Endométriose
Quelques pistes naturelles pour soulager l’endométriose
L’endométriose a longtemps été sous-estimée en raison de sa difficulté à être diagnostiquée. Cependant, il s’agit d’une maladie courante qui affecte environ 10 % des femmes en âge de procréer. Au fil des années, les femmes ont de plus en plus exprimé la douleur et les troubles causés par cette affection. Ainsi, en janvier 2022, elle a été officiellement reconnue, en France, comme une maladie chronique. Cet article propose quelques solutions naturelles pour soulager les symptômes de l’endométriose.
Les compléments naturels à base de plantes pour lutter contre l’endométriose
Pour essayer de combattre l’endométriose, il existe différentes solutions, l’une d’entre elles est l’utilisation des compléments alimentaires conçus à base de plantes.
Faciles à utiliser et non-invasifs, ils sont composés de vitamines et d’oligo-éléments.
Comme dans le cadre de l’aromathérapie, les plantes médicinales pourraient aussi participer à apaiser les symptômes de l’endométriose. On peut citer par exemple l’achillée millefeuille, la mélisse, le gattilier et le curcuma. Il existe également d’autres plantes valorisées pour leurs propriétés bénéfiques : l’alchémille, le châtaignier, le copaïba, la camomille, le fenouil, le gingembre, le romarin, etc. Certaines plantes permettraient d’adoucir les effets des œstrogènes et présenteraient des propriétés anti-inflammatoires pour réduire la douleur liée aux règles. Il est donc possible de soulager l’endométriose avec des produits adaptés conçus à base de plantes.
Essayer le yoga et la relaxation
La pratique du yoga pourrait aussi aider à réduire les douleurs liées à l’endométriose, notamment les maux de dos.
Elle permet par la même occasion d’atténuer les effets du stress à travers l’adoption de postures spécifiques et de techniques de respiration.
On distingue, à cet effet, le yoga des hormones qui a été établi par Dinah Rodrigues. Les exercices doivent être réalisés de nombreuses fois dans la semaine pour essayer de réduire les symptômes du syndrome prémenstruel ainsi que les douleurs pendant les menstruations.
La respiration et la méditation sont également des approches naturelles pour aider à combattre l’endométriose. Elles jouent un rôle essentiel dans la régulation des émotions, la réduction de la douleur et le détournement de l’attention des sensations inconfortables.
Que ce soit à travers les exercices de respiration pratiqués lors des séances de yoga, la pratique de la cohérence cardiaque, la sophrologie ou la méditation, chaque méthode offre de nombreux bienfaits et peut s’adapter aux besoins spécifiques de chacune.
L’acupuncture
En 1996, l’Organisation mondiale de la santé a approuvé les traitements d’acupuncture pour diverses pathologies telles que les troubles de la reproduction, l’infertilité, le syndrome prémenstruel, la vaginite, les cycles irréguliers, les douleurs menstruelles, etc. Cette pratique douce est notamment utilisée dans la médecine traditionnelle chinoise pour l’endométriose et est donc de plus en plus utilisée dans les pays occidentaux à cet effet.
Dans le monde de la médecine traditionnelle chinoise, l’acupuncture permettrait de combattre les perturbations de la circulation sanguine et du Qi (énergie) afin de réduire la douleur. Il convient de noter que le cycle menstruel y est décrit en cinq phases : sang (menstruation), yin (étape folliculaire), transformation du yin en yang (ovulation), yang (phase lutéale) et Qi (étape prémenstruelle). La technique symptothermique facilite le repérage et l’observation de chaque phase du cycle menstruel.
L’endométriose provoque souvent des symptômes qui peuvent devenir gênants et altérer la qualité de vie au quotidien : douleurs, effets sur la fertilité, perte d’énergie, stress, etc. Les solutions naturelles fournies dans cet article permettront de trouver du réconfort en soulageant la douleur et le stress qui y sont liés.
L’endométriose est une maladie gynécologique chronique inflammatoire qui touche 1 femme sur 10.
L’endométriose est une maladie liée à la présence de tissus, semblables à l’endomètre, en dehors de la cavité utérine. Elle peut toucher différents organes.
Si la maladie peut être asymptomatique, elle peut aussi provoquer de violentes douleurs et altérer la qualité de vie des femmes.
Endométriose
Madeleine, le soutien pour mieux combattre l’endométriose
Se livrer, partager son expérience avec l’endométriose n’est jamais un acte facile. Cela demande du courage.
L’endométriose n’est pas une maladie « visible », elle ravage les corps silencieusement. Le regard des autres qui ne comrpennent pas, les médecins qui minimisent parfois les douleurs et la sensation de toujours devoir faire semblant ajoute souvent un poids à la maladie. Vivre avec l’endométriose entraine une grande solitude. Un témoignage peut alors aider, apporter un soutien inattendu parce qu’en quelques lignes, on se se comprise. Cela offre aussi des pistes à l’entourage pour apporter un meilleur soutien.
Madeleine a décidé de prendre un stylo et de coucher sur le papier son parcours avec l’endométriose, les sentiments qu’elle a pu vivre, les difficultés qu’elle a traversés. Un écrit rempli de force et de courage qui pourra faire échos aussi bien aux femmes atteintes de la maladie qu’à leur entourage.
Se confier sur l’endométriose
Parler est un exercice difficile pour moi.
J’aborde rarement le sujet de l’endométriose et pourtant on me pose beaucoup de questions.
Ce matin, en lisant un témoignage, je me suis dis qu’il me faudrait du courage pour raconter une partie de mon histoire mais que ça pourrait faire connaître un peu plus cette maladie au quotidien, sans le côté médical.
Elle toucherait 1 femme sur 10… pourtant je ne connais personne d’autre personnellement ! Par pudeur, par peur, est-ce encore sujet trop tabou ? Certainement.
Je ne sais pas vraiment ce que j’attend de cette prise de parole qui me ressemble si peu, mais je crois que partager mon histoire m’aidera plus que je ne l’imagine. Il permettra aussi à certaines femmes de se sentir moins seule face à la maladie et aux sentiments qui y sont associés. C’est également un message important pour l’entourage, pour qu’il puisse mieux prendre en compte l’importance du soutien.
L’ENDOMÉTRIOSE : LE ROUTARD DES HÔPITAUX
Cela fait 13 ans que je survis avec l’endométriose. Elle fait désormais partie de ma vie à part entière.
On commence tout juste à s’apprivoiser l’une et l’autre et à réussir à s’accepter, à vivre ensemble.
Avoir été opérée jeune à 14 ans et en urgence, a été une chance car après avoir dû affronter mes parents pour aller aux urgences, qui ne croyaient pas à de telles douleurs, cela a permis de poser un diagnostic et un début de traitement sans connaître les années d’errance médicale.
Mes douleurs ont toujours été minimisée par mon entourage, j’ai donc appris à vivre avec, refusant d’être douillette. Mais parfois celles-ci sont tellement intenses que je n’arrive plus à sourire et s’ensuivent de nombreux malaises.
Ma particularité ? Je pourrais écrire le guide des hôpitaux de France et de navare ! Les crises se déclenchent quand bon leur semblent ! Cela peut être n’importe où, n’importe quand !
J’ai donc été hospitalisée et opérée à de nombreuses reprises, en France, en Espagne, au Costa Rica, le jour de mon anniversaire, celui de ma Maman, complètement seule ou en pleine soirée festive avec des amis…
Mes opérations ont toutes été particulières et m’ont toutes beaucoup marquées, la plupart réalisées en urgence. L’une a été jeune, encore honteuse d’employer le mot ovaire, l’autre en voyage seule au bout du monde à tout juste 19 ans, une à peine quelques semaines après la précédente et dans une période très difficile de ma vie, j’ai donc choisi d’affronter la dernière seule. Ce que je retiens chaque fois c’est ce sentiment de solitude extrême lors de mes réveils.
Aujourd’hui, j’ai 27 ans, j’ai connu eu énormément de traitements et désormais je suis sous ménopause chimique artificielle, à coup d’injections régulières et de pastilles quotidiennes. C’est finalement ce qui m’a sauvé la vie.
Je ne suis plus réglée depuis mes 14 ans pour maitriser l’évolution de la maladie… une part de ma féminité partie en fumée.
J’en arrivais à de tels stades de douleurs que je m’empiffrais de cachets de façon déraisonnable, jusqu’à m’évanouir, à chercher à me bruler la peau, gardant des cicatrices, pour me provoquer une autre douleur et oublier un peu celle à l’intérieur.
UNE COLÈRE INTÉRIEURE
Vivre avec cette endo, c’est vivre en faisant souvent semblant. Semblant que tout va bien, que tout est sous contrôle.
J’ai la chance d’être très entourée par une famille nombreuse et une troupe de copains fidèles. Pourtant peu sont conscients des douleurs quotidiennes et des nombreuses questions que je me pose.
Parfois, je suis très en colère contre cette maladie mais aussi beaucoup contre eux. Je culpabilise énormément de cette rage en moi … La solitude est difficile dans les crises.
Durant ces fortes douleurs, j’aurais simplement besoin d’une présence rassurante.
Pourtant quand je vais mal, j’entend d’une oreille les critiques, je vois l’agacement dans les yeux de mes parents, l’incompréhension dans ceux de mes amis ou juste le déni pour la plupart.
Dans ces cas là, je me surprend à rêver que l’endo devienne mortelle pour tout arrêter, ne plus souffrir de la douleur mais aussi du jugement des autres.
Heureusement certaines personnes réussissent à me faire sourire et rire malgré la douleur et sont très attentionnés, j’essaye donc de m’accrocher à eux. Je leur dis MERCI.
J’ai développé un grand dévouement pour les autres. C’est une certaine manière de prendre le dessus sur cette colère.
Je suis très sociable et hyper active… Une autre façon de contrer la fatigue extrême et le sentiment de solitude.
Une vie de couple interdite
Avec cette maladie, j’ai fait le deuil d’une vie amoureuse pour ne pas être égoïste et imposer cette maladie dite de couple à la personne et surtout ma phobie de l’infertilité.
Cette décision entraîne le célibat, pas toujours évident à assumer dans notre société et surtout l’impossibilité d’espérer une famille classique. Cela me revient parfois comme un boomerang déclenchant une douleur psychique si grande que mes larmes coulent durant des heures, moi qui dédie pourtant ma vie aux enfants.
Une vie sexuelle entachée par les multiples examens gynéco.
On peut considérer que ma première fois avait prédit la suite. Trop jeune, cela a été par une écho intravaginale très douloureuse. Exactement ce que l’on m’avait promis : un moment de tendresse, doux et amoureuse ! Désormais à chaque nouvelle écho, je pleure mais mes larmes ne déclenchent aucune émotion chez les médecins.
La nudité est devenue médicale pour moi, mon ventre seuls les médecins sont autorisés à le toucher. Et gare à celui qui s’y approche dans l’intimité, je bondi tel un chien enragé.
Une force au quotidien
Cette maladie finalement c’est une grande part de ma vie, une grosse partie pourrie de mon corps que je déteste. Mais je crois aussi qu’elle m’apporte beaucoup de force de caractère tous les jours.
Je me suis construite adolescente et jeune adulte avec. L’envie de prendre ma revanche est immense.
Et aujourd’hui j’essaye d’être fière de moi, de mon corps qui a subi de nombreux traumatismes, d’affronter les douleurs quotidiennes, de dépasser ma fatigue extrême entraînée par l’inflammation et de m’efforcer chaque jour d’offrir le meilleur de moi même.Merci l’endométriose
Les longues journées passées seule au lit ou à l’hôpital trop affaiblie, m’ont aussi permis d’avoir beaucoup de temps pour réfléchir à de nombreux sujets, réfléchir au bonheur.
J’ai alors pu comprendre que le bonheur pour moi serait différent de la norme, adapté à mon endo-vie.
Cette vie me permet d’avoir beaucoup de temps pour mon entourage, faire du volontariat ou développer ma créativité, prendre du temps pour mes passions ou encore me former dans mon métier !Des projets de vie j’en ai pleins la tête (voyager, être bénévole, m’occuper d’enfants, adopter, organiser des moments entre amis et en famille …) et j’ai hâte d’en réaliser une grande partie ! La plupart ont finalement germé dans ma tête grâce à cette maladie qui m’a permis de beaucoup penser, comprendre l’essentiel, m’entourer des bonnes personnes.
DES SOLUTIONS
J’ai beaucoup de mal à écouter mon corps encore aujourd’hui puisque chez moi se plaindre est synonyme de faiblesse donc on essaye de souffrir en silence. Mais j’apprend petit à petit, de mieux en mieux, j’ai découvert le yoga qui me fait beaucoup de bien, je m’autorise les calmants en cas de crises.
Mes objectifs seraient de réussir à mettre en place une véritable alimentation anti-inflammatoire, savoir mettre des limites à mon hyper activité lorsque je sens que mon corps m’envoie les signaux d’alerte et réussir à envoyer balader les gens qui ne me sont d’aucun soutien en cas de faiblesse.
L’IMPORTANCE DU SOUTIEN DANS LA MALADIE
Durant les 5 années précédentes, j’ai beaucoup lu de témoignages, et durant mes crises, cela m’a aidé à me sentir moins seule.
Alors si une endo girl me lit aujourd’hui : sache que l’on s’en sort et qu’on peut être très heureuse malgré la maladie mais surtout n’oublie pas d’être fière de toi !!! Tu surmontes la maladie et gères les douleurs à ta façon, ne laisse personne minimiser ce que tu vis.
Si tu fais parti de l’entourage d’une endo girl, ne la lâche pas, ne la juge pas, ne lui dis pas ce qu’elle doit faire et simplement confirme lui que tout ira bien, apporte lui une bouillotte et fais la sourire à la vie !
Madeleine
L’endométriose est une maladie gynécologique chronique inflammatoire qui touche 1 femme sur 10.
L’endométriose est une maladie liée à la présence de tissus, semblables à l’endomètre, en dehors de la cavité utérine. Elle peut toucher différents organes.
Si la maladie peut être asymptomatique, elle peut aussi provoquer de violentes douleurs et altérer la qualité de vie des femmes.
Endométriose
Kinésithérapie : rétablir le mouvement
Un certain Leonardo Da Vinci a dit « il movimento e il principe di ogni vita », le mouvement est le principe de toute vie.
Cette citation nous rappelle que le mouvement représente la vie mais aussi la santé. Et faire le mouvement, faire bouger, c’est une participation active à l’amélioration de la santé et du bien-être des personnes.
Avec l’endométriose, le corps peut perdre ce mouvement, cette fluidité. Libérer les tensions, retrouver le mouvement, redonner de la mobilité aux tissus seront alors des enjeux essentiels pour retrouver un mieux-être. C’est pourquoi la kinésithérapie est un pilier important de la prise en charge de l’endométriose.
Pour en savoir plus, Chroniques de l’endométriose est partie à la rencontre de Marine Degroisillier, kinésithérapeute à Liège.
Découvrez notre rencontre.
Se réapproprier son corps en favorisant une approche plurielle
Kinésithérapeute et nutrithérapeuthe de formation, la jeune et pétillante Marine Degroisillier a fondé le centre Essentia, basé à Angleur, un essentiel pour tout.e qui cherche à devenir acteur de sa santé.
Ce centre nous propose, en parallèle à une approche médicale conventionnelle, un éventail de solutions bien-être. Ainsi, vous pourrez y trouver des conseils diététiques, un soutien psychologique… Dans les faits, il nous permet surtout de sortir d’un triangle infernal qui nous incite à une certaine passivité. En effet, nous consultons un médecin, nous passons chez le pharmacien retirer les médicaments prescrits puis, nous nous rendons chez le kiné sans pour autant prendre conscience des différentes possibilités qui s’offrent à nous. Mêlant le conventionnel et l’alternatif, les actrices de ce centre permettent à leurs patient.e.s de se replacer au cœur du circuit et de choisir d’autres options en fonction de leurs besoins et cela, quand le moment se présente.
Lorsqu’on travaille avec des maladies chroniques, on se rend compte que le corps va chercher du soutien, des compensations partout. C’est alors que les alternatives proposées par Marine, patiente elle aussi, et ses collaboratrices prennent sens.
« Si les traitements médicamenteux peuvent soulager jusqu’à 50% des douleurs, il reste 50% sur lesquels nous pouvons agir par l’alternative qui nous conviendra le mieux (nutrithérapie, ostéopathie, psychothérapie, sexologie, diététique, méditation dynamique, reiki, etc.). »
Pourquoi aller voir un kiné dans le cadre de l’endométriose ?
Si nous nous replongeons dans l’histoire du mot, la kinésithérapie désigne cet art de soigner par le mouvement.
Dans le cas de l’endométriose, il y a plusieurs raisons d’aller consulter un.e kiné:
- Une meilleure connaissance de son corps en évaluant où se situent les zones de restriction, les points de faiblesse.
- Une meilleure gestion de la douleur: lorsque nous ne sommes plus dépendants de l’extérieur, des antidouleurs, nous redevenons acteurs de ce qui se passe et c’est beaucoup plus efficace!
- Une meilleure prévention et/ou anticipation de futures adhérences. Si ça circule bien, si tout est bien oxygéné, le tissu reste vivant et pour cela, rien de tel que le mouvement. À l’inverse, plus il y a d’adhérences, moins cela respire et plus le risque de nécroses augmente.
- Avoir une personne de référence, un soutien moral, une reconnaissance de la douleur.
Il est important de s’accorder ce moment, il est important de reprendre contact avec son corps.
Généralement, l’endométriose est une maladie qui touche des personnes au profil actif. Ainsi, la prescription de séances crée l’obligation de s’octroyer 30 minutes sur 7 jours, de nous occuper de ce qui nous véhicule chaque jour. S’accorder une pause, pouvoir se déposer sur la table, un moment suspendu dans une bulle où l’on ne s’occupera que de moi est aussi synonyme de mieux-être.- Ouvrir la porte à nos émotions.
Quand on met son corps en mouvement, on fait sortir des émotions. Cela est plus intense encore lorsqu’on mobilise le petit bassin.
Notre corps est une éponge de rétention d’informations plus ou moins éprouvantes, il faut donc à certains moments lui renvoyer l’ascenseur afin de le soulager.
LA KINÉSITHÉRAPIE : UNE APPROCHE DOUCE POUR REDONNER DE LA MOBILITÉ AUX TISSUS
Les adhérences, vous le savez, font partie intégrante du quotidien de l’endométriose. Elles sont généralement la conséquence des phénomènes inflammatoires cycliques, qui entraînent des accolements de différentes structures anatomiques (les ovaires à l’utérus, le colon à l’utérus, etc.).
Dans le cas de l’endométriose, les adhérences peuvent survenir à cause de l’inflammation des tissus due à la maladie, de l’inflammation due à la présence de liquide, ici du sang dans l’abdomen ou encore de la chirurgie par laparoscopie. On parle alors d’adhérences post-opératoires et ce ne sont pas les mêmes types d’adhérences que les adhérences post-inflammatoires.
Les adhérences comme les douleurs peuvent être différentes selon chaque corps.
« Chaque approche est personnalisée par rapport à l’endométriose de chacun.e. »
Ces adhérences, dues à un manque d’oxygénation des tissus, vont créer des viscéro-spasmes (contractions alternées de cette musculature qui favorisera le transit intestinal par exemple) ou de la congestion (accumulation de sang) qui se traduit par le bas du ventre qui durcit, l’apparition de varices dans les jambes, de douleurs dans les jambes, dans le bassin et dans le périnée.
Parfois, cela peut se combiner à des varices pelviennes. La distinction entre les varices pelviennes et l’endométriose est chose complexe car les symptômes sont presque identiques. Ce mal passé sous silence prend la forme de varices situées au niveau du bassin qui provoquent des douleurs diffuses dans le bassin.
Les zones de rétention, zones où se situent les adhérences, sont responsables de douleurs et vont également affecter la mobilité générale car tout est interelié, via les fascias (et donc une rétention/tension quelque part dans le corps peut se répercuter plus loin que sa source d’origine.)
L’objectif est d’aider le corps à retrouver de la souplesse, de la fluidité et que le flux soit le plus facile possible du début à la fin, de la tête aux pieds
Que sont les fascias? Ce sont des membranes qui entourent les muscles et les organes, dans tout notre corps, et qui sont liées entre elles. L’endométriose étant souvent à l’origine d’adhérences, les fascias en souffrent tout particulièrement.
Le fascia réagit aux contraintes chimique, émotionnelle mais aussi à la pression physique (la position assise joue une pression plus importante sur le bassin, par exemple). Il est donc important de localiser les zones de souffrance pour une meilleure approche.
« Le corps est semblable à une rivière et pour circuler librement, il faut qu’il y ait le moins de cailloux possible, le flux doit être facilité du pied jusqu’au cœur et pour cela, il faut réduire voire éliminer les entraves qui se présentent sur le trajet. »
Lors des séances kiné, Marine recourt aux techniques locales et globales.
La technique locale permet, lors du test de palpation, de localiser les zones à spasmes ou à duretés. Localiser le frein dans le circuit permet de récupérer de la fluidité, de la souplesse.
La technique globale consiste en un stretching complet du fascia.
Un exemple concret: si la patiente présente une adhérence à l’avant du colon gauche, il est possible d’aller étirer le fascia antérieur qui est sur le chemin et ainsi récupérer de la fluidité. L’objectif de Marine est que chaque patiente reparte avec une boîte à outils de stretching pour regagner de la souplesse sur tout le trajet.
Demander au corps son autorisation
Les techniques que propose la fasciathérapie demandent de poser les mains sur le corps mais de façon non invasive.
Vous l’avez sans doute déjà constaté, lorsqu’on entre en contact avec votre corps de façon trop brutale, il va avoir une réaction de défense et va se recroqueviller. Il est important de comprendre que nos tissus ont besoin d’un code d’entrée.
Dans la fascia, le thérapeute demande l’autorisation au tissu de pouvoir entrer, il va attendre qu’il se déforme, qu’il soit plus malléable. C’est important pour le corps mais aussi pour la patiente qui a vécu et vit quelque chose de douloureux de reprendre dans la douceur.
Souvent le corps, lorsqu’il vit depuis longtemps dans la souffrance, trouve des échappatoires pour rendre ce mal plus supportable au quotidien. On observe souvent que d’un point de vue neurologique, la zone ventre-dos ne déroge pas à cette règle, ce qui modifie quelque peu le schéma corporel des patientes. De fait, elles agissent inconsciemment comme si la zone en souffrance n’existait plus, c’est comme si elles n’étaient plus incorporées dans leur corps. En plus de la réduction du schéma corporel, ce rejet peut avoir d’autres répercussions comme le refus de l’intimité.
« Passer par la douceur pour recréer des circuits agréables est essentiel ! »
Petit à petit, à son rythme, en s’écoutant, on se réapproprie son corps et on récupère un schéma corporel plus doux.
Et le sport dans tout ça?
Chacune d’entre nous le sait, qui dit vie saine dit sport. La pratique régulière d’une activité physique reste un atout clé dans la gestion de la douleur.
En effet, le sport permet de réduire les inflammations et les douleurs liées à la maladie tout en améliorant notre qualité de vie. Cependant, certains sports sont à déconseiller ou, mieux dit, l’intensité avec laquelle ce sport sera pratiqué est à adapter.
Souvent, on veut y aller vite et fort, cette attitude est assez contre-productive quand on sait que le résultat est une congestion synonyme de douleurs. Le but est de se sentir confortable, d’augmenter cette sensation de bien-être et pour cela, il faut y aller en douceur, adapter l’intensité de son effort pour tenir jusqu’au bout.
Chacune doit trouver son équilibre, équilibre qui va varier dans le temps et parfois, il faut pouvoir ajuster ses calculs, expérimenter d’autres sports comme la danse, le yoga.
Être à l’écoute de son corps est un apprentissage qui s’inscrit dans la durée.
« L’important est de rester en mouvement, parce que le mouvement, c’est la vie. »
POUR EN SAVOIR PLUS
Marine Degroissilier, kinésithérapeute
Centre Essentia,
Rue de la Vaussale 3, 4031 Angleur (Liège)
essentiasoins@gmail.com
tel:+32497460715
L’endométriose est une maladie gynécologique chronique inflammatoire qui touche 1 femme sur 10.
L’endométriose est une maladie liée à la présence de tissus, semblables à l’endomètre, en dehors de la cavité utérine. Elle peut toucher différents organes.
Si la maladie peut être asymptomatique, elle peut aussi provoquer de violentes douleurs et altérer la qualité de vie des femmes.
Endométriose
ReikiVox : la puissance du chant dans l’endométriose
Chanter sous la douche, dans la voiture, en soirée, avec ses copines,… Le chant est universel. Certains chantent vraiment bien, d’autres simplement faux, mais dans le fond peu importe nos talents. On a tous nos petits moments de chant dans la journée.
Et si on vous annonçait que le chant avait un véritable pouvoir sur notre bien-être, notre santé et notre corps ? Cela vous étonnerait ?
Chroniques de l’endométriose est partie à la rencontre de Laurence, guide en ReikiVox qui nous dévoile les forces du chant comme outil de développement personnel et aide naturelle dans le combat de l’endométriose. Si vous aimez chanter, c’est peut-être le moment de sortir votre plus belle voix !
Le chant pour un meilleur équilibre avec l’endométriose
Laurence est guide en Reikivox, une méthode de développement personnel qui combine le reiki (rééquilibrage énergétique) et le chant.
Elle même atteinte d’endométriose, elle a cherché une méthode pour retrouver un équilibre et mieux vivre au quotidien avec son endométriose.
Aujourd’hui, elle nous explique son parcours mais également les forces du Reikivox sur le bien-être féminin.
QUEL EST TON PARCOURS AVEC L’ENDOMÉTRIOSE ?
Ma grand-mère maternelle est décédée d’un cancer de l’utérus à l’âge de 57 ans et ma mère a subi une hystérectomie à la quarantaine suite à la présence de kystes.
C’était comme inscrit dans mon patrimoine génétique. Je sentais que quelque chose ne tournait pas rond dans la région de mon féminin sacré…
J’ai souffert d’endométriose pendant plus de 15 ans et subi une opération importante à mes 30 ans. Pour moi, ça a été un déclic, je me suis promis que cela arriverait une fois mais pas deux. Je voulais trouver les clés pour éviter une récidive.
Devant l’ignorance des gynécologues sur les causes et les manières de stabiliser cette maladie, j’ai commencé à faire des recherches moi-même.
L’alimentation, la relaxation en plus du chant ont alors entamé un premier changement profond en moi. Un changement vers un mieux être, un équilibre.
QUELLE EST TA RELATION AVEC LE CHANT ?
La musique a toujours fait partie de ma vie.
Enfant timide, par le chant, la chorale, le piano, le solfège, l’art dramatique et le théâtre, je trouve une bulle de bien-être rassurante qui me permet de m’exprimer en confiance.
Le chant, en particulier, est une révélation, dès l’âge de 6 ans. A ce moment-là, je désire en faire mon métier.
A l’adolescence, le chant me permet de m’épanouir : je donne de nombreux concerts, remporte plusieurs prix de concours, je collabore avec d’autres artistes et découvre les joies du studio d’enregistrement.
Ce sont toutes ces belles rencontres qui m’ont amenée à avoir un large répertoire de styles et la maîtrise de nombreuses techniques vocales.
Je deviens alors auteur-compositeur.
En 2019, je décide de me tourner vers l’enseignement. Je partage alors ma passion à des personnes qui sont en transition dans leur vie ou vivent / ont vécu une dépression, un burn out, un crash de santé ou une épreuve difficile. Je travaille aussi avec des personnes ayant un handicap ou un trouble de la parole.
Pour mieux guider mes élèves, je me forme alors à la musicothérapie.
Suite au 1er confinement Covid et à l’arrêt brutal de toutes mes activités, je crée ReikiVox, une méthode qui allie le Reiki et le Chant Vibratoire Thérapeutique.
Le chant-thérapie devient alors ma mission de vie et j’ouvre des cours en individuel et en groupe dans des centres de bien-être et de santé.
Qu’est-ce que le reiki ?
Le reiki, c’est une méthode de soin venue du japon. Cette méthode se base sur l’approche énergétique.
En japonais, “Rei” signifie “l’universel”, qui inclut la matière, l’âme et l’esprit. “Ki” est “l’énergie vitale” qui circule dans le corps.
Ensemble, le “reiki” signifie la “remise au contact de notre énergie”, notre force de vie. Cette méthode de retour à notre énergie vitale est une technique de développement personnel et peut aussi être utilisée dans un cheminement de guérison.
COMMENT LE REIKI ET LE CHANT PEUVENT SE COMBINER ?
Le reiki, c’est une histoire d’énergie et nous avons 7 chakras (centres énergétiques du corps). Ce chiffre est similaire aux 7 notes de musique (do- ré – mi – fa – sol – la – si).
La voix représente notre instrument interne. Il est unique à chacun.
Lorsque l’on chante, on produit des vibrations spécifiques. Ainsi, le chant vibratoire thérapeutique permet de réaliser une sorte de massage interne au corps. Et en utilisant les notes de musique, on peut travailler sur ses chakras.
Cela permet d’offrir une harmonisation du corps en libérant la tristesse, les douleurs mais aussi en ouvrant son corps à la communication, la joie et, bien sûr, à la créativité.
Ainsi, cette combinaison de ces deux forces donne le reikivox.
QUELLE EST LA RELATION ENTRE L’ESPACE FÉMININ SACRÉ ET LA VOIX ?
C’est mon initiation au Reiki qui a été le point de départ d’une grande réflexion entre le corps et la voix.
Le chakra sacré – qui correspond aux organes génitaux, à la sexualité et est le centre de stockage de notre énergie interne – est étroitement lié au chakra laryngé (la gorge).
Pourquoi ? Alors qu’ils ne se situent pas l’un à côté de l’autre ?
Je me suis alors souvenue de mon apprentissage de la respiration ventrale avec ma toute première professeure de chant lyrique qui était aussi sophrologue.
Oui, c’est bien l’énergie de la respiration par le ventre qui ouvre et épanouit la voix !
Et dans le sens inverse, le Chant Vibratoire Thérapeutique, de par ses vibrations profondes, qui réveille et équilibre l’énergie du sacré.
Ce chant diminue également les tensions et douleurs, qu’elles soient physiques ou mentales…
Et de fil en aiguille, j’ai trouvé d’autres connexions, en médecine traditionnelle, naturelle ou spirituelle.
C’est la découverte d’une image représentant l’intérieur de la gorge et du vagin qui m’a offert le déclic final. Si on y regarde attentivement, on peut voir que la gorge et le vagin sont assez similaires :
- Ils sont faits du même tissu
- Énergétiquement, quand l’un s’ouvre, l’autre s’ouvre
- Lorsqu’on subit un traumatisme au niveau de l’un, l’autre se contracte souvent en réponse.
C’est sur cette base que j’ai décidé de me lancer dans le reikivox.

Reiki vox et endométriose : une corde à ajouter à son arc de prise en charge
Je n’enseigne pas le chant « vibratoire » et « thérapeutique » par hasard ! Le travail du ventre dans le contexte de l’endométriose prend tout son sens grâce à 2 actions essentielles :
- le mouvement de la respiration ventrale qui met en mouvement toutes les couches et organes de cette région et les aide à se détendre et se détoxifier (dans mes ateliers j’inclus également l’apprentissage du massage du fascia)
- la vibration profonde de la voix qui atteint le bas du ventre et fait diminuer les douleurs, car notre corps est majoritairement constitué d’eau et les effets des vibrations positives sur l’eau ont été prouvés scientifiquement à de nombreuses reprises (entre autres par les travaux de Masaru Emoto).
Lorsque je combine respiration ventrale et vibrations profondes de ma voix, les bienfaits se font immédiatement ressentir. C’est ce que j’enseigne aux autres femmes.
COMMENT S’INITIER AU REIKIVOX ?
Aujourd’hui, je propose une conférence et un atelier, spécifiquement dédiés au sacré-laryngé.
Si la conférence est plus théorique, l’atelier qui la suit (mais n’est pas interdépendant) est plus pratique et mixe diverses techniques que j’ai apprises durant 30 ans : respiration, relaxation, mouvement, massages, chant vibratoire, et ceci n’est pas exhaustif. Malgré mon expertise, je suis convaincue que j’aie encore beaucoup à apprendre sur la voix et sa relation avec le sacré…
Comment cela fonctionne ? Je partage toute mon expérience, tous mes outils et toutes mes clés. Ensuite, c’est à chacune de prendre ce qui est juste et bon pour elle…
Le chant n’est pas seulement mon métier, c’est une passion intense que je partage avec joie !
Chanter avec moi, c’est ouvrir votre voix, en prendre soin et ajouter des couleurs dans votre vie
… Et, attention, il paraît que mon sourire et mon enthousiasme sont contagieux ! (Ce sont mes élèves qui le disent 😉)
Où retrouver Laurence ?
Son site internet : www.ReikiVox.com
Sa page Facebook : https://www.facebook.com/ReikiVox-105205411742298
L’endométriose est une maladie gynécologique chronique inflammatoire qui touche 1 femme sur 10.
L’endométriose est une maladie liée à la présence de tissus, semblables à l’endomètre, en dehors de la cavité utérine. Elle peut toucher différents organes.
Si la maladie peut être asymptomatique, elle peut aussi provoquer de violentes douleurs et altérer la qualité de vie des femmes.
Endométriose
Ma seconde opération
Route 390, chambre 382.
Vêtue d’une robe ample, démaquillée et accompagnée d’un grand sac avec quelques affaires, je déambule dans les couloirs de l’hôpital. Inscription, signatures, bracelets, j’arrive dans la chambre. La chambre 382.
Un an et demi après ma première fois, je me retrouve seule dans une chambre un peu froide et défraîchie. La vue donne sur des buildings gris, le temps est gris aussi. Je me déshabille et enfile la fameuse blouse blanche et bleue ouverte dans le dos. Et j’attends.
UN AN ET DEMI… ÇA A ÉTÉ RAPIDE
Cette fois, l’endométriose n’est pas en cause. Mais les douleurs sont revenues. J’en reconnais certaines. J’en découvre de nouvelles.
Les contractions utérines sont fréquentes. Je saigne sans raison. Je saigne au moindre effort à vrai dire. Les étourdissements et les vomissements me tirent la sonnette d’alarme. J’ai pourtant lutté.
J’ai parfois l’impression que mon cerveau tente de se dissocier de mon corps. Le premier me répète sans cesse que j’ai connu pire et que j’exagère. Alors que mon corps s’entraîne à sourire dans la voiture pour ne rien laisser paraître ou il s’enfonce les ongles dans les paumes des mains lorsque la douleur s’intensifie.
On peut être dur avec soi parfois, souvent même.
J’ai fini par retourner voir ma spécialiste seulement 4 mois après mon examen de contrôle où tout allait bien.
Il s’avère que c’est l’utérus.
Un petit quelque chose, un petit coude bloque son bon fonctionnement. Un petit couac qui me fait retenir du sang que je couve. Ce sang, c’est l’inconnu. Impossible de savoir son origine, son pourquoi, son fonctionnement. Mon corps me réserve encore bien des surprises.
Au départ, c’est un soulagement, ce n’est pas l’endométriose. Mais mon utérus a un problème. Tant que je gère ça va, on laisse couler.
Sauf que le moment où je gérais n’est plus là. Et le tout s’empire. Et je décide de retourner sur la table d’opération.
Je suis assez confiante. Presque détachée.
Après tout, je connais la procédure, je connais les lieux et je connais ma spécialiste. Ce sera une formalité, non ?
J’y vais seule, Covid oblige, mais dans le fond, ça m’arrange. J’ai encore et toujours ce besoin irrépressible de tout faire par moi-même, de ne pas inquiéter ou déranger. M’occuper de mon corps seule. Parce que c’est mon problème, mon fardeau.
Ma vie à 100 à l’heure me pousse à choisir une rachianesthésie. Une version plus light qui me permettra de rentrer plus vite et de récupérer ma vie plus vite. De plus, je serai réveillée et je suis ravie de pouvoir assister à ça, d’observer, de poser des questions, de vivre ça de l’intérieur (et c’est le cas de le dire).
ALORS, EN ROUTE.
Le jour J, le stress monte un peu. L’attente est longue. Comme chaque fois, j’ai l’impression.
Je descends vers le bloc opératoire. J’essaye de faire de mon mieux, d’être une bonne patiente.
Être une bonne patiente ? Mais qu’est-ce que ça veut dire : être sympa, ne pas se plaindre, aider quand on peut ? Je me pose toujours la question en réalité. Doit-on vraiment être un bon patient ? Sera-t-on traité différemment ? En fait, non ! Mais ce n’est pas vraiment la question aujourd’hui.
Je rentre dans la salle d’opération. Cette grande pièce stérile où s’agitent 5 ou 6 infirmières. Ça cancane dans tous les sens.
On m’installe sur la table. On m’explique que l’on va m’injecter l’anesthésiant dans le bas du dos. Je me retrouve à faire le dos rond et avoir une vue plongeante sur mon corps. Ma blouse tombe et je suis presque nue devant ces femmes.
Pour elles, ce n’est qu’un corps, mais j’avoue que cette vision, même si je sais pourquoi je suis là, que tout le monde m’a déjà vu nue la première fois, et qu’elles vont littéralement aller voir au plus profond de moi-même, cette vision à cet instant, elle n’est pas facile. Il faut pouvoir la gérer.
C’est un état de vulnérabilité très intense. On laisse son corps à quelqu’un d’autre pour en prendre soin. Et nous n’avons aucune prise là-dessus.
Très vite, la sensation de fourmis dans les jambes arrive.
On m’installe, les jambes en l’air dans des jambières. Un champ est placé pour que je ne voie rien. Mince… moi qui voulais assister à tout.
Elles finissent la mise en place et je me retrouve enfermée dans 4 murs blancs, une couverture sur moi et des tuyaux sortant de partout.
Le stress monte. La peur monte. J’essaye de rester zen, de trouver des regards pour me distraire, discuter ou simplement avoir une présence, mais personne n’est là.
Tout doucement, les infirmières, qui ne cessaient de parler, se taisent. Moi, j’essaye de me raccrocher à ce que je peux entendre ; du charabia médical, des demandes techniques.
Très peu de temps après le début de l’opération, je commence à ressentir une gêne qui se transforme en douleur. J’ai mal. Je sens les instruments à l’intérieur de moi. Au plus profond de moi.
Je ne dis rien, parce que je veux aider. Je veux que ça se passe bien. Je veux être une bonne patiente.
Mais la douleur devient trop forte. Personne n’est là pour me parler de la pluie et du beau temps comme on me l’avait promis en préparant l’opération. Tout le monde se tait. Je comprends assez vite que ce ne sera pas si facile que prévu.
Et je commence à étouffer dans mes 4 murs blancs.
La douleur devient trop intense, ingérable, je ne peux plus me retenir, je l’exprime.
On ajoute des antidouleurs dans un des nombreux tuyaux qui m’entourent.
Ça soulage, ça rend la chose moins pénible, mais ça ne l’élimine pas.
Je ne peux pas vraiment décrire ce que j’ai ressenti durant ces longues minutes. Mais je peux dire que je me suis sentie seule, vulnérable et faible.
A cet instant, les larmes commencent à monter. Elles coulent sur mes joues. J’essaye discrètement de les essuyer. Parce que je ne peux pas faillir. Je ne peux pas montrer ça.
A la moitié de l’opération, la chirurgienne vient rompre le silence. Elle me dit « Madame, nous faisons de l’art ! ». Cette phrase vient délivrer ma solitude. Elle me parle un peu, j’essaye de ne pas faire entendre que ma voix tremble, que malgré les antidouleurs je sens encore les coups des instruments, les tests et le fil qui me recoud l’utérus et le col de l’utérus.
L’OPÉRATION SE FINIT. MES JAMBES SONT REDESCENDUES.
Je suis amenée vers la salle de réveil. J’ai encore cette boule dans la gorge et des larmes dans les yeux. En passant la porte de la salle d’opération, mes nerfs lâchent. J’ai envie de m’effondrer. Les sanglots sont dans ma gorge mais je fais tout pour les dissimuler.
J’ai encore deux infirmières au-dessus de moi et je ne peux pas. Que dirais-je ? Je passerai pour une faible, une douillette ?
Moi qui me pensais si forte, si prête, je me rends compte que c’est bien plus difficile que prévu. Que j’en demande certainement trop à mon corps, à mes nerfs que je refuse de laisser aller.
Je finis par faire une micro sieste, épuisée par l’opération, par mes émotions.
Arrivée dans la salle de réveil, je demande à avoir une culotte, un filet, car on ne m’a rien mis. Je suis toujours nue sous cette blouse blanche et bleue et je sais que le sang va finir par arriver. J’aimerais un peu de confort. On me dit d’attendre, une première fois.
Je remonte vers ma chambre. Je demande directement à l’infirmière pour avoir une culotte ou pour m’aider à en mettre une. Mes jambes sont encore endormies. Je ne peux pas bouger et je ne peux atteindre mes affaires pour en mettre une.
L’infirmière regarde mon entre-jambe et me répond : « vous ne saignez pas beaucoup. Ne vous tracassez pas, vous êtes sur une alaise et, de toute façon, vous ne sentez rien. »
Cette phrase, elle peut paraître sans conséquence. Après tout, c’est la vérité. Mais après une opération de l’utérus, une opération qui ne fut pas si simple, en tant que patiente, j’ai demandé un peu de confort. Et ce confort, on me l’a refusé.
Je suis sans voix. C’est la nuit, je suis seule dans ma chambre, nue sous ma blouse. Mon sang coule sur une alaise entre mes jambes et personne ne veut m’aider à mettre une culotte. Une chose si simple.
A ce moment, je me sens comme un numéro en attente de quitter un lit d’hôpital parmi tant d’autres. Oui, ce n’était qu’une culotte. Mais toute la journée, j’avais attendu, été anxieuse, vu mon corps exposé, trifouillé, j’avais eu mal et ce n’était pas tant la culotte pour absorber mon sang dont j’avais besoin, j’avais juste besoin de cette chose qui était importante pour moi. Pour me sentir bien.
Parce qu’on oublie que ça reste une épreuve. On se met littéralement à nu, on expose nos douleurs, nos problèmes féminins que l’on essaye parfois tant de préserver, de cacher. On expose nos défauts, nos complexes pour espérer un mieux après.
Ce petit geste sans conséquence, on me l’a refusé. J’ai dû attendre que mes jambes se réveillent, là, dans mon alaise de sang, pour pouvoir mettre moi-même cette culotte. Me rhabiller, me retrouver et sortir de cette chambre impersonnelle.
En acceptant de passer une seconde fois sur la table d’opération, je n’avais pas choisi l’option la plus facile. J’en étais fière. Je souhaitais vivre cela de l’intérieur et je voulais récupérer vite. Ne pas sentir le fardeau de la récupération trop longtemps.
Je l’ai regretté.
J’AI VU L’ENVERS DU DÉCOR.
Le stress que cette salle peut engendrer. Les silences tenus et l’importance d’une petite phrase qui rassure ou d’une main tendue dans un environnement froid et parfois hostile.
Parce qu’une opération, comme chaque opération, reste une épreuve et une attention peut parfois tout changer.
Aujourd’hui, la médecine est performante. Les outils sont précis et technologiques.
Mais parfois, je me demande si on n’aurait pas perdu un peu d’humanité dans cette technologie froide et stérile.
Rencontrer un médecin, une personne des soins de santé, accepter de se faire soigner par eux, c’est offrir une confiance. C’est la placer en eux pour aller mieux.
C’est d’abord une relation d’humain à humain.
Je pense qu’il est important de se le rappeler. Et de demander et même d’exiger cette humanité dans son parcours de patient.
C’est aussi ça, être un bon patient. Un bon patient pour soi et pour sa santé.
Coline D.
L’endométriose est une maladie gynécologique chronique inflammatoire qui touche 1 femme sur 10.
L’endométriose est une maladie liée à la présence de tissus, semblables à l’endomètre, en dehors de la cavité utérine. Elle peut toucher différents organes.
Si la maladie peut être asymptomatique, elle peut aussi provoquer de violentes douleurs et altérer la qualité de vie des femmes.
Endométriose
L’endométriose et les maladies féminines : les absentes de la télévision
Comédie romantique, thriller, séries dramatiques ou médicales, nous consommons tous régulièrement des séries ou des films. Et j’en fait fièrement partie.
De la Belle au bois dormant sauvée par son prince charmant à Pretty Woman en passant par Suicide Squad ou encore La revanche d’une blonde, à tout âge, nous regardons des séries et des films. Et ces derniers ont une importance clé sur la représentation qu’on se fait de l’image de la femme, de la sexualité ou encore des maladies féminines.
Arrêtons nous un instant et posons-nous une question ? Citez un film qui aborde une scène de sexe qui ressemble à notre réalité ? Vous savez celle où on fait le petit train jusqu’aux toilettes pour éviter d’en mettre partout, celle où on se rappelle de faire pipi pour éviter les cystites ? Mmmmh difficile hein ?
Trouverez-vous un film ou une série où l’on explore la sexualité des femmes qui souffrent de maladie gynécologique ou simplement une série qui évoque correctement l’une d’entre elle, qui montre la difficulté du quotidien ? Vous cherchez encore ?
C’est parce que c’est rare ! Trop rare.
La représentation de l’endométriose et des maladies féminines dans les films
Une saga, une histoire, une prise, une utopie. Voilà comment nous pouvons résumer le 7° art.
Ce dernier est inexorablement ancré dans nos vies et nos quotidiens depuis de nombreuses années. Les synopsis des films et des séries dont nous sommes les plus grands fans, nous entrainent dans une pseudo réalité à l’instar de la nôtre, qui est tout autre…
Nous suivons les aventures de nos héros favoris dans les films et dans les séries, épisode après épisode.
Pourtant les séries ou films qui évoquent les maladies féminines ou l’infertilité se comptent sur les doigts de la main. On peut en effet citer l’épisode 10 de la saison 18 de Grey’s Anatomy ou encore la saison 3 de la série française Plan Coeur.
Mais avez-vous déjà vu votre héroïne préférée être confrontée à l’endométriose et à toutes ses complications ? La réponse est non et c’est bien dommage.
Certes toutes les productions cinématographiques ont un but en commun ; nous déconnecter de notre quotidiens et de nos tracas le temps d’un film, d’un épisode, d’une vidéo. Mais, ne sont-ils pas aussi un certain reflet de notre société ? Ne sont-ils pas le prisme de notre réalité ? Ne se basent-ils pas sur nos vies, nos quotidiens, pour conter une nouvelle histoire ?
Les maladies féminines, l’endométriose sont l’une des réalités auxquelles nous pouvons faire face. Et pourtant, rien…
La maladie n’y apparaissant pas, la sensibilisation ne se fait pas.
Oui, parce qu’au-delà de mettre en image une certaine réalité, le grand comme le petit écran sont aussi présents pour permettre la sensibilisation. Faire exister les maladies féminines dans les scénarios des films et séries permettent une plus grande visibilité de la maladie, de ses conséquences, de la difficulté du quotidien des femmes mais également de briser les tabous et la solitude qui entourent ses maladies.
Mais non, on préfère encore aujourd’hui sexualiser les corps de nos héroïnes qui se présentent encore trop souvent dévêtues, on préfère montrer une sexualité qui correspond à nos injonctions sociales ou deux corps font du frotti-frotta ou encore nous montrer un homme fort venu sauvé la jeune fille vulnérable.
Vous allez me dire que j’exagère, peut-être un peu, mais si les choses changent, évoluent, cet aspect du cinéma reste encore trop souvent représentatif d’une majorité des oeuvres.
Et la sexualité à l’écran, on en parle ?
L’endométriose, comme vous le savez, touche tous les aspects de la vie des femmes et notamment la sexualité !
D’ailleurs, voilà encore un point à aborder : la sexualité vu au petit écran.
Le sexe, c’est vendeur. Mais fait-on réellement l’amour comme à la télé ? Non !
On constate que les relations sexuelles sont au programme de la majorité de nos films et séries. Cependant, on remarque souvent que les relations qui unissent deux personnages évoluent bien plus rapidement que dans la réalité. En quelques minutes, nous pouvons passer de deux personnages qui ne se supportaient pas initialement à un plan séquence sur ces deux amoureux en pleine action à l’arrière d’une voiture.
Alors bien sur, nous, spectateurs aguerris, comprenons cette ellipse volontaire mais inconsciemment cela altère toujours notre image des relations.
Sans oublier les plus jeunes : comprennent-ils qu’une prise ne représente pas une vie ?
J’en ai moi-même été interpellée. Etant une grande cinéphile me perdre sur la toile et découvrir de nouvelles séries rythme mon quotidien. Et ces représentations faussées des relations, de la sexualité ou de l’image de la femme m’ont poussé à écrire ses quelques lignes.
UNE PRISE N’EST PAS UNE VIE
Nous sommes tous confrontés aux écrans, vous, moi, nous ainsi que nos cadets. Ils y tombent de plus en jeunes et sont rapidement pris dans les filets des séries. Ils se font une idée biaisée de la relation intime entre deux personnes. Cette représentation qu’ils se forgent à l’aide de ces scènes, est l’une de leur première conscientisation de ce que peut être la sexualité.
Le cinéma peut dès lors devenir une source d’information et de sensibilisation auprès de chacun d’entre nous. Le champ des possibilités est vaste et infini, le cinéma ou plus généralement le 7° art peut aborder n’importe quel sujet.
Alors, je me pose la question, pourquoi ne pas explorer la sexualité comme nous la vivons, faites de ratés, de rires, de pauses pipi ou encore évoquer des maladies pour ainsi prévenir les plus jeunes ou du moins montrer une réalité qui touche de plus en plus de femmes ?
Lorsque nous regardons une série ou un film, nous sommes dans un schéma passif. Nous retenons 50% de ce que nous voyons et 30% de ce que nous entendons. Le monde cinématographique peut véritablement endosser le rôle de relais d’informations. Il peut être dès lors une source de sensibilisation à grande échelle.
Pour ne citer qu’un chiffre, nous reprendront la moyenne des téléspectateurs de Grey’s Anatomy en France : 3 500 000. Ce sont donc pas moins de 3 500 000 personnes qui ont été touchées par la scène de diagnostic de l’endométriose, certes rapide et un peu faussée mais qui permet de parler des maladies féminines dans le cercle intime de la famille.
Les séries et les films, c’est aussi une façon d’aborder des sujets en famille et sans tabou. Et après tout, c’est par la parole que nous démystifions les tabous. Alors pourquoi ne pas ouvrir une conversation sensible sur la sexualité, le consentement ou encore les maladies avec un film ou une série ! Je vous le dis, c’est facile, il suffit juste de se lancer et d’apporter un peu de pop corn.
Marjorie Herman
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L’endométriose est une maladie gynécologique chronique inflammatoire qui touche 1 femme sur 10.
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Si la maladie peut être asymptomatique, elle peut aussi provoquer de violentes douleurs et altérer la qualité de vie des femmes.
Endométriose
L’importance des témoignages dans la sensibilisation à l’endométriose
L’endométriose est une maladie féminine qui fait de plus en plus parler d’elle. Aujourd’hui, l’endométriose peut être citée sans que la personne qui vous fait face vous regarde interloquée en vous répondant : « l’endo quoi ? je ne connais pas ».
Une première victoire dans la lutte pour la sensibilisation de la maladie au grand public.
Ce travail de sensibilisation a souvent été effectué par les patientes elles-mêmes.
En osant exposer leur quotidien, en osant exprimer leurs souffrances, leurs peines et leurs cicatrices, elles ont permis d’ouvrir la voie, de libérer la parole et d’offrir un véritable espace pour discuter sans tabou des maladies féminines.
Les témoignages, une arme de sensibilisation
Sur la toile, on peut retrouver de nombreux récits, des écrits personnels décrivant la maladie, ses impacts, ses conséquences.
Cela peut sembler n’être qu’un écrit parmi tant d’autres, mais ce serait négliger la force de chacun de ses témoignages et spécialement dans les maladies féminines, moins connues, moins comprises et trop souvent tues.
Un témoignage, c’est un fragment d’intimité que l’on décide de partager. Il relate des faits que la personne a vécus mais également son interprétation. Il révèle le sens que ces évènements, ces rendez-vous, la non prise en compte des symptômes, la banalisation de la douleur et les difficultés du quotidien ont représenté pour la personne qui accepte de partager son expérience.
Les témoignages, ça permet de raconter une histoire mais également de faire progresser la sensibilisation aux maladies féminines.
Ils poursuivent différents objectifs, en voici quelques-uns.
Un témoignage, un fragment d’intimité qui peut faire bouger les choses
SENSIBILISER À LA MALADIE
S’il n’y avait qu’un objectif à retenir dans l’importance des témoignages, ce serait celui-ci.
Chaque témoignage est une mise à nu, une partie d’intimité que l’on accepte de partager. Ce morceau de vie peut être fait de souffrances et de souvenirs parfois pénibles. Se livrer, c’est ouvrir à nouveau des plaies qui venaient parfois de cicatriser. Se livrer n’est donc pas chose aisée. Mais cette intimité partagée a pour but de prévenir, de ne plus se taire et d’informer les autres femmes, les mères, les adolescentes sur les symptômes, les signes, les conséquences de la maladie.
Tout cela concourt à une meilleure visibilité de la maladie. Une meilleure sensibilisation permet d’améliorer la prise en charge et ainsi de faire avancer le combat de l’endométriose.

METTRE DES MOTS SUR DES MAUX
Dans le parcours délicat de l’endométriose, les douleurs et les symptômes peuvent être très différents et complexes à exprimer.
Vous vous souvenez peut-être d’une visite chez un médecin où l’on vous a demandé précisément de décrire vos douleurs ou de montrer où vous aviez mal. Il n’est pas aisé de trouver les bons mots.
Cet exercice est d’autant plus laborieux lorsque l’on souffre de douleurs que l’on ne comprend pas, des douleurs inexpliquées, si intenses et brûlant le corps de l’intérieur.
Lorsque l’on est perdu parmi ces signes que le corps nous envoie, une petite phrase, une ligne, un paragraphe dans un écrit peut faire la différence, on peut s’y reconnaître.
Ainsi, un témoignage peut allumer une lumière en nous et nous permettre de nous dire: “je ressens la même chose”.
Cette lecture constitue alors un premier pas vers une meilleure compréhension des douleurs et permet de mieux les exprimer lors d’un rendez-vous médical, par exemple. (la prise en charge s’en trouvera alors améliorée…)

ÉVOQUER LES DIFFÉRENTES FORMES DE LA MALADIE
L’endométriose est une maladie complexe qui impacte chaque femme différemment.
Il est d’ailleurs coutume de dire qu’il y a autant d’endométrioses qu’il y a de femmes.
Chaque témoignage permet alors de mettre au jour un aspect de la maladie, une atteinte qu’elle soit urinaire, digestive, qu’elle entrave la fertilité ou encore des cas plus rares comme l’endométriose diaphragmatique ou pulmonaire.

STOPPER LA BANALISATION DE LA DOULEUR
Je ne pense trahir personne si je dis que nous avons toutes entendu au moins une fois dans nos vies l’une de ces phrases :
– “les règles cela fait mal, c’est une mauvaise semaine à passer”.
– “la première fois, ça fait mal”.
– “il faut souffrir pour être belle”.
– même dans la Bible, on retrouve ce célèbre passage qui dit : “tu enfanteras dans la douleur”.
À croire que la douleur doit faire partie intégrante de la vie d’une femme mais, c’est faux ! Et il est grand temps de se défaire définitivement de cette idée.
Il est nécessaire pour ne pas dire essentiel de pouvoir écouter les signes que notre corps nous envoie et arrêter de croire qu’il est normal d’avoir mal.
Il s’agit là d’une étape capitale pour pouvoir s’engager dans la voix d’un diagnostic plus rapide et une meilleure compréhension des symptômes.

BRISER LES TABOUS LIÉS À LA SEXUALITÉ
Les rapports douloureux aussi nommés dyspareunie sont un symptôme fréquent et assez caractéristique de l’endométriose. Et pourtant, la dyspareunie représente l’un des symptômes que l’on ose le moins exprimer, que ce soit dans l’intimité ou auprès d’un médecin.
Et pour cause. Si l’endométriose nous impacte au plus profond de nous-mêmes, elle impacte aussi notre sexualité, notre féminité et l’image que l’on a de soi.
Réapprendre à s’aimer, se réapprivoiser, s’explorer à nouveau et retrouver une nouvelle façon de s’aimer seule, à deux ou à plusieurs, de la manière qui vous conviendra est un vrai combat.
Un témoignage peut ouvrir des portes vers de nouvelles conversations et une nouvelle version de sa sexualité.

EXPOSER L’IMPACT PSYCHOLOGIQUE
Les symptômes, les traitements, les rendez-vous médicaux, sans oublier le regard des autres, tout cela finit par peser sur le moral, avoir un impact psychologique.
Il est essentiel de rappeler que l’on a le droit d’avoir des appréhensions avant un examen médical, des moments de doutes, de ne pas être au top, d’avoir rendez-vous avec son canapé et de dire parfois « non ».
Nous devons vivre avec des cicatrices et des restes du passé qui sont parfois douloureux. Les accepter, c’est déjà avancer.

MONTRER LES DIFFICULTÉS DU QUOTIDIEN
Vous le savez, l’endométriose affecte tous les aspects de la vie.
Un quotidien parfois difficile que l’on tente de cacher derrière un rire, un sourire ou une blague.
Les témoignages permettent d’illustrer une maladie qui ravage le corps dans l’ombre et ainsi le mettre en lumière.
Cela donne aussi des clés qui permettent à l’entourage de mieux comprendre ces douleurs invisibles pour eux.

ET CÉLÉBRER AUSSI !
Pour terminer sur une note plus positive, les témoignages permettent de célébrer les victoires et les apprentissages que l’on accumule tout au long de son combat avec l’endométriose.
Témoigner permet de prendre du recul, de revenir sur un bout de vie, une expérience qui a été pénible.
Mais aujourd’hui, les femmes qui témoignent savent aussi que des jours meilleurs existent, que des jours sans douleurs peuvent être vécus et que des solutions peuvent aider, soulager le quotidien. Transmettre cet espoir aux autres est aussi important que de prévenir les symptômes, essentiel pour toutes les femmes qui traversent des combats difficiles.

Les témoignages pour rendre visible l’invisible
Un récit, un écrit, un témoignage peuvent être une aide mais aussi une arme pour faire avancer la maladie et sa prise en charge.
Pour résumer, les témoignages permettent de libérer la parole. Une parole qui a souvent été passée sous silence, trop souvent tue pas les injonctions sociales.
Cela permet aussi de se sentir moins seule, de briser cette solitude qui nous ronge.
Lire des symptômes que l’on vit, les douleurs, les difficultés que l’on éprouve et savoir que d’autres l’ont vécu aussi, c’est se rappeler que l’on n’est pas seule dans ce combat et cela fait du bien.
Si les femmes ne présentent pas de marques sur leur corps pour visualiser leur douleur, cela ne signifie pas qu’elles ne souffrent pas. Les témoignages permettent donc d’exposer une maladie invisible à l’œil nu.
Cela permet de rendre visible l’invisible.
Coline D.
L’endométriose est une maladie gynécologique chronique inflammatoire qui touche 1 femme sur 10.
L’endométriose est une maladie liée à la présence de tissus, semblables à l’endomètre, en dehors de la cavité utérine. Elle peut toucher différents organes.
Si la maladie peut être asymptomatique, elle peut aussi provoquer de violentes douleurs et altérer la qualité de vie des femmes.
Endométriose
Le coaching pour (re)devenir actrice de sa santé et de son endométriose
Le coaching propose des solutions concrètes pour agir sur son bien-être et sa santé au quotidien. Une approche complémentaire à la médecine pour entreprendre une démarche concrète et active vers un mieux être.
Riche de ses expériences professionnelles et personnelles, Lorraine Lasserre nous livre ses conseils afin d’optimiser notre bien-être au quotidien.
Après avoir expérimenté l’épuisement parental, Lorraine a élargi son domaine de formation en se spécialisant dans le burn-out parental et dans l’hédo-coaching basé sur le bien-être avec soi, avec les autres et son environnement.
Aujourd’hui, elle propose du coaching individuel ou collectif et organise des stages destinés aux enfants, des ateliers pour les parents ainsi que des formations pour les adultes.
Comment le coaching peut-il m’aider à mieux gérer mon endométriose au quotidien ?
Le coaching est très concret. Il est ancré dans l’ici et le maintenant.
Il y a un état actuel, un état souhaité et entre les deux il y a un cheminement. Sur ce cheminement, nous avançons étape après étape. Avec le coaching, nous sommes dans la question du comment (comment je fais, comment j’accepte la maladie, les douleurs,…), dans le concret du quotidien. Plus nous nous plaçons dans le concret, plus on va connaitre sa direction et pouvoir l’emprunter.
Le coaching élargit le champ des possibles, propose de nouvelles pistes de réflexion, des actes concrets à mettre en place afin d’améliorer notre bien-être dans l’immédiat mais aussi sur le long terme. Il nous permet de nous mettre en action afin de trouver nos propres solutions et avancer étape après étape.
Le coaching est aussi une démarche très personnelle. Il requiert de l’énergie. Il faut prendre sur soi pour le faire efficacement. Il y a donc un moment pour le faire, il faut le sentir.
Choisir le coaching, c’est se réapproprier, c’est se rendre acteur de sa propre vie.
Les outils pour un mieux-être au quotidien
LA COHÉRENCE CARDIAQUE
La cohérence cardiaque est un outil de respiration à l’efficacité immédiate. Cette technique se base sur des exercices de respiration pour ralentir le rythme cardiaque.
Faites l’exercice. Pendant cinq minutes, respirez en alternant cinq secondes d’inspiration et cinq secondes d’expiration.
Les spécialistes se sont rendus compte que ce simple mouvement respiratoire, utilisé par la sophrologie, nous permettait de passer du chaos, fréquence cardiaque normale qui nous permet de répondre à toutes les sollicitations de notre environnement, à la cohérence cardiaque.
Quand on passe en cohérence cardiaque, cela permet d’être dans un état d’apaisement, de sérénité, d’être plus dans l’ici et le maintenant.Les bénéfices sont immédiats et s’inscrivent aussi dans la durée à condition d’intégrer la pratique de cet exercice dans son quotidien à raison de trois fois par jour.
Aussi, dans le cadre des maladies chroniques, les bienfaits sont conséquents sur l’immédiat. Le cortisol se voit diminué, l’hormone de jouvence, l’ocytocine, les ondes alphas (les ondes calmes et attentives) augmentent, la dopamine et la sérotonine sont stimulées et tout cela provoque une impression générale de calme.
Cinq minutes de respiration engendrent des effets sur quatre heures. Et si vous intégrez cet exercice à vos habitudes, vous pourrez, dans la durée, mieux gérer la douleur mais aussi augmenter vos capacités d’attention et de concentration.
LES TROIS CERCLES
Il est également important de déterminer ce sur quoi nous avons un réel pouvoir d’action et délimiter ainsi les trois cercles : la zone de contrôle, la zone d’influence et la zone hors contrôle.
Toute la question est de savoir où est-ce que je place mon énergie ?
Une fois ces trois zones délimitées, nous allons pouvoir déterminer notre plan d’action.
Si nous restons bloqués sur le pourquoi (pourquoi moi ? par exemple), les craintes liées à l’avenir, nous sommes dans le hors contrôle et nous plaçons alors beaucoup d’énergie mentale dans cette zone, mais nous n’en avons aucun contrôle. Cela est extérieur à nous.
Dès lors, nous allons donc devoir commencer à travailler sur le processus d’acceptation de la maladie et aussi sur le lâcher prise.La zone de contrôle représente la zone sur laquelle nous avons une influence. Accéder à celle-ci consiste à devenir acteur de son cheminement, être plus ancré dans l’ici dans le maintenant. Lorsque nous y parvenons, nous sommes plus responsables, nous pouvons décider des outils à mettre en place, choisir un thérapeute, choisir un accompagnement, … Cela permet de mettre son énergie au bon endroit et de ne pas s’essouffler dans la zone hors contrôle.
La zone d’influence réunit deux acteurs, moi et l’autre, et limite mon action comme ma part de responsabilité.
Il est donc essentiel d’être conscient de ce qui est sous notre contrôle pour savoir où placer notre énergie et ainsi, mieux agir sur ce qui importe sur ma santé et mon bien-être.
LES PETITES CUILLÈRES
L’outil des « petites cuillères » va vous aider dans la gestion de la fatigue et notamment, la fatigue chronique.
Lorsque vous êtes fatiguée, il est intéressant de matérialiser le nombre de cuillères dont vous disposez au réveil pour mener à bien les différents défis de la journée.
Imaginez un jour de grande fatigue, le réveil sonne et vous vous rendez compte que vous disposez de 15 cuillères. Que devez-vous faire ?
Il vous faut aller travailler, aller conduire les enfants, … Pour chaque action, il est nécessaire d’évaluer le flux d’énergie que nous allons devoir mobiliser et quantifier ce flux sous formes de cuillères, cela nous permettra de choisir nos combats, de prioriser, d’aller à l’essentiel.
L’ÉCHELLE DE LA RÉSILIENCE
Après avoir vécu une situation difficile, il est important de revenir à l’état initial et décortiquer les actions mises en place qui nous ont permis de quitter cette situation.
Outre apprécier le chemin parcouru, cet outil nous permet de nous inspirer de nos expériences passées pour continuer à avancer en nous inspirant de nous-mêmes.
Ce retour sur soi rend possible le GAQ (ce grâce à quoi je vais bien) et nous aide à lister les ingrédients de notre propre recette.
Il est en effet important de célébrer les victoires, il est important de pouvoir s’ancrer dans l’instant, d’être dans l’ici et maintenant. Se rendre compte que nous vivons des moments agréables accroît notre bien-être.
La gestion de émotions ou comment revenir à soi
L’endométriose touche tous les aspects de la vie. Lorsque le diagnostic est posé, beaucoup de femmes éprouvent un sentiment de colère ou de tristesse. Pour cheminer avec la maladie, apprivoiser ses émotions est une nécessité mais cela ne s’improvise pas.
Une émotion, agréable ou désagréable, c’est quelque chose qui est là.
L’émotion est une réaction physique de notre corps transmise dans un instinct de survie et qui dure en réalité quelques secondes. Elle devient un sentiment à partir du moment où on la mentalise.
Cette émotion, nous pouvons la matérialiser par un petit bonhomme qui est porteur d’un message. Ce petit bonhomme vient frapper à votre porte pour vous livrer ce message, il faut donc lui ouvrir si vous voulez découvrir l’utilité de cette émotion.
Le corps est extrêmement bien fait. En effet, chaque émotion est liée à un besoin précis. Il est important d’en délimiter les contours, d’en cerner les nuances. Nos besoins ne sont pas les mêmes si nous sommes en colère, exaspérées, nostalgique ou même joyeux.
Pour parvenir à cette précision, il faut être à l’écoute de son corps, observer ce qui s’y passe pour pouvoir nommer l’émotion ressentie, identifier les besoins liés au message et enfin, transmettre ce message de la bonne manière, à la bonne personne, au bon moment. Lorsque l’on transmet cette information, il est important d’apporter une dernière action en choisissant de le rendre constructif ou non.
Le scan tête – cœur – corps (en référence à penser, émotion, sensation) est un outil qui peut se révéler très utile dans cette gestion des émotions.
Lorsqu’une nouvelle difficile nous tombe dessus, nous sommes comme sous une cascade. Pour mieux comprendre la situation, il faut nous placer à côté. Alors, on peut réaliser un scan tête – cœur – corps. Cela permet de recevoir les informations de son corps, d’analyser la situation et de sortir du flot qui peut nous inonder.
Dans le même temps, quand nous ne sommes plus dans notre tête, nous sommes dans notre corps et notre mental s’apaise un peu. Plus nous prenons de la distance, plus nous pouvons mettre en place ce qui nous convient.Le coeur étant les émotions, les apprivoiser est un véritable cheminement qui nous permet de définir ce que nous devons faire maintenant. Plus nous serons concrets, mieux nous connaîtrons la voie à emprunter pour nous sentir mieux.
Comme l’exprime si bien Lorraine avec son analogie du mammouth, si vous voulez manger un mammouth, vous n’avez d’autre option que de le découper.
L’apprentissage de la maladie, l’acceptation, c’est ce mammouth à découper et cela demande d’introduire la notion du temps, une seule bouchée ne suffira pas à l’engloutir…Le coaching permet de devenir acteur de sa santé, de son bien-être et de son changement. Avec un accompagnement personnalisé, l’utilisation d’outils et de techniques efficaces, il peut représenter une aide au quotidien pour mieux gérer l’endométriose.
Pour en savoir plus…
Lorraine Lasserre,
Coach en développement personnel, épuisement parental et coaching scolaire.
L’endométriose est une maladie gynécologique chronique inflammatoire qui touche 1 femme sur 10.
L’endométriose est une maladie liée à la présence de tissus, semblables à l’endomètre, en dehors de la cavité utérine. Elle peut toucher différents organes.
Si la maladie peut être asymptomatique, elle peut aussi provoquer de violentes douleurs et altérer la qualité de vie des femmes.
Endométriose
Diana : « Oui, l’endométriose est handicapante au quotidien »
L’endométriose entraine une errance médicale d’environ 7ans. 7 années de trop.
Un parcours long où des douleurs inexpliquées envahissent le corps, les questions restent sans réponse et où les médecins n’ont pas toujours les mots justes. Cette errance finit par laisser des traces indélébiles.
Diana, 40 ans, revient sur son parcours à la recherche d’une explication à ses maux, ses multiples visites chez des spécialistes, ses opérations et ses douleurs neuropathiques qui l’accompagnent encore. Le parcours d’une combattante qui, malgré tout, garde le sourire.
Les premières douleurs
17 ans, l’adolescence. Pour beaucoup, l’âge de l’insouciance mais pour moi, cette période fut le début d’un cheminement long et pénible marqué par la douleur.
J’ai eu mes règles assez tôt, à 11 ans. Je n’ai jamais vraiment eu à m’en plaindre, c’est vrai. Les douleurs ont commencé à envahir mon ventre lorsqu’on m’a prescrit la pilule.
Abdomen, lombaires, sacrum, tout cela me faisait tordre de douleur. Quand on est jeune, on aime sortir, retrouver ses amis. Dans les bals, je devais m’accorder une pause, m’adosser contre un mur ou allonger mes jambes. À 17 ans, on rêve de danser jusqu’au bout de la nuit et non pas de devoir déclarer forfait pour cause de douleurs.
Si les douleurs étaient déjà vives, je ne me suis pas inquiétée directement.
Adolescente, on ne réfléchit pas trop, on préfère mettre ça de côté, on a la vie devant soi…
Mais un jour, cela est devenu insoutenable. Il était clair que quelque chose n’allait pas. J’ai alors commencé à consulter une série de spécialistes.
L’enchaînement des spécialistes, un enchaînement sans réponse
Comme les symptômes provenaient de l’abdomen, j’ai pris un premier rendez-vous chez un gastro-entérologue. Ce médecin m’a alors annoncé que je buvais trop. Les analyses laissaient apparaître un taux d’enzymes hépatiques bien trop élevé et il en a forcément déduit que j’avais un souci avec la boisson.
Certes, je buvais bien quelques bières quand je sortais mais je savais ce que je faisais et quelle quantité j’ingurgitais. Et non, je ne buvais pas trop.
Ce premier épisode m’a quelque peu refroidi.
J’ai pourtant réitéré l’expérience chez un autre gastro-entérologue qui, lui, a décelé une intolérance au lactose et un côlon irritable.
Pendant ce temps, les symptômes continuaient d’évoluer. De vifs lancements dans les jambes accompagnés de douleurs lombaires firent leur apparition et furent la cause de pertes d’équilibre mais aussi de pertes de connaissance.
Ces nouvelles douleurs m’ont valu quelques expéditions aux urgences où les médecins m’assuraient que non, je n’étais pas enceinte. Mais ça, je le savais. J’avais mal, je ne me demandais pas si j’étais enceinte. La question ne se posait même pas mais, le corps médical s’obstinait à me rassurer sur ce point.
Bref, j’étais confrontée à des médecins qui ne trouvaient aucune explication et me fournissaient des réponses assez farfelues avant de me renvoyer chez moi sans solution.
Je me souviens encore de cette fois où un médecin m’a livré une rapide psychanalyse sur le fait que mes douleurs lombaires et dans les jambes étaient liées à mon adoption. Pour lui, les douleurs exprimaient un problème avec ma mère et étaient le signe que je ne voulais plus avancer dans la vie.
10 ans durant, j’ai enchaîné les gastro-entérologues, les neurologues et autres spécialistes qui n’ont jamais rien trouvé ou même eu l’envie de chercher plus loin.
Des règles anormales
Ce lien avec mes règles s’est imposé lors de la pose de mon stérilet. Les nausées, les vomissements ont commencé à accompagner mes douleurs.
J’ai remarqué que cela se produisait de façon cyclique, chaque mois, avec mes règles.J’ai alors tenté d’expliquer mes douleurs à ma gynécologue mais elle me disait qu’il fallait attendre, que je devais être moins douillette.
Ainsi, chaque mois, j’avais rendez-vous avec mon canapé. Au début, cela durait deux ou trois jours et puis, assez rapidement, une semaine complète.
Après cette année avec le stérilet, j’ai décidé de consulter une nouvelle gynécologue qui a repéré des kystes sur mes ovaires. Elle évoque alors le syndrome des ovaires polykystiques et puis, le cancer.Sur les conseils de ma maman, je me rends chez un spécialiste.
Nous sommes en 2011, j’ai 28 ans et le diagnostic tombe. Le professeur Donnez m’annonce que j’ai de l’endométriose.
Je ne connaissais pas du tout cette maladie. Je n’en avais jamais entendu parler, je ne savais pas si c’était grave ou non. Je ressors avec un tas de papiers, un tas d’examens à réaliser.
Et les larmes coulent. Je pleure de soulagement mais aussi d’inquiétude car il pouvait encore se rétracter et me dire que finalement il n’y avait rien.À force de s’entendre dire qu’il n’y a rien, que c’est dans la tête, qu’on est douillette, le cerveau doute, hésite, le jour où l’on nous annonce que nos douleurs portent un nom. Qui sait ? Peut-être s’est-il encore trompé ?
Ce réflexe est cette marque indélébile qu’une dizaine de médecins ignorants, sans tact, sans explication et sans solution ont laissé dans mon corps et dans mon esprit. Il hante également ceux de beaucoup d’autres femmes.Le 11 mai, jour de la délivrance.
Suite à une série d’examens, le professeur m’a annoncé qu’il fallait opérer. À cet instant, j’ai accepté d’y croire, j’ai accepté qu’il y avait bien quelque chose et que je n’étais pas folle.
Ce quelque chose existe, doit être traité et chirurgicalement de surcroît. Ça a mis fin à ce parcours du combattant.Lors de l’intervention, ils ont découvert de l’endométriose un peu partout au niveau gynécologique, dans le cul de sac de douglas, sur les ovaires, les ligaments utérosacrés, le péritoine, mais également au niveau des intestins, du sigmoïde,…
Pour le Pr Donnez, il était clair que l’atteinte à mes ligaments était responsable des douleurs à la jambe…À la suite de l’opération, même si les débuts n’ont pas été faciles, je me suis sentie délivrée. C’était une véritable renaissance. Je pouvais revivre, profiter de tous les petits plaisirs qui avaient toujours été empêchés par les douleurs.
Une belle surprise
Trois ans plus tard, les nausées et les fortes douleurs abdominales étaient à nouveau présentes. J’ai consulté la boule au ventre, je craignais l’annonce d’une nouvelle récidive de la maladie. Mais ce ne fut pas le cas, c’était une belle surprise : j’étais enceinte.
Ma grossesse ne fut ni tranquille ni sereine. À peine au bout du deuxième mois, j’ai eu des contractions. J’ai alors dû être alitée durant 7 mois tout en prenant un traitement hormonal pour empêcher les contractions. Bref, une grossesse à risque.
Au cours de cette période, toutes mes douleurs étaient revenues. Et dire qu’à l’époque, on pensait que la grossesse guérissait l’endométriose.
Au bout du compte, j’ai pu tenir dans mes bras une petite fille en pleine santé.Quelques années plus tard, j’ai appris que beaucoup de femmes qui ont de l’endométriose vivent ce genre de grossesse.
La récidive de l’endométriose
Après l’accouchement, les douleurs sont revenues de plus belle pour ne plus me quitter. Mais on m’a répété que mon endométriose était terminée et que ce n’était pas ça. On m’a laissé repartir. À nouveau, sans explication.
Je suis restée dans cet état jusqu’à ce que deux accidents me donnent le courage de reprendre le combat pour trouver une solution. Un jour, alors que je tenais ma fille dans mes bras, je me suis sentie tomber. J’ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour tomber sur mes fesses et la protéger.
Une autre fois, j’étais en voiture et ma fille était à l’arrière. Ma jambe ne répondait plus. Mon enfant était à l’arrière du véhicule et j’avais peur. J’ai pu rentrer chez moi sans dommage, une chance.Ces douleurs, je les trainais depuis l’accouchement. Ma santé mettait ma fille en danger, je ne pouvais plus l’accepter.
J’entends les mêmes discours que dans mon adolescence, j’ai à nouveau 17 ans.
Ma fille devait avoir 2 ans quand j’ai croisé le chemin du Pr Nisolle à Liège.Elle a directement décelé un petit quelque chose à l’échographie et m’a dit ceci que je retiendrai, ce n’est pas parce qu’on ne voit rien qu’il n’y a rien. Après quelques examens, une opération est prévue. L’endométriose avait bien repris. Il y en avait notamment derrière l’utérus qui expliquait les douleurs lombaires.
J’avais 34 ans et j’en ai profité pour lui parler d’hystérectomie. Elle me répondit alors par la négative.
J’ai donc réitéré ma demande 2 ans plus tard et elle dit oui !Une fois encore, l’endométriose frappait à ma porte et j’en avais assez.
Je lui ai expliqué que mon choix de vie était d’être une maman plus ou moins en forme. Je préférais offrir à ma fille une maman plutôt qu’un petit frère ou une petite sœur.
Et si, quand bien même, j’avais voulu un deuxième enfant, j’aurais dû revivre une opération, peut-être des traitements, sans oublier la grossesse à risque.
Mon corps était fatigué, il avait assez souffert.L’hystérectomie fut rapide et spectaculaire.
À ma grande surprise, je me suis rapidement remise de cette lourde opération. Mes douleurs se sont envolées ou presque.
Depuis lors, les douleurs abdominales ont disparu, une vraie libération. Ma vie intime s’est également transformée, jamais je n’avais vécu cette harmonie, cette symbiose.On a pu aussi m’éclairer. Mes problèmes à la jambe étaient des douleurs neuropathiques. L’endométriose s’infiltre partout et vient abîmer les nerfs, il me faudra vivre avec.
En effet, les douleurs neuropathiques m’accompagnent au quotidien.
Des douleurs articulaires, des fourmillements, des décharges électriques,… m’assaillent. Il m’arrive de ne pas pouvoir couper mes légumes comme je le voudrais…L’endométriose est réellement handicapante au quotidien.
Il y a des jours où je suis en colère contre la maladie mais, j’essaye de relativiser et de quantifier ma chance dans ma malchance.
Aujourd’hui, je marche parfois avec une canne.
L’endométriose est toujours là, ne se laisse pas oublier et se manifeste notamment dans le diaphragme et les poumons. Le diagnostic est complexe et requiert une certaine expertise.
Je demeure à l’écoute de mon corps, en alerte.
L’avenir me révélera bientôt ce que la maladie me réserve encore comme surprises.UNE NOTE D’ESPOIR
Vivre avec l’endométriose, c’est avoir projets et parfois les voir reportés à x années. Mais comme pour tout, les moments difficiles finissent par passer ! Il y a toujours une petite éclaircie…
A 40 ans, je prépare mon mariage avec mon chéri et notre fille de 6 ans. Pour le coup, le fautif s’appelle coronavirus, en 2020, nous avions décidé de reporter carrément de 2 ans! L’endo m’aura appris que nous ne pouvons être sûrs de rien face à une maladie inconnue.
Même si les étapes ne se font pas dans le bon ordre, ce n’est pas grave car ce sont ces petites étincelles de vie récoltées par ci par là qui deviennent notre carburant pour avancer malgré cette maladie qui nous pourrit la vie.
C.D.
L’endométriose est une maladie gynécologique chronique inflammatoire qui touche 1 femme sur 10.
L’endométriose est une maladie liée à la présence de tissus, semblables à l’endomètre, en dehors de la cavité utérine. Elle peut toucher différents organes.
Si la maladie peut être asymptomatique, elle peut aussi provoquer de violentes douleurs et altérer la qualité de vie des femmes.
Endométriose
Conférence : La boîte à outils pour mieux vivre son endométriose
La boîte à outils pour mieux vivre son endométriose
CONFÉRENCE GRATUITE À SPA
Mars, le mois de la sensibilisation à l’endométriose. A cette occasion, la ville de Spa et Chroniques de l’endométriose collaborent pour sensibiliser les femmes et leur entourage à cette maladie avec une conférence entièrement gratuite et ouverte à tous.

FORMULAIRE D’INSCRIPTION
25.000 FEMMES TOUCHÉES PAR L’ENDOMÉTRIOSE EN PROVINCE DE LIÈGE
L’endométriose est une maladie gynécologique chronique. Elle touche plus d’une femme sur 10 en Belgique.
En 2020, on recensait 25.000 femmes touchées en province de Liège.
Cette maladie féminine est due à la présence de cellules semblables à l’endomètre en dehors de la cavité utérine provoquant des lésions, des kystes, des nodules qui peuvent aller se loger un peu partout dans la cavité abdominale.
Selon le Conseil Supérieur de la Santé, il s’agit de la première cause d’infertilité féminine dans le monde.
Si la maladie connaît une plus grande visibilité aujourd’hui, il n’existe AUCUN traitement pour la soigner.
La maladie impacte les femmes dans leur intimité mais également dans chacun des aspects de leur quotidien, que ce soit au cœur de leur couple comme sur leur lieu de travail.
Aujourd’hui, il convient de poursuivre la sensibilisation à la maladie mais également d’offrir des clés pour la vivre plus sereinement.
UNE CONFÉRENCE ORGANISÉE PAR CHRONIQUES DE L’ENDOMÉTRIOSE ET LA VILLE DE SPA
Chroniques de l’endométriose, c’est une plateforme qui informe, sensibilise et partage les différents aspects de la maladie. Un relais pour offrir aux femmes et à leur entourage les clés pour mieux appréhender cette colocataire involontaire.
Aujourd’hui, à travers des témoignages de femmes, des interviews avec des professionnels de la santé et des informations sur la maladie, le site touche chaque mois plus de 4000 personnes dans toute la francophonie (Belgique, France, Suisse, Canada,…)
Pour informer et sensibiliser le public, Chroniques de l’endométriose s’associe à la ville de Spa pour proposer une conférence : “La boîte à outils pour mieux vivre son endométriose”.
Une conférence qui se veut gratuite pour toucher le plus de monde possible.
Cette conférence a pour objectif de sensibiliser les femmes, les mamans, les professionnels mais également l’entourage à cette maladie et d’explorer les solutions pour prendre en charge efficacement la maladie.
LE PROGRAMME DE LA CONFÉRENCE
L’endométriose et sa prise en charge pluridisciplinaire seront le fil rouge de la conférence.
4 intervenantes venues du milieu médical et paramédical exploreront la maladie sous différents aspects :
- L’endométriose, la maladie, les causes et les traitements,
par le Pr. Nisolle, Professeur de gynécologie, Présidente du Département de gynécologie-obstétrique à l’Université de Liège (ULiège) et Chef de service universitaire de gynécologie-obstétrique au CHU de Liège (sur le site CHR Liège). - La prise en charge de la maladie,
par Marine Bosson, coordinatrice de Lucerm ( Liège University Center of Endometriosis and Reproductive Medicine). - L’alimentation anti-inflammatoire
par Mandy Rauw, diététicienne. - L’importance du mouvement et de la prise en charge holistique de la maladie,
par Marine Degroisillier, kinésithérapeute, nutrithérapeute et fondatrice du centre Essentia à Angleur.
LES INFOS PRATIQUES
Quand ? Le mercredi 16 mars 2022 à 19H30
Où ? Rue de l’Hôtel de Ville 44, 4900 SPA
Prix ? Gratuit
Réservation souhaitée.




Visuel de l’affiche : David Serati
L’endométriose est une maladie gynécologique chronique inflammatoire qui touche 1 femme sur 10.
L’endométriose est une maladie liée à la présence de tissus, semblables à l’endomètre, en dehors de la cavité utérine. Elle peut toucher différents organes.
Si la maladie peut être asymptomatique, elle peut aussi provoquer de violentes douleurs et altérer la qualité de vie des femmes.



