand plusieurs de mes amies me disaient ne pas oser mettre de tampons de peur de “se tromper de trou”. Comment est-ce possible que se toucher ou poser des questions sur son sexe soit si honteux, ou que notre pudeur soit si importante, qu’on en arrive à avoir peur de tromper de trou ? Aujourd’hui je m’interroge : qu’est-ce qui amène une société à laisser grandir ses enfants sans connaître leur propre corps ?

 

Une grande partie de notre apprentissage se fait par mimétisme. Or durant l’enfance, a priori, nous n’avons pas été témoins de sexualité. Et durant l’adolescence, nous découvrons la sexualité à laquelle nous avons accès : celle des médias d’une part, et celle de la pornographie d’autre part.

 

Les médias mainstream montrent souvent des corps nus parfaits hypersexualisés en publicité et une sexualité romancée dans les films et séries : tout est beau tout est propre, les personnages savent dès la première fois comment s’y prendre, ils ressentent du plaisir directement, ils ne se protègent pas,… bref, bien sympa mais pas très réaliste ni éducatif.

 

La pornographie, de son côté, pourrait être éducative mais sans recherches approfondies, elle représente souvent un certain fantasme (machiste) à répétition. Et surtout, c’est à nouveau une fiction souvent loin des réalités concrètes d’un échange sexuel. Sans approfondissement, ces biais donnent donc malheureusement une représentation assez limitée de la sexualité.

 

Sans oublier l’absence du rôle éducatif de l’école où les cours d’éducation à la sexualité sont absents ou très ponctuels. En l’état des choses, ils ne suffisent pas à déconstruire cette gêne intégrée et à réellement amener à une discussion décomplexée de la sexualité.

 

En bref, la sexualité s’apprend sans cadre si ce n’est ces références unidirectionnelles (médias et pornographie). Cet apprentissage dépend donc entièrement de notre entourage plus ou moins proche, de l’importance des tabous pour ces personnes, ainsi que de nos premières expériences. Bonne chance…

 

Pas d’apprentissage ? La porte aux clichés est officiellement ouverte

 

De notre rencontre de la sexualité à l’adolescence, on retient souvent beaucoup de clichés plus ou moins conscients, qu’il semble difficile de déconstruire.

 

Faisons un petit tour d’horizon des mille et une recettes pour bien se mettre la pression – et je ne cite ici que les dynamiques hétérosexuelles, que je connais mieux, mais je serais curieuse de connaître celles qui animent les autres orientations et identités sexuelles.

 

Il y a la pression d’être un bon coup, de ce que le partenaire peut penser, de ce qu’il peut dire aux autres, de ce que les autres vont se dire entre eux. L’homme doit être viril, puissant, endurant, confiant, avoir envie tout le temps, avoir un orgasme mécanique, systématique, facile.
La femme doit être douce et mystérieuse tout en étant « chienne », s’adapter au plaisir de l’homme, avoir besoin de la pénétration. Il ne faut pas changer trop souvent de partenaires sinon on est une fille facile mais avoir eu peu de relations, « c’est triste, tu risques de regretter ». Si elle n’en fait pas assez : elle est coincée ; si elle en fait trop : c’est une salope. (Au passage : c’est quoi pas assez ? c’est quoi trop ?)

Dans les autres idées reçues, on trouve : L’orgasme de l’homme termine le rapport sexuel. La femme doit offrir sa virginité à la bonne personne. L’homme ne doit pas avoir de doute.

 

En plus de la pression individuelle, il y a une pression sur le couple lui-même : il faut le faire un certain nombre de fois par semaine/mois, il faut varier les positions, les lieux, tout essayer, etc. Il y a même une pression pour la reprise de la sexualité après l’accouchement, le corps à peine remis de l’événement et les nuits déjà si courtes.

 

Enfin, les jeunes filles apprennent très tôt qu’à leur première pénétration, elles auront systématiquement mal, que c’est normal. Et quand la douleur continue, revient, voire si la douleur ne part jamais, elles ne savent pas que c’est anormal – ou elles n’osent pas le dire pour ne pas avoir l’air inexpérimentées.

 

Comment est-ce possible que ce sujet soit si complexe, si honteux au point que la douleur devienne une norme ? 

 

C’est là que ces tabous posent un problème ! 

À cause de cette gêne et de l’absence de discussion qui en découle, il est possible de ne pas réaliser qu’un comportement qui nous déplaît peut être signalé et changé, qu’une sensation désagréable peut être signe d’un quelconque souci auquel il faut apporter une solution. Ces tabous entravent la discussion au sein même du couple et entraînent donc aussi potentiellement une peur de dire non ainsi qu’une gêne dans l’acte lui-même.

 

Jusqu’où ces tabous peuvent-ils mener ?

 

Je vois dans ces tabous une lourde entrave à l’épanouissement et à la liberté sexuelle, ainsi qu’au bien-être vis-à-vis de son corps et de sa sexualité. J’ai pris conscience de cela lorsqu’une amie très proche et très chère à mon cœur m’a dit ceci :

« En fait, je ne savais pas qu’on pouvait faire l’amour sans avoir mal. Je pensais juste manquer d’entraînement ».

Lorsqu’elle m’a dit ça, je vivais (et avais toujours vécu) une sexualité où la douleur était absente. L’idée qu’une amie pouvait avoir mal à chaque rapport sans savoir qu’il pouvait en être autrement m’a troublée, déroutée, choquée.
Comment ai-je pu si peu partager avec elle sur ce sujet qu’elle n’ait pas su qu’une douleur non choisie pouvait – devait – être absente d’un partage sexuel ? Cet événement est un tournant majeur dans ma relation à mon intimité, aux partages et aux discussions sur ce sujet. J’ai compris à quel point ces tabous intégrés pouvaient avoir un effet dévastateur sur l’intimité, le plaisir, le bien-être.

 

Heureusement, les langues semblent se délier petit à petit. Plus ou moins vite, selon le milieu et l’entourage. Des initiatives sont lancées, comme le merveilleux Nicole Magazine, par exemple, qui offre une place publique pour parler de la sexualité et du plaisir féminin sans tabou.

 

J’ai envie de participer à ce mouvement. J’ai envie qu’aujourd’hui vous vous demandiez pourquoi vous ressentez cette gêne, cette pudeur ; que vous vous posiez les questions suivantes : qu’est-ce qui me plaît à moi ? Qu’ai-je envie d’essayer ? Qu’est-ce qui me déplaît ? Qu’est-ce que je n’ose pas dire, ou qu’est-ce que je dis et qui n’est pas entendu ? Et pourquoi ?

 

Parlons-en. Toi, parles-en.

 

Si tu as des questions, si certains aspects de la sexualité te mettent mal à l’aise, si tu éprouves des difficultés,… parles-en. Peut-être une personne de ton entourage aura connu la même chose et pourra te conseiller, peut-être ton ou ta partenaire pourra-t-il/elle s’adapter à ce qui te convient.

 

Si tu vis une sexualité épanouie… Parles-en aussi. Peut-être cela va-t-il faire prendre conscience à une personne de ton entourage que la douleur n’est pas une norme ; ou tout simplement inspirer un couple qui s’ennuie.
Alors d’accord, tu n’es peut-être pas obligé(e) de parler des détails les plus croustillants avec ton papy ou ton boss.

 

Mais s’il te plaît, parles-en !

 

Hélène Leclerc

plaisir et sexualité

Damien

Sexualité

Qu’importe le corps, pourvu qu’on ait l’ivresse

 

Réflexion sur le plaisir 

Introduction

 

Dans cet article, c’est le plaisir qui aura ici la place de choix. Pas de termes techniques, pas de témoignages ou de façons de faire face, ceci est une invitation à (se) procurer du plaisir, qu’importe les circonstances.

 

Cet article est une réflexion parsemée d’exemples précis. Si ton attention s’égare dans la masturbation intellectuelle, passe à la suivante. Lis-le en diagonale ou sois attentif à chaque mot, mais retiens surtout le message final, il est double et lui seul importe : l’intime et le plaisir priment sur les possibilités du corps et c’est toi qui décides, d’accord ?

 

Les piliers du plaisir

 

CONSENTEMENT ET INTENTION

 

Le consentement, l’accord verbalisé, et l’intention, l’idée qui motive tes gestes, forment le socle sur lequel tu vas construire ton intimité. Ils sont indispensables, mais ce n’est pas ici que tu en apprendras plus à leur sujet. Ici, on parle de plaisir. Sache qu’avant de toucher et de sentir, il est impératif d’affirmer son consentement à l’intimité.

 

L’intime ou comment aller au cœur des choses 

 

La première personne avec qui tu partages ton intimité, c’est toi.

 

Un éventail extraordinaire d’options sont à ta portée et c’est toi qui décides de ce que tu considères comme intime : chaque centimètre de ta peau ? quelques parties seulement ? certaines pratiques peut-être ?

 

Je t’invite à te poser la question suivante : Qu’est-ce qui est si intime, si personnel, que je le partage uniquement à une poignée de personnes, voire que je ne réserve qu’à une personne, celle de mon choix ?

La réponse à cette question sera ton intimité, ta flamme. Une flamme qui jamais ne s’éteint, et qui, même si on la cache, brûle d’envie d’être partagée avec les autres. C’est elle qui réchauffera ton cœur et le cœur de celles et ceux avec qui tu voudras la partager. Ta flamme n’a que faire de ton âge, de ton corps, de tes possibilités physiques, elle est là et elle attend de brûler plus fort au contact d’une autre.

 

Peu importe la couleur de ta peau, la longueur de tes cheveux, ta taille ou ton poids, ton expérience, si tu es prêt à partager ton intimité et à accueillir avec bienveillance l’intimité de quelqu’un d’autre, tu trouveras des personnes sur ta route du plaisir.

 

La sexualité semble prendre le dessus sur l’intime et la sensualité.
Pourtant, je t’invite à renverser la vapeur et l’ordre de ces éléments, à faire primer l’intime et la sensualité; la sexualité viendra plus tard. Avant même d’être nu, dévoile ton intimité par un regard, un geste, un échange. Avant le moindre contact, tu pénètres déjà au cœur de l’intime grâce à cette personne qui te fait ce cadeau incroyable dont on profite à plusieurs : l’autre à nu et pourtant toujours habillé.

 

C’est le partage des envies, l’échange des idées qui créent une atmosphère propice au plaisir. Engage la conversation, de façon subtile ou complètement abrupte, dans l’ambiance tamisée d’une chambre ou dans une clairière baignée de soleil. Parle et apprends ce que tu peux faire et ce qu’ensemble, vous pouvez mettre en place. L’important est de manifester à la fois que tu es d’accord, que tu as envie, et ce qui procurerait du plaisir à l’un comme à l’autre: « J’aimerais pouvoir te faire jouir après un massage à la lueur des bougies.”

 

Exprimer ce que tu souhaites et dévoiler ce qui te plaît est aussi important, voire plus, que l’acte en lui-même.

 

L’échange ne vient pas de ce qui est fait, mais bien de comment on le fait. Et pour savoir comment faire, il faut communiquer avant, pendant et après.

Si l’endométriose est source de douleurs, sélectionne habilement après une brève conversation toutes les options douloureuses et définis ton intimité, ta sensualité, ta sexualité.

 

Tu as le choix de prendre ton plaisir au sérieux et de passer autant de bons moments que possible en décidant en conscience de ce qui te plaît, de ce qui te fait chavirer et de ce qui réveille en toi des sensations insoupçonnées. Ta sexualité est entre tes mains, le choix est le tien. Entre la douce caresse de quelques doigts le long de ta cuisse et les à-coups répétés la tête enfouie dans le coussin, l’intensité varie. Et pourtant qu’est-ce qui compte vraiment ? La forte intensité passagère ou bien l’intention et le partage annoncés par cette caresse subtile ? Je maintiens que c’est le lien tissé entre vous qui décuplera le plaisir et non l’acte en lui-même.

 

Tout le monde ne partage pas la même notion de l’intimité, mais tout le monde se sentira plus proche de toi à la chaleur de ta flamme. Et dans cette proximité naît le plaisir.

 

La notion de plaisir ou comment kiffer ta vibe à toi 

 

Le plaisir est propre à chacun.

Chacun évolue avec sa définition et même si beaucoup d’actions identiques provoquent des réactions similaires, certaines restent singulières. Le plaisir se doit d’être libre de toute justification, toute explication, de toute notion péjorative.

 

Je t’invite à répondre à la question suivante : Qu’est-ce qui me procure du plaisir ?

 

Ton activité intime préférée consiste à te caresser dans le noir avec ton index et ton majeur dans le sens des aiguilles d’une montre les soirs de pleine lune ? Génial, alors profites-en ! Fais-toi plaisir, littéralement. Ou peut-être préfères-tu avoir tes yeux plongés dans les yeux d’une autre personne des heures durant en te tenant la main et en buvant des shots de cacao ? Super, alors profites-en ! Ou peut-être préfères-tu les caresses et les bisous dans le cou, ou passer en revue toutes les positions possibles en alternant toutes les 2 minutes ? Kiffe ta vibe à toi !

 

Qu’est-ce qui me procure du plaisir ? Tu peux soit répondre à cette question sans l’aide de personne soit solliciter un avis, une expérience, qui t’aidera peut-être à forger ton opinion.

Cependant l’opinion d’autrui est un outil difficile à manier. Elle peut être révélatrice d’un plaisir caché ou venir voiler un plaisir qui serait le tien, différent de celui présenté. Les avis consultatifs sont donc à consommer sans modération mais à prendre avec du recul. Tu as vu des scènes dans des films ? Tu as lu des conseils sur des blogs ? Tu as entendu que telle ou telle personne fait l’amour autrement ?

 

Et. alors. ? Elle est là la bonne question, qu’est-ce que tu peux tirer comme apprentissage de l’expérience des autres ? Tu l’ajoutes à ton manuel du plaisir ou tu la laisses de côté ?

 

Crée ta norme, crée ton plaisir, et tu trouveras d’autres comme toi.

 

Tu es la seule personne à décider et si ta sexualité est portée par les plus solides piliers, l’intention et le consentement, alors vois dérouler la liste de tes amants, et jouis, et jouis encore. Tu adores te faire caresser pendant des heures sans jamais aller plus loin ? Cherche et tu trouveras qui veut ton plaisir. Tu préfères qu’on te lèche pendant des heures, qu’on utilise des jouets et qu’on explore mille et une positions sans la moindre pénétration ? Cherche et tu trouveras la personne qui se fera un plaisir de t’accompagner.

 

Tu sais désormais ce que tu aimes, parfait !

 

Que manque-t-il alors pour jouir autant que faire se peut ? Une autre paire de mains douces, un visage suave, deux yeux tendres, des lèvres ardentes et une langue avisée, mais surtout, surtout, le plaisir de communiquer.

 

Car face à toi nul n’est expert et si ton corps est un instrument, toi seul en connaît la musique.

 

Alors, invite, à ton tour, et invite encore ! L’intime et le sexe, c’est bien, mais le plaisir d’abord.

 

Damien Léonard

Où aller chercher les infos pour (se) procurer du plaisir ?

 

– Sur Instagram : @orgasme_et_moi, @jouissance_club, @jessicapirbay, @camilleparlesexe

– Via des podcasts : Sexplorer, Amours plurielles, Première & Dernière fois

Témoignage sur la pilule contraceptive : les effets secondaires

Astrid

Pilule

Ta pilule peut changer ta vie

 

Témoignage sur la pilule contraceptive 

La pilule, une solution généralisée, ancrée dans les mœurs

 

Règles douloureuses, crampes insupportables, premières relations, cycle irrégulier,… Contre tous ces maux, la pilule contraceptive par voie orale est la solution qui est généralement privilégiée.

Solution de facilité ou traitement prescrit avec soin, si la pilule permet de réguler le cycle de la femme, elle montre aussi ses effets pervers dans de nombreux cas.

 

La pilule peut, en effet, cacher certains problèmes plus profonds, comme l’endométriose, agissant comme une bombe à retardement.

 

Quand il s’agit de contraception, on ne va pas se mentir, c’est la femme qui est au centre de la discussion. La pilule est fiable et nous est souvent imposée. J’ai moi-même commencé à prendre la pilule à l’âge de 16 ans, d’abord pour des raisons cutanées.

 

Une pilule qui m’a aidée, mais m’a aussi fait perdre pied.

 

 

 

 

Le sans tabou est tabou 

 

Grandir, changer. Prendre conscience, réfléchir, se projeter.

Plus nous grandissons, plus ces verbes prennent un sens et plus les conversations évoluent, abordent des sujets de plus en plus concrets. Les règles, les mecs, le futur professionnel, le mariage, les voyages, les enfants…

 

Dans un monde qui tourne à vitesse grand V, où le digital nous fait partager de plus en plus de choses et nous éduque aussi, tant de questions semblent pourtant rester en suspens.

 

« Tout est fait d’incertitudes en fait ».

 

D’une part, tu as les médias sociaux et les consciences qui s’éveillent sur de nombreux sujets, un éveil qui te fait sentir dans un monde où la liberté d’expression est reine. Pourtant, quand tu regardes autour de toi, tu sais que certaines paroles ne sont pas à aborder ou sont abordées en surface seulement. Le sans tabou est finalement tabou.

 

 

Féminité, rapport au corps, contraception

 

Parmi ces sujets proscrits : la féminité, le rapport au corps, les imperfections, la contraception.

Le corps de la femme est mis en avant partout. On a l’impression de le connaître, et pourtant. Même ton propre corps ne se connait pas vraiment.

 

Ado rebelle, jeune fille plutôt calme ou super optimiste, tu grandis.

 

Ton corps se développe, tes règles arrivent, peut-être tomberas-tu amoureuse… Ado naïve et peu informée tu veux te sentir mieux dans ton corps.

 

Un rendez-vous chez ton médecin traitant et la solution semble toute trouvée : la pilule. Un concentré d’hormones qui bloque tes ovaires et rend ta peau plus belle, tes règles moins douloureuses (en principe) et qui te permet d’envisager une relation sans stress. Une belle façade qui peut prendre des allures plus complexes et bouleverser ton quotidien.

 

 

5 ans de pilule trop dosée : la ménopause chimique 

 

5 années passées. Tes règles sont à nouveau douloureuses, tu perds trop de poids, tu en prends trop, en continu. Tu es mélancolique, tu prends les choses à cœur, tu es fatiguée, stressée, les efforts physiques sont compliqués. Monter les escaliers, je ne te raconte pas le malaise.

 

Il y a quelque chose en toi qui a changé. Tu as grandi, mais quelque chose semble bloqué. Tu ne sais pas quoi, serait-ce simplement toi ? Ton humeur normale ? Faudra-t-il s’y faire ? Finalement, tu prends rendez-vous chez un gynécologue, tout semble ok. Tu te fais des idées. Tu ne sais pas pourquoi, mais ton instinct n’est pas tranquille.

 

Un changement de gynécologue plus tard et là, le terme “ménopause chimique”. La prise d’une pilule trop dosée pendant 6 ans, une pilule prescrite à la jeune fille que tu étais sans rechercher si celle-ci pouvait te correspondre réellement, sans qu’on te prévienne à quel point celle-ci pouvait être nocive pour ta santé.

 

Une pilule que tu prenais tous les jours, consciencieusement, et qui pourtant te mutilait de l’intérieur de jour en jour, augmentant le risque de thromboses et autres AVC. Une pilule prescrite par un médecin en 2 minutes et qui a pourtant impacté ta vie pendant si longtemps.

 

 

S’informer, pour une nouvelle vie

 

Chaque fille est différente, chaque femme l’est aussi.

Les besoins ne sont pas les mêmes, les réactions non plus.

 

Alors à toi la jeune fille qui lit ceci, la femme accomplie à la recherche de réponses peut-être sur ton corps et ton humeur, n’hésite pas à écouter tes intuitions et ce que ton corps a à te dire.

Pilule de première, deuxième, troisième ou encore quatrième génération, les possibilités sont multiples, il est donc essentiel de se renseigner afin de trouver celle qui matche avec ton corps.

 

Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise option : prends la pilule si tu le veux, ne la prends pas si ça te va, utilise des tampons si t’es à l’aise, des serviettes lavables si tu veux participer au changement du monde à ta manière. N’attends pas qu’on décide pour toi.

 

Tu es libre, libre de parler de tes maux, de ce que tu ressens au fond de toi et de ce qui te plait aussi. Mais retiens-bien que “avoir mal pendant ses règles” à se rouler par terre et à se sentir entièrement démolie, ce n’est pas “normal”. Non, ce n’est pas normal de souffrir à chaque période du mois. Et, surtout, si on te prescrit une pilule qui te rend morose, ne te force pas.

 

Parce que, crois-moi, ta pilule peut changer ta vie.