Endométriose
La précarité menstruelle : une réalité amère pour des millions de femmes
Les règles, c’est un moment redouté par des millions de femmes chaque mois.
Une crainte qui peut être évidemment liée à la douleur qui peut parfois être insoutenable, ou aux diverses contraintes qu’apportent les règles et qui indisposent de nombreuses femmes au quotidien mais ce n’est pas ce que nous allons évoquer dans cet article.
Nous allons aborder le sujet de la précarité menstruelle soit le quotidien de plus de 500 millions de femmes à travers le monde qui se trouvent dans l‘incapacité de s’acheter des protections menstruelles dû à des problèmes financiers.
Zoom sur ce sujet trop peu abordé et pourtant si essentiel !
La précarité menstruelle, c’est quoi ?
La précarité menstruelle, une réalité vécue par des millions de femmes et qui se définit par un accès limité, voire impossible, aux protections menstruelles par manque de moyens financiers.
Évoquons quelques instants des chiffres. Un aparté essentiel afin de comprendre au mieux la situation compliquée que de nombreuses femmes vivent en ce moment et vivront certainement dans le futur.
Ainsi, en Belgique, on estime que 350 000 femmes vivent actuellement sous le seuil de pauvreté et que 80 000 étudiant(e)s sont, également, en situation de précarité.
Il faut savoir qu’une femme aura, en moyenne, entre 450 et 500 cycles menstruels au cours de sa vie, c’est entres autres plus de 10 000 protections hygiéniques mais aussi 7,50 € dépensés (en moyenne) à chaque cycle pour se protéger. Un coût considérable à débourser chaque mois.
Nombreuses sont ces femmes qui se voient obligées de choisir entre manger et acheter des protections hygiéniques. Un combat, chaque mois, pour des millions de femmes à travers le monde qui ne devrait pourtant pas avoir lieu d’être.
Il est, par ailleurs, important de comprendre que le combat contre la précarité menstruelle n’est pas qu’une histoire de confort mais bien aussi un combat pour la santé et la dignité de toutes ces femmes qui se retrouvent parfois dans des situations réellement dangereuses pour leur santé et handicapantes au quotidien.
La précarité menstruelle, des conséquences qui peuvent être dramatiques
UN PROBLÈME DE SANTÉ PUBLIQUE
La précarité menstruelle n’est pas à prendre à la légère. Nombreuses sont les femmes qui sont obligées d’avoir recours à un plan D afin de pouvoir vivre un tant soit peu “normalement”.
Pour cela, elles vont opter pour ce qu’elles ont sous la main, cela peut conduire certaines à utiliser des chaussettes, des mouchoirs, du coton, du papier journal comme protection menstruelle pendant leur période de règles et cela peut aller jusqu’à la transformation d’une bouteille d’eau en plastique en coupe menstruelle. Certaines choisissent également de conserver leurs tampons et/ou serviettes hygiéniques le plus longtemps possible.
Ces diverses solutions de fortune les exposent pourtant à de nombreux dangers. Elles peuvent, en effet, être victimes d’infections, de diverses maladies et notamment du syndrome du choc toxique. Une infection d’origine bactérienne qui peut survenir chez certaines personnes lors de l’utilisation prolongée de tampons ou de coupes menstruelles et qui peut être très dangereuse, voire mortelle.
UN IMPACT SUR LEUR VIE SOCIALE
En plus d’impacter la santé de ces femmes, la précarité menstruelle peut également grandement impacter leur vie sociale.
La précarité menstruelle, les règles et tout ce qui en incombe, représente un sujet qui a longtemps été tabou dans notre société. Même si les langues commencent à se délier et que certaines associations se battent aujourd’hui pour améliorer le quotidien de ces femmes, beaucoup d’entre elles sont honteuses, gênées, dans une situation d’inconfort et décident alors de rester chez elles lorsqu’elles ont leurs règles.
Cela peut résulter en décrochage scolaire pour les plus jeunes, par des pertes d’opportunités d’emploi ou encore par des conséquences préjudiciables sur leur travail.
Des petites victoires à célébrer
Depuis quelques années maintenant, le sujet de la précarité menstruelle est sur la table et même s’il reste encore beaucoup de chemin à parcourir avant de pouvoir crier victoire, nous pouvons tout de même nous réjouir de quelques décisions prises en faveur de toutes ces femmes dans le besoin.
En effet, en 2017, la Belgique a fait un premier pas dans la bonne direction en diminuant le taux de TVA lié aux protections hygiéniques. Nous sommes, dès lors, passés de 21% à 6% considérant enfin ceux-ci comme des produits de première nécessité.
Des victoires qui sont notamment dues au travail acharné de certaines associations qui se battent afin de faire avancer les choses. On peut notamment citer :
- L’association Bruzelles qui distribue de nombreuses protections hygiéniques aux plus démunis chaque année,
- Belges et culottées qui cherche à mettre le sujet de la précarité menstruelle au centre des débats en créant, entre autres, des pétitions.
Au-delà des frontières
Dans certains pays, on peut également constater de grandes évolutions.
En France, par exemple, les protections hygiéniques sont devenues récemment gratuites dans certaines écoles, universités et même prisons.
La Nouvelle-Zélande a également décidé en 2021 de distribuer des protections hygiéniques dans les écoles. Par ce biais, la Nouvelle-Zélande cherche notamment à augmenter le taux de fréquentation scolaire et à avoir un effet positif sur le bien-être des enfants en général.
L’ Ecosse a frappé encore plus fort puisque, depuis 2020, les protections menstruelles sont accessibles de manière complètement gratuite. L’Ecosse est ainsi le premier pays à passer le cap en autorisant l’accès libre aux protections hygiéniques dans les écoles, universités, lieux de travail et autres établissements publics.
Pour conclure, on observe qu’il reste encore énormément de travail avant de pouvoir réellement constater une véritable égalité en termes d’accès aux protections hygiéniques. Notamment par rapport à certains autres pays clairement en avance sur la Belgique.
Cependant, les mentalités changent petit à petit et le sujet de la précarité menstruelle est toujours au cœur des discussions. Grâce, notamment, aux diverses associations qui répondent encore et toujours présentes afin d’aider ces femmes en quête d’une vie plus “normale”.
Stéphanie Forthomme
L’endométriose est une maladie gynécologique chronique inflammatoire qui touche 1 femme sur 10.
L’endométriose est une maladie liée à la présence de tissus, semblables à l’endomètre, en dehors de la cavité utérine. Elle peut toucher différents organes.
Si la maladie peut être asymptomatique, elle peut aussi provoquer de violentes douleurs et altérer la qualité de vie des femmes.
Endométriose
Le guide pratique des protections hygiéniques
Ah les règles féminines… soulagement pour certaines, sentiment d’indifférence pour d’autres ou encore véritable calamité mensuelle, on a toutes un point commun pendant les périodes de ragnagnas… le besoin de protections !
D’ailleurs, vous êtes-vous déjà penché sur le sujet des protections menstruelles ? Car non, le monde des menstruations ne s’arrête pas aux tampons et aux serviettes jetables.
Au fil des années, et ce depuis la nuit des temps, plusieurs types de protections hygiéniques ont vu le jour. Des protections variées qui ont leurs avantages, mais aussi leurs inconvénients. Laissez-nous vous lister les protections hygiéniques les plus utilisées !
Comment bien choisir ses protections de règles ?
À cette question, il n’existe, en vérité, aucune bonne réponse.
On ne le dira jamais assez : chaque femme est unique et chaque cycle menstruel l’est aussi.
Mais si on devait à tout prix donner la définition de la parfaite protection menstruelle on pourrait dire qu’une bonne protection de règles est :
- Invisible : on ne la voit pas à travers nos vêtements (même en portant une petite robe moulante au nouvel an).
- Inodore : le sang des règles n’a pas d’odeur, ce qu’on sent, c’est le parfum mélangé au sang (#aucunintérêt).
- Confortable : parfaitement adaptée à notre intimité, on ne la ressent que très peu.
- Absorbante : aucune goutte ne lui résiste, même après plusieurs heures (parce qu’on mérite de porter nos sous-vêtements préférés durant nos règles).
Pour choisir la protection hygiénique parfaite en se basant sur ce qui existe sur le marché, il vous faudra peut-être essayer plusieurs sortes de protections. Toutes ne sont, en effet, pas optimales pour toutes les morphologies, activités et intensités du flux.
Tableau comparatif : toutes les sortes de protections pour les règles
| Fonctionnement | Avantages | Inconvénients | Budget | |
|---|---|---|---|---|
| Tampon |
Le tampon se place à l’intérieur du vagin. Placer un tampon peut se faire manuellement ou à l’aide d’un applicateur. Tout dépend de vos envies et de votre degré d’aisance avec le sang. Pour retirer le tampon, il suffit de tirer sur la ficelle qui dépasse de votre vagin, si ficelle il y a, ou de sortir directement le tampon avec vos doigts. |
Petit. Discret. Invisible. Idéal pour les activités sportives (ex : piscine). |
Changement régulier (toutes les 3 à 6h). Sa mise en place peut faire peur les premières fois. |
€ |
| Serviette hygiénique |
La serviette hygiénique jetable se colle dans le fond du sous-vêtement. La serviette hygiénique existe avec des ailettes – qui permettent de la maintenir en place – ou non. Pour enlever la serviette hygiénique, il suffit de la décoller, de la rouler et de l’emballer dans l’emballage de la nouvelle serviette que vous allez utiliser. |
Facile à utiliser. Existe en différents modèles pour s’adapter au flux. |
Peut occasionner des fuites, des odeurs. Pas pratique pour le sport. Peut se voir sous les vêtements plus moulants. |
€ |
| Serviette hygiénique lavable / réutilisable |
Les serviettes réutilisables se fixent au sous-vêtement grâce à des boutons pressions. Elles se détachent de la même manière et se plient sur elles-mêmes. |
Écologique (permet de ne plus acheter d’autres protections menstruelles). Facile à utiliser. Existe en différents modèles pour s’adapter au flux. Pas d’odeur. |
Pas pratique pour le sport. Peut se voir sous les vêtements moulants. Il faut avoir assez de serviettes hygiéniques lavables pour faire une tournante. La manipulation pour le lavage demande de poigner dans le sang. |
€€€* |
| Cup menstruelle |
La coupe menstruelle se place dans le vagin. En silicone, la cup se tord et puis se place de manière parfaitement étanche pour collecter le sang, sans l’absorber. La coupe menstruelle se retire en tirant sur la petite tige qui sort du vagin. Il faut ensuite la vider dans les toilettes et la rincer. |
Écologique (il ne vous faut qu’une seule cup menstruelle par cycle, la cup est réutilisable à l’infini). Discrète. Idéale pour toutes les activités du quotidien. Pratique (petite, se transporte partout sans prendre de place). Hypoallergénique. Existe en plusieurs tailles selon le flux. |
Règles d’hygiène très strictes : la cup doit être désinfectée et stérilisée à chaque cycle. Il est obligatoire de changer sa coupe menstruelle dans un endroit disposant d’un point d’eau. Il ne faut pas avoir peur de toucher son sang. |
€€* |
| Culotte menstruelle / culotte de règles | Avec une culotte menstruelle, plus besoin de sous-vêtements. En plus de vous protéger des règles et d’absorber le sang, la culotte de règles joue le rôle de culotte, string ou tanga. | Confortable comme un sous-vêtement. Pratique pour toutes les activités. Pas d’odeurs. Peut se porter 12h d’affilées. |
Il faut laver ses culottes menstruelles et toucher son sang. Il faut avoir assez de culottes de règles pour tenir tout son cycle. |
€€€* |
| Éponge menstruelle | L’éponge menstruelle est une éponge de mer. Elle se met dans le vagin. L’éponge de règles se retire comme elle se place. |
Réutilisable : l’éponge se change tous les 3 à 6 mois. N’assèche pas le vagin. Est naturelle. |
Pas très hygiénique : peut contenir des poussières et bactéries. Difficile à retirer, on touche son sang lors du retrait. |
€ |
* Si la cup menstruelle, la culotte de règles et les serviettes hygiéniques réutilisables sont plus chères à l’achat, il est essentiel de voir cet achat sur le long terme. Une fois achetées, vos protections réutilisables seront rentabilisées en une à deux années à peine étant donné qu’il ne vous faudra plus acheter aucune autre protection.
PEUT-ON NE PAS UTILISER DE PROTECTIONS DURANT SES RÈGLES ?
Le sang coule durant les règles, il est donc important de mettre des protections durant toute la durée de ses règles.
Cependant, sachez que certaines femmes pratiquent le flux instinctif libre. Cette méthode consiste à contrôler son flux menstruel soi-même. En connaissant son corps, il est possible de retenir ses règles jusqu’au moment d’aller aux toilettes, où les règles s’écoulent alors.
Le flux instinctif libre est une méthode ultra positive pour l’environnement et à 100% économique. Elle n’est toutefois pas facile à mettre en place et demande de l’entraînement, un périnée musclé et une connaissance approfondie de son cycle.
L’hygiène : un point crucial pendant les règles
Ce n’est pas parce que la protection hygiénique contient le mot « hygiène » qu’elle vous offre de la propreté. Pendant ses menstruations, il vous faudra veiller à une hygiène irréprochable de votre zone intime en suivant ces 3 étapes.
- Changer régulièrement sa protection hygiénique pour ne pas que celle-ci soit saturée et ne cause des infections.
- Changer de sous-vêtements tous les jours. Les sous-vêtements en coton sont le meilleur choix.
- Se laver la vulve (partie externe) de l’avant vers l’arrière en n’utilisant que de l’eau.
Quelle protection menstruelle pour faire l’amour pendant ses règles ?
Vous et votre conjoint souhaitez faire l’amour pendant vos règles ? C’est possible !
Après vous être faits tester pour les IST/MST, vous pourrez faire l’amour normalement. Néanmoins, pour éviter tout malaise ou dégâts sur vos draps, on vous conseille d’utiliser un préservatif et de placer de vieux draps sur votre lit.
Des cunnilingus sont possibles également : soit de manière traditionnelle si votre conjoint n’est pas dérangé par le sang, soit en plaçant un tampon ou une cup dans votre vagin avant les rapports sexuels.
À vous maintenant de tester les protections qui vous conviennent à vous, votre flux, votre budget et vos valeurs.
Sinon toi, c’est quoi ta protection menstruelle ?
Astrid Dourte
L’endométriose est une maladie gynécologique chronique inflammatoire qui touche 1 femme sur 10.
L’endométriose est une maladie liée à la présence de tissus, semblables à l’endomètre, en dehors de la cavité utérine. Elle peut toucher différents organes.
Si la maladie peut être asymptomatique, elle peut aussi provoquer de violentes douleurs et altérer la qualité de vie des femmes.
Endométriose
Tout savoir sur les règles féminines
Ragnagnas, menstruations, moment du mois, semaine Ketchup…
Bref, peu importe comment vous les appelez, les règles font entièrement partie de la vie des femmes !
Mais savez-vous à quoi servent-elles et quelles sont leurs caractéristiques ? On vous dit tout sur les règles dans cet article !
Mais les règles, en vrai, qu’est-ce que c’est ?
Les règles sont le nom donné à l’écoulement de sang qui se produit durant plusieurs jours par mois chez la femme.
Ce sang se crée lorsque des morceaux d’endomètre sont expulsés du vagin.
Un peu d’anatomie
L’endomètre est la muqueuse qui tapisse l’intérieur de l’utérus, à l’endroit où se développe la grossesse, où l’ovule fécondé se place.
Chaque mois – pour la plupart des femmes – l’endomètre est prêt à accueillir un ovule fécondé par un spermatozoïde, et ce, en vue de débuter une grossesse.
Cependant, lorsqu’il n’y a pas de fécondation, l’ovule meurt en 24h et l’endomètre se désagrège pour former le sang des règles.
C’est pour cela que, lorsqu’une femme est enceinte, il n’y a plus de règles durant le temps de sa grossesse. Ce sang et les morceaux d’endomètre s’écoulent à l’aide du myomètre, un muscle qui se situe sous l’endomètre et qui se contracte pour expulser les règles.
COMPOSITION DU SANG DES RÈGLES
Le sang des règles n’est pas toujours rouge, et c’est normal !
Sa couleur est en lien direct avec la quantité et l’épaisseur de sang qui s’écoule, ainsi que le moment des règles. En vérité, une femme perd 80 ml de sang durant ses règles, même si l’impression de cette perte peut être plus grande.
Le sang des menstruations est composé de :
- sang
- caillots de sang (c’est pour cela que le sang peut contenir des “morceaux”)
- cellules mortes
- sueur
- cyprine
- pertes blanches

QUAND DÉBUTENT LES RÈGLES D’UNE FEMME ?
Chez la femme, les règles débutent à la puberté et apparaissent tous les mois jusqu’à la ménopause.
On parle de l’âge moyen de 12 ans pour les premières règles. Bien évidemment, certaines femmes auront leurs règles plus tôt, et d’autres plus tard, il n’y a pas à s’inquiéter si cela est votre cas.
Comment savoir quand une jeune fille aura ses premières règles et comment se préparer à ce changement ?
Il n’existe aucune formule magique pour déterminer quand, précisément, arrivera le jour des premières règles d’une jeune fille. Cependant, quelques indices et symptômes peuvent vous mettre sur la voie.
- L’apparition des premiers effets de la puberté : poils, transpiration, pertes blanches, poitrine et corps qui se développent sont des signes de la puberté.
Les règles apparaîtront dans les mois ou années à venir, dans la logique des choses.
- L’âge auquel les femmes ont eu leurs premières règles dans la famille : il n’est pas rare d’avoir ses premières règles à un âge similaire aux autres femmes de sa famille.
Se renseigner sur l’âge des premières règles de votre sœur, maman ou grand-mère peut constituer une bonne approximation.
Prenez ces deux points avec des pincettes, il n’existe pas réellement de normalité, puisque chaque femme est unique.
Certaines jeunes filles peuvent avoir des symptômes durant quelques années avant d’avoir leurs premières règles et inversement.
Mieux vaut toujours préparer une jeune fille dès l’âge de 9 ans ou 10 ans à ce que ses premières règles arrivent, pour éviter qu’elle soit dépourvue d’informations ou de protections le moment venu.
Le mieux est de parler à une jeune fille des règles sans tabou, de manière libre afin que cette étape ne soit pas vue comme un moment de panique.
Toutes les femmes ont leurs règles, alors pourquoi devrions-nous éviter de parler de ce sujet ? Proposez à la jeune fille de placer dans son sac une protection pour être équipée si les menstruations débarquent loin de la maison.
LES RÈGLES SONT NATURELLES, MÊME LA REINE A SES RÈGLES !
Lorsque les jeunes filles pensent à leurs premières règles, il est fréquent que celles-ci s’imaginent une énorme tache de sang qui apparaît sur leurs vêtements.
En réalité, dans la plupart des cas, une tache peut survenir, mais il faut déjà un petit temps avant qu’elle ne se voie. Et même si c’est le cas, cela peut arriver à n’importe quelle femme, à n’importe quel moment (à une femme déjà réglée depuis des années, ou non), il ne faut donc pas en avoir honte.
De plus, hormis dans certains cas où les règles peuvent être réellement handicapantes, il existe aujourd’hui une multitude de solutions pour vivre sa vie « normalement » quand on a ses règles. Aller à la piscine, avoir des rapports sexuels, pratiquer du sport ne sont donc pas à laisser aux oubliettes pendant la période de règles.
Symptômes des règles féminines
Qu’il s’agisse des premières menstruations ou non, les symptômes des règles sont similaires et variés. Certaines femmes n’ont d’ailleurs aucun symptôme, tandis que d’autres les développent tous en même temps #viedefemme.
Voici une liste non exhaustive des symptômes les plus courants avant et pendant les règles :
- Douleurs dans le bas du ventre
- Douleurs dans le bas du dos
- Fatigue
- Humeur changeante, qu’on appelle également SPM (syndrome pré-menstruel)
- Douleurs à la poitrine
- Boutons locaux ou acné
- Ventre ballonné, constipation ou diarrhée
- Migraines
Pourquoi les menstruations peuvent-elles faire mal ?
Ce qui provoque généralement les maux durant les règles sont les douleurs pelviennes et les hormones.
- Comme mentionné plus haut dans cet article, le sang est éjecté par des contractions du muscle myomètre. Ces contractions provoquent les douleurs au dos et au ventre.
- En ce qui concerne les maux de tête, les nausées et les boutons, il s’agit des variations du taux d’hormones dans le corps.
- Pour la fatigue et le manque d’énergie, le sang perdu contient des globules rouges, du fer et de l’oxygène, ce qui provoque une carence et donc, une fatigue accrue.
Toutes ces douleurs ne sont pas systématiques, elles varient d’un cycle à l’autre. Pour les soulager, on conseille la pratique d’une activité sportive, du repos, de la chaleur et une alimentation équilibrée.
Chaque femme se constituera cependant sa propre boite à outils pour se soulager, comme pour les femmes atteintes d’endométriose.
Si ces douleurs sont trop intenses ou vous empêchent de vivre “normalement”, il sera indispensable de se rendre chez un gynécologue pour analyser le problème et trouver la solution adéquate.
Durée des règles et durée du cycle menstruel
Quand on parle de règles, on parle en général d’un cycle de 28 jours avec 5 jours de menstruations. Ces chiffres ne sont qu’un indice.
De nombreuses femmes ont un cycle menstruel et une durée des règles plus courts ou plus longs. Pour connaître la durée de son cycle menstruel et de ses règles, le mieux est de noter le premier jour des règles et le dernier jour dans un agenda.
Réalisez cette opération de mois en mois pour pouvoir calculer facilement la durée de votre cycle menstruel.
Bon à savoir : des applications comme Clue ou MyCalendar, calculent pour vous ces durées. Il vous suffit d’entrer certaines informations sur l’appli pour obtenir un calendrier précis de votre cycle menstruel, de votre période féconde…
PEUT-ON TOMBER ENCEINTE LORSQUE L’ON A SES RÈGLES ?
Une question fréquente. Ce n’est pas parce qu’une femme est réglée qu’elle ne peut pas tomber enceinte pendant cette période de règles. L’ovulation se produit normalement avant les règles, mais étant donné que chaque cycle est unique, il est essentiel de garder une contraception durant la période de règles, s’il n’y a pas de désir de grossesse.
Et le cycle menstruel dans tout ça, c’est quoi ?
Qui dit règles, dit cycle menstruel ! Le cycle menstruel définit le cycle de la femme, de ses règles à sa période féconde, en passant par le jour d’ovulation. Il permet en fait de savoir à quel moment du mois vont arriver les règles et à quel moment du mois la femme peut être enceinte. Le cycle menstruel fera l’objet d’un autre article, mais, en résumé :
- Le cycle menstruel débute le premier jour des règles et se termine le jour qui précède l’arrivée des prochaines menstruations.
- Le jour de l’ovulation se situe 14 jours avant la fin du cycle menstruel.
- La femme est féconde 5 jours par mois
Les règles, une sacrée aventure, non ?
Astrid Dourte
L’endométriose est une maladie gynécologique chronique inflammatoire qui touche 1 femme sur 10.
L’endométriose est une maladie liée à la présence de tissus, semblables à l’endomètre, en dehors de la cavité utérine. Elle peut toucher différents organes.
Si la maladie peut être asymptomatique, elle peut aussi provoquer de violentes douleurs et altérer la qualité de vie des femmes.
Endométriose
Camille, l’endométriose et la condition féminine
Les douleurs d’endométriose… on peut grandir et se construire avec elles. Elles peuvent nous faire changer notre regard sur notre mode de vie, notre épanouissement, notre sexualité. Elles peuvent aussi nous faire peur et souvent on essaye de les faire taire. Mais si elles sont là, c’est pour nous envoyer un signe. Un message pour nous prévenir que quelque chose ne va pas. Les douleurs ne sont jamais dans la tête.
Camille revient sur ses douleurs, ses examens médicaux désastreux, son diagnostic d’endométriose, son analyse et ses réflexions autour de la construction de soi, du féminisme et du patriarcat.
Lorsque l’on vit dans la douleur comme je l’ai été, on est prête à tout pour s’anesthésier. Acheter une poupée vaudou, avaler des plaquettes entières de médicaments, mélanger tous les compléments alimentaires possible, …
Le pire dans tout cela, c’est que l’on doit faire semblant que tout va bien.
A 13 ans, j’ai eu mes premières règles. Je m’en souviens très bien, cela avait été si douloureux que je n’avais pas pu me rendre à l’école les premiers jours.
Ma mère m’a alors annoncé que c’était normal : « Nous sommes des femmes, nous avons nos règles, cela fait mal et c’est normal. »
Très tôt, j’ai compris que la société avait incombé aux femmes la mission d’apprendre à sourire et à garder la face malgré les douleurs.
Les premières douleurs urinaires
Vers 17 ans, j’ai commencé à avoir des problèmes urinaires. J’avais ce que mon médecin appelait des cystites chroniques.
Je suis passée par une série d’examens médicaux mais personne ne trouvait la raison de mes maux. J’avais des douleurs qui ressemblaient à des cystites sans que cela en soit réellement. J’ai bu des litres de jus de Cranberry, pris des monuril ou de la Furadentine sans rien trouver pour me soulager sur le long terme.
Mes règles, mes rapports sexuels étaient douloureux et depuis mon adolescence j’avais accepté le fait que cela était normal et tabou. J’étais une femme après tout. J’étais faite pour supporter cela.
SE CONSTRUIRE EN TANT QUE FEMME
Les douleurs et les tabous entourant les règles, les douleurs, la sexualité, cela est invalidant, surtout lors de sa construction en tant que femme.
A 17 ans, on ne se connait pas, on ne sait pas ce qu’on aime, on ne connait pas son corps, on connait si peu.
Mes douleurs m’ont complexé. Il m’a fallu des années pour accepter cela.
Assez rapidement, j’ai eu du mal à comprendre pourquoi le sexe était si douloureux.
Mais à cet âge-là, même entre amies, on en parle pas ou peu. En grandissant, j’ai réalisé que tout le monde y trouvait son compte, son plaisir. Alors, je me devais de trouver le mien.Avec le temps, on évolue, on grandit, on murit et si on est ouvert, on réfléchit une sexualité différente faites de caresses et de douceurs. Ça s’est fait naturellement mais cela a mis du temps.
Les hommes ne sont pas toujours compréhensifs et participent aussi à ce manque d’épanouissement. Certains te diront que tu es frigide mais en fait : « non, mec, j’ai mal et tu t’y prends mal. »
C’est généralement minime et j’ai eu la chance d’avoir majoritairement des partenaires doux et compréhensifs.
Des examens gynécologiques décevants
La première fois que je me suis rendue chez une gynécologue, vers 17 ans, je lui expliqué mes douleurs. J’espérais trouver une explication, une solution. Et ce fut tout le contraire, elle m’a dit que tout cela était dans ma tête et que je devais consulter un psychologue.
Il m’a fallu plusieurs années avant de pouvoir retourner chez un gynécologue. Mes douleurs étaient réelles et j’étais choquée que l’on me dise que cela était dans ma tête.
Les autres professionnels n’étaient guère plus encourageants. Un médecin réputé m’a annoncé que mon corps n’était pas encore formé. Pour un autre, mes douleurs seraient dues à mon utérus rétroversé.
À force de s’entendre dire par des professionnels de la santé que l’on est folle ou que l’on a rien, on a plus envie de chercher.
Je me suis convaincue que j’étais douillette et que je devais vivre comme ça.
Le déclic a eu lieu lorsque je me suis cassée le poignet l’année passée en 2020. J’avais mes règles au même moment et les crampes provenant de mes règles me faisaient beaucoup plus souffrir que mon poignet fraichement cassé.
Là je me suis dit que quelque chose n’allait pas.
J’avais cessé de prendre un contraceptif durant près de 5 ans. C’est là que le véritable enfer a commencé. Les douleurs étaient devenues plus régulières et diffuses. Les symptômes pouvaient parfois durer entre 10 et 20 jours par mois.
Après mes nombreuses déceptions auprès du corps médical, je me suis mise à faire des recherches de mon côté. J’ai alors entendu parler de l’endométriose.
J’ai lu des témoignages sur des forums et je me suis retrouvée dans ces écrits.
Les douleurs pendant les règles, les douleurs à la miction, les douleurs abdominales et pelviennes, les douleurs dans les jambes, le sang dans les selle. C’était mon quotidien.
Est-ce que je consulte ou pas ?
Au début, j’ai fait l’autruche.
Il me faudra 1 an pour retourner à une consultation, j’avais peur de m’entendre dire que c’était normal, une fois de plus.
Poussée par mon compagnon, je me décide à prendre rendez-vous chez une gynécologue de mon petit village dans lequel je viens d’emménager.
Elle a directement suspecté l’endométriose. Elle m’a assuré que mes douleurs étaient réelles et que ce n’était pas normal de souffrir comme ça. C’était en mars 2021.A ce moment-là, je suis éprise d’un sentiment de soulagement et de colère intense. Je me questionne. J’ai consulté, j’ai demandé, j’ai vu des personnes censées être qualifiées et pas un médecin ne s’est dit : OK elle a vraiment mal et il faut investiguer.
J’étais aussi fâchée sur moi-même. Pendant un temps, j’ai laissé aller, j’ai accepté mes douleurs et j’ai décidé de vivre avec. J’aurais pu arrêter cela plus tôt si je n’avais pas abandonné, si je n’avais pas cessé d’écouter mon corps.
L’ESCALADE DE LA DOULEUR
Ma gynécologue m’a proposé de me remettre un contraceptif et nous avons opté pour un stérilet hormonal. Ce fut une catastrophe. J’ai commencé à avoir des douleurs atroces. J’ai mordu sur ma chique mais les choses ne sont pas arrangées.
Ma gynécologue ne sachant plus quoi faire, a reconnu ses limites et m’a envoyé consulter un spécialiste à Erasme.
Un kyste volumineux était apparu contre ma vessie. Le stérilet a fait exploser l’inflammation. Le spécialiste me parle d’opération, j’essaye de reporter au maximum. Il m’explique alors les complications rénales ou unitaires graves si je traine.
Je fonds en larme. Je comprends que c’est grave.
Le diagnostic d’endométriose : entre délivrance et remise en question
L’annonce du diagnostic et l’opération, c’est un soulagement.
C’est une petite victoire sur tous ces gens, ces collègues, ces médecins, … qui m’ont dit que c’était dans ma tête.
Car cette boule dans ma tête existait bel et bien. Elle faisait 7 cm et se trouvait à côté de ma vessie (sans parler des autres lésions qui avait envahi mon corps.)
Mais c’est aussi une claque, une prise de conscience.
Je me rends compte que cela va me suivre toute ma vie, je devrais faire attention à beaucoup de choses et m’écouter beaucoup plus. Pourtant, je culpabilise toujours quand mon corps ne suit plus.
LA THÉORIE DE L’AUTRUCHE
A un moment, face à ces douleurs, on fait ce que j’ai nommé la théorie de l’autruche. On le fait parce qu’on veut vivre pleinement, on veut être en bonne santé.
Je n’ai pas 30 ans et je me retrouve face à cette claque qui me dit clairement que je vais devoir ralentir.
Je pense que la peur joue aussi un rôle dans cette théorie de l’autruche. On appréhende le si, « et si on trouve quelque chose », que va-t-il se passer ?
A partir du moment, où l’on pose un diagnostic, que l’on met un mot sur tes maux, ça devient réel.
Tant que est dans l’ignorance, on peut forcer le corps à suivre, à survivre et on se force à ne pas écouter les signes. On avance ou dans mon cas, on court.
Mais une fois que la sentence tombe, vient le temps de la remise en question : « qu’est-ce que l’on va devenir ? Comment cela va-t-il évoluer ? Que vais-je être encore capable de faire dans 10, 20 ou 30 ans ?»
Parce qu’on a un mot, endométriose. Mais qu’est-ce qu’on a derrière ? Rien. Pas de traitement, pas de solution à long terme. Tout est flou.
Ce que l’on nous propose, ce sont des hormones ou des passages sur le billard.
Dans un autre monde, si l’endométriose avait été une maladie d’homme, on l’aurait déjà notre opération ou médicament miracle.
Mais non, c’est une maladie de femme etc’est inscrit dans l’imaginaire collectif que l’on doit souffrir, que l’on doit supporter et surtout se taire et sourire.
La suite logique. Dieu n’a-t-il pas dit à Eve : « tu auras tes règles chaque mois et tu enfanteras dans la douleur ? »
Aujourd’hui, j’en parle aussi pour cette raison, parce qu’en parler, c’est libérateur pour moi et ça peut faire évoluer les choses pour d’autres qui sont toujours dans l’inconnu. Car nous sommes une femme sur dix.
C.Desonay
L’endométriose est une maladie gynécologique chronique inflammatoire qui touche 1 femme sur 10.
L’endométriose est une maladie liée à la présence de tissus, semblables à l’endomètre, en dehors de la cavité utérine. Elle peut toucher différents organes.
Si la maladie peut être asymptomatique, elle peut aussi provoquer de violentes douleurs et altérer la qualité de vie des femmes.
Endométriose
Mary-Eve, l’endométriose : une atteinte à la féminité
Vivre. Je désirais plus que tout vivre une vie sans douleurs. M’épanouir en tant que femme.Devenir une femme « normale » pas une femme malade en constante souffrance qui ne pouvait donner la vie mais ne pouvait vivre pleinement la sienne.
L’endométriose, j’ai grandi et évolué avec elle, me mettant des bâtons dans les roues à chaque étape.
Aujourd’hui, j’ai 44 ans et je me remercie d’avoir été aussi forte, d’avoir enduré et surmonté une vie de douleurs. Je n’ai plus d’utérus depuis 3 ans et cela m’a littéralement redonné la vie.Voici mon histoire à travers les épreuves, les échecs, l’endométriose et ma délivrance en tant que femme.
Une adolescence en douleurs
Jeune adolescente, je souffrais de maux indéfinissables. Avant mes règles, je vivais des crises de douleurs qui me provoquaient des sueurs froides, je pouvais perdre l’ouïe et faire des malaises. Les douleurs étaient si fortes que je devais sortir de la classe.
Je vivais alors dans un internat de frères et le corps enseignant de l’école était, à l’époque, principalement masculin.
Lorsque l’on a 15 ans, il est difficile de parler de ses problèmes féminins.
Lorsque des crises survenaient pendant les cours, je simulais le besoin d’aller aux toilettes pour pouvoir sortir de la classe. Cela était très régulier.
A l’internat comme à l’école, il y avait une vraie écoute et une attention envers les élèves. Mes éducatrices et le directeur ont assisté à ces épisodes et ont fini, je suppose, par contacter mes parents en insistant sur le fait que les douleurs étaient fortes et récurrentes. Ma maman, qui était au courant de mes douleurs, a alors précipité mon premier rendez-vous gynécologique.
UN PREMIER RENDEZ-VOUS GYNÉCOLOGIQUE DÉSTABILISANT
En expliquant mes symptômes, le gynécologue m’a d’abord envoyé faire un examen. Avant même une première prise de contact ou une explication, j’ai subi un examen qui comprenait une sonde vaginale et une sonde anale.
Je n’avais jamais eu de rapport sexuel, c’était mon premier rendez-vous gynécologique, personne ne m’a prévenue, préparée ou expliqué. Je pense que ma maman n’était même pas au courant. Cet examen m’a choquée et complétement déstabilisée.
Au retour, nous avons été voir le gynécologue pour entendre les résultats.
Sans même poser un regard sur moi, il a regardé ma mère dans les yeux et lui a prononcé ces mots : « votre fille doit être plus douillette que les autres. Voilà. »
Cette phrase a longtemps résonné en moi. Je devais vivre avec cette douleur, la gérer, prendre sur moi. C’était « normal ».
Ce gynécologue m’a tout de même prescrit la pilule pour que mes règles soient plus régulières et moins abondantes. Je pense que cela m’a procuré un petit soulagement. Mais ça n’a pas duré.
L’escalade de la douleur
Après mes secondaires, j’ai décidé de choisir une filière artistique. Nous avions peu de cours théoriques, ce qui me permettait de mieux gérer mes crises.
Avec le temps j’avais appris à vivre avec. Je savais à quoi m’attendre et comment cela se déroulait. Je consommais en grande quantité des dafalgans, des perdofeminas et autres antidouleurs. Je mettais des bouteilles d’eau chaude sur mon ventre. Je dormais beaucoup car les crises de douleurs étaient si intenses, qu’elles me laissaient souvent K.O.
Les années ont passé et j’ai entamé la vie active et le travail. A ce moment-là, j’ai une vingtaine d’années et les douleurs ont atteint un palier supplémentaire. Mes crises me provoquaient des sueurs froides, des vertiges.
Je devais régulièrement prendre des jours de congés car les douleurs m’empêchaient de travailler.
Le diagnostic de l’endométriose et les tentatives de grossesse
Un jour de crise, je me suis effondrée. Je suis tombée dans les pommes dans les toilettes de mon travail. Lorsque j’ai repris conscience, j’ai appelé en aide une collègue et amie (Sandrine).
Ce jour-là, j’ai tout lâché. Moi, qui avais tout gardé en moi pendant tant d’années, je lui ai raconté mon histoire, mes douleurs et mes crises.
Cette amie m’a écoutée et m’a expliqué que ce n’était pas normal de souffrir autant. Je tombais des nues. Toute ma vie, on m’avait dit que je devais faire avec.
Elle m’a alors conseillé un gynécologue spécialisé en PMA en me disant qu’il pourrait m’aider.
Arrivée au rendez-vous, je suis revenue sur mes symptômes et mes douleurs insoutenables. Le Dr m’explique alors très rapidement qu’il pense à une endométriose. Mais que pour me soigner, il doit aller voir ce qu’il se passe. J’ai accepté et j’ai subi ma première laparoscopie.
Le diagnostic était bien là, j’étais bourrée d’endométriose et j’avais des fibromes. A ce moment-là, je projetais d’avoir un enfant. Alors le médecin avait tout enlevé et nettoyé pour réduire mes douleurs et m’offrir toutes les chances de tomber enceinte.
Après un premier échec, la vie continue, on réessaye. Cela ne fonctionne pas, on réessaye encore. On n’y arrive pas. C’était très difficile.
Au fond de moi, j’ai toujours su qu’avoir des enfants serait très difficile. Je ne sais pas pourquoi, c’était une intuition.
Pour moi, le bas ventre devait être synonyme de joie, de gaieté, de beauté. Les bébés y évoluent, grandissent et se forment dans ce lieu.
Cela devait être beau et simple.
Je savais au plus profond de moi que quelque chose n’allait pas. Cette zone ne devait pas être synonyme de tant de souffrance.
Ce pressentiment, je l’avais en moi et j’ai eu raison.
Après cette expérience difficile, j’ai décidé d’arrêter ma contraception. Je ne désirais plus avoir de relation de couple. Mon gynécologue n’était pas en accord avec cette décision, mais la douleur était présente au quotidien malgré les opérations et les traitements. C’était ma décision. Je souhaitais laisser mon corps gérer sans traitements chimiques ou modifications hormonales, lui laisser du répit.
J’ai finalement rencontré quelqu’un. Il voulait fonder une famille, alors j’ai décidé de retenter l’aventure. Mais l’histoire s’est répétée. Opération, traitements, rien n’a fonctionné.
Une nouvelle fois, une histoire de cœur tombait à l’eau. Si l’endométriose n’est pas responsable de cet échec, la maladie pollue les relations à l’autre.
L’hystérectomie, la délivrance
Je ne comptais plus les opérations, les douleurs et les fibromes que je produisais.
Les symptômes ne faisaient qu’empirer. Les saignements devenaient de plus en plus abondants et ingérables. Ma vessie se battait pour prendre la place qui lui restait.
J’en avais marre, marre de mon état, de ne pas me sentir comme les autres femmes, de devoir m’expliquer sans cesse sur le pourquoi de mes nombreuses opérations, les absences, le fait de ne pas avoir d’enfants,…
Les gens sont souvent maladroits. Toujours devoir s’expliquer est épuisant, cela finit par peser sur le moral.
Ma vie, mes tentatives échouées et mes échecs de couples, tout cela je n’en voulais plus. J’avais envie de vivre, de vivre pour moi.
J’ai passé une trop grande partie de ma vie à lutter, lutter contre la douleur, lutter pour avoir des relations de couple normales, lutter pour satisfaire un compagnon qui ne comprend pas toujours, lutter pour avoir un enfant,…. je ne voulais plus de tout ça. Je souhaitais pouvoir m’épanouir dans une vie normale ou du moins une vie sans douleurs.
J’ai fini par dire STOP. J’ai expliqué ma situation à mon gynécologue et je lui ai parlé de l’hystérectomie. J’étais presque gênée de poser la question car un gynécologue est là pour donner la vie. A cet instant, j’ai senti un soulagement en lui aussi. Il m’a dit : « c’est vrai, votre utérus est vraiment malade ».
UN NOUVEAU DÉPART
Cette hystérectomie m’a sauvé la vie.
Elle m’a permis de retrouver une vie de femme « comme les autres ». J’avais toujours l’impression d’être une femme en souffrance. Une femme devant cacher ses douleurs et les assumer, devant les gérer dans l’ombre et en silence, souffrant lors des rapports sexuels, lors des règles, souffrant d’échouer à fonder une famille, souffrant…
Aujourd’hui, je n’ai plus à cacher tout ça, à me justifier ou à m’expliquer. Les douleurs ont disparu. Je me sens tellement délivrée.
Aujourd’hui, je m’assume bien plus en tant que femme qu’auparavant.
C.Desonay
L’endométriose est une maladie gynécologique chronique inflammatoire qui touche 1 femme sur 10.
L’endométriose est une maladie liée à la présence de tissus, semblables à l’endomètre, en dehors de la cavité utérine. Elle peut toucher différents organes.
Si la maladie peut être asymptomatique, elle peut aussi provoquer de violentes douleurs et altérer la qualité de vie des femmes.
Endométriose
Diététique : le rôle de l’alimentation dans la prise en charge de l’endométriose
L’alimentation représente un facteur clé dans l’endométriose. Si elle peut aggraver les symptômes de la maladie, elle peut aussi aider à soulager le quotidien des femmes. Une piste à explorer pour améliorer sa santé et apprendre à mieux vivre avec l’endométriose.
Dans ce contexte, Chroniques de l’endométriose est parti à la rencontre de Mandy Rauw, diététicienne. Une interview qui revient sur l’importance d’adopter une alimentation saine et équilibrée mais également sur le rôle de l’alimentation anti-inflammatoire dans le cas de l’endométriose.
Quel est le rôle de l’alimentation dans la santé ?
L’alimentation, c’est la clé de tout.
Une mauvaise alimentation peut favoriser la survenue de certains problèmes de santé comme le diabète, des maladies cardio-vasculaire, des cancers, … Rééquilibrer son alimentation aide à prévenir de nombreuses maladies.
Au fil du temps, l’alimentation a évolué vers des produits industriels et transformés. En effet, nous consommons trop de graisses animales, de produits industriels, de produits transformés, … Et cela fini par nuire à notre santé.
L’endométriose et l’alimentation anti-inflammatoire
QUEL RÔLE TIENT L’ALIMENTATION ANTI-INFLAMMATOIRE DANS LA PRISE EN CHARGE DE L’ENDOMÉTRIOSE ?
L’endométriose est une maladie inflammatoire. La présence des lésions et leur saignement au cours du cycle menstruel vont provoquer un état général inflammatoire dans le corps. Un état qui va induire des irritations des organes et donc des douleurs.
Dans le cas de l’endométriose, il n’existe aucun traitement. Mais une prise en charge pluridisciplinaire peut aider les femmes à mieux vivre au jour le jour.
La diététique et la nutrithérapie vont jouer un rôle majeur dans la prise en charge de l’endométriose.
En effet, l’alimentation peut être un facteur aggravant des symptômes de l’endométriose et de son développement. En corrigeant l’alimentation, on peut réduire le taux inflammatoire présent dans le corps, ainsi les douleurs diminuent et le développement de la maladie se freine.
L’alimentation dite anti-inflammatoire sera donc une piste conseillée pour les femmes atteintes d’endométriose.
QU’EST-CE QUE L’ALIMENTATION ANTI-INFLAMMATOIRE ?
L’alimentation anti-inflammatoire repose avant tout sur un retour à un mode d’alimentation plus sain, plus local et moins transformé. C’est une alimentation de type méditerranéenne.
Celle-ci est basée sur les fruits, les légumes, les légumineuses, les poissons, la réduction de sucre,…. Plus qu’une alimentation anti-inflammatoire, c’est une alimentation bonne santé que l’on pourrait tous adopter.
Il est important d’essayer de se concentrer davantage sur des produits bruts comme des pates complètes, du riz complet, mais également de privilégier une alimentation bio pour éviter les pesticides et les perturbateurs endocriniens.
C’est un peu un retour aux bases, un retour aux sources.
Une alimentation contre l’endométriose
QUELS SONT LES BONS GESTES À ADOPTER CONTRE L’ENDOMÉTRIOSE ?
Avant de rentrer dans les détails de l’alimentation anti-inflammatoire, il est important de rappeler que ce qui fonctionnera pour l’une ne fonctionnera peut-être pas pour l’autre.
Au début du changement d’alimentation, il sera intéressant de fonctionner à l’essai-erreur pour détecter les aliments qui nous font du bien et ceux qui nous font du mal. L’objectif est de trouver l’alimentation qui permet de nous épanouir.
L’alimentation est un plaisir et cela doit le rester.
Quels sont les aliments à éviter lorsque l’on est atteinte d’endométriose ?
D’une manière générale, il convient de limiter les aliments pro-inflammatoires (favorisant l’inflammation de l’organisme). Les réduire permettra au corps de conserver un taux bas d’inflammation et ainsi de mieux gérer les jours d’excès comme les jours de fêtes.
En voici quelques exemples :
- la viande rouge et les charcuteries
- les produits laitiers : il est préférable de choisir des produits laitiers maigres afin de limiter les acides gras saturés et l’exposition aux perturbateurs endocriniens (principalement présents dans la partie grasse des produits laitiers.) D’une manière générale, les produits laitiers sont à limiter selon la tolérance de chacun, si ils induisent des douleurs alors, mieux vaut les éviter.
- les acides gras saturés : le beurre, les graisses animales, l’huile de palme, les pâtisseries, les plats préparés,…
- les acides gras trans : les préparations industrielles, les margarines, les pates feuilletées,…
- le sucre, les boissons et aliments sucrés.
- les fritures et autres aliments agressés par la chaleur : il est préférable d’éviter la cuisson à la poêle et au four (problématique de la réaction de maillard.)
- les céréales contenant du gluten selon les sensibilités de chacune
- les produits raffinés : les produits à base de farines raffinées comme le pain blanc, le riz blanc, les biscuits,…
- le café
- l’alcool
- …
Un pas de plus…
DOIT-ON ÉVITER LE GLUTEN ?
Si il n’y a pas d’intolérance au gluten (nommée la maladie cœliaque), cela ne veut pas dire qu’une alimentation sans gluten soit inutile. En fonction de la tolérance de chacune, un régime sans gluten peut être bénéfique pour la réduction des douleurs. Il peut être mis en place si il n’y a pas d’amélioration après un rééquilibrage alimentaire.
COMMENT FAIRE POUR ÉVITER LA CONSOMMATION DE PERTURBATEURS ENDOCRINIENS ?
Selon la définition de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) de 2002, les perturbateurs endocriniens représentent une substance chimique ou un mélange de substances chimiques non produit(e) par le corps humain qui perturbe le fonctionnement de nos hormones et a un effet néfaste sur la santé de l’organisme exposé ou de la (des) génération(s) suivante(s).
Les perturbateurs endocriniens à éviter sont ceux qui miment les oestrogènes, favorisant le développement de l’endométriose (PCB, dioxine, bisphénol A, phtalates, PFOA, pesticides). Pour diminuer l’exposition aux PE, il faut non seulement réduire l’utilisation de plastiques mais également la consommation de graisses animales.
Voici les gestes à adopter :
- Réduire l’apport en graisse animale : produits laitiers, beurre, viande, charcuterie, les gros poissons prédateurs (thon, espadon, requin). Il est préférable de se tourner vers des viandes, charcuteries et produits laitiers plus maigres ainsi que vers des poissons de plus petites tailles.
- Éviter : les emballages plastiques, le film alimentaire, les conserves, les canettes.
- Ne pas chauffer le plastique (ex: micro-ondes) mais privilégier un contenant en verre.
- Jeter un œil aux étiquettes des emballages, il est possible de repérer le Bisphénol A et/ou phtalates à l’aide du symbole (le triangle de l’emballage avec un 7). Si les chiffres 3 – 6 ou 7 sont mentionnés, c’est que le produit/ emballage en contient.
- Éviter les ustensiles de cuisine en Téflon®.
- Privilégier le zéro déchet, le vrac, le local et le bio (pour éviter les pesticides). Une vigilance quant aux PE peut participer à l’amélioration de votre bien-être.
- Il est essentiel de revenir au produit le plus brut que l’on peut trouver dans la nature.
ET DANS LES CAS OU L’ALIMENTATION ANTI-INFLAMMATOIRE NE FONCTIONNE PAS ?
un régime pauvre en FODMAP peut être mis en place. L’acronyme FODMAP est pour : Fermentiscibles Oligo-Di-Mono-saccharides And(et) Polyols. Un régime pauvre en FODMAP est un régime permettant de réduire les troubles digestifs en évitant les aliments contenant certains glucides qui sont mal absorbés et fermentent au niveau du côlon.
Les aliments sources de FODMAP sont retirés de l’alimentation puis progressivement réintroduits, un par un, selon la tolérance de chacune. C’est un régime stricte mais qui n’est pas durable. Il permet de repérer les aliments pouvant favoriser les douleurs.
TROUVER L’ÉQUILIBRE
POUR FINIR, JE DIRAIS QU’IL EST IMPORTANT DE TROUVER UN ÉQUILIBRE. IL EST ESSENTIEL DE RESPECTER UNE BALANCE ENTRE CE QUI NOUS FAIT DU BIEN ET CE QUI NOUS FAIT PLAISIR.
C.Desonay
Et à l’inverse, quels sont les aliments à privilégier ?
On va se concentrer sur tous les aliments qui vont apporter des bonnes choses au corps et participer à une bonne santé.
On peut retrouver :
- Les fruits
- Les légumes
- les légumineuses : les pois chiches, les fèves, les lentilles,…
- Les oméga 3, des lipides que l’on retrouve dans le monde animal : les œufs Colombus EPA et DHA, les poissons gras, et végétal : l’huile de colza, de noix, de lin, les graines de Chia,…
- les aliments riches en magnésium : les eaux minérales, les oléagineux, les céréales complètes,…
- les aliments riches en polyphénols : les fruits, les légumes, le thé vert, l’huile d’olive de première pression à froid, le vin rouge, le chocolat noir,…
- les crucifères : toutes les variétés de choux mais également les radis, les navets, le cresson, la roquette, le raifort, la moutarde, le colza,…
- les épices : le curcuma, le gingembre, l’ail, l’oignon, les herbes,…
- le pain de seigle, le pain de petit épeautre, le pain au levain
- les modes de cuisson à la vapeur, à l’eau, à l’étouffée, en papillotes sont à préférer
- …
Bien sur, tout doit rester dans l’équilibre et la limite du raisonnable.
L’endométriose est une maladie gynécologique chronique inflammatoire qui touche 1 femme sur 10.
L’endométriose est une maladie liée à la présence de tissus, semblables à l’endomètre, en dehors de la cavité utérine. Elle peut toucher différents organes.
Si la maladie peut être asymptomatique, elle peut aussi provoquer de violentes douleurs et altérer la qualité de vie des femmes.
Endométriose
Premier rendez-vous chez le gynécologue : comment se préparer au mieux ?
Le contact physique, les questions sur le corps, l’intimité, la sexualité, la position, la peur des petites odeurs,… il existe mille et une raison d’appréhender un rendez-vous chez le gynécologue. Beaucoup de femmes redoutent ce moment que ce soit pour la première fois comme pour une visite de routine.
Parce que le flou qui entoure cette visite gynécologique entretient le mystère, voici toutes les informations à connaitre sur la consultation gynécologique. Mieux informée et préparée et vous vous rendez à votre visite plus sereinement.
Un premier rendez-vous chez le gynécologue : une étape importante
Dans la vie d’une femme, la première visite gynécologique représente une étape essentielle. Un rendez-vous médical qui n’est pas toujours simple à préparer. Appréhension, peur, questions, de multiples émotions peuvent se mélanger avant la rencontre avec le gynécologue.
La première visite représente le point de départ de la relation que les femmes pourront tisser avec l’univers de la gynécologie. Un lien qui doit se créer par la confiance accordée entre le médecin et sa patiente. Si les visites peuvent bien se dérouler, ce ne sera pas forcément le cas pour toutes les femmes. Il est important de pouvoir se sentir écoutée, comprise et de changer de gynécologue, lorsque la confiance n’est pas présente.
Parcourons les différentes étapes d’une visite chez un gynécologue pour aborder ce rendez-vous sereinement.
Pourquoi un gynécologue ?
Un gynécologue est un médecin spécialiste de l’appareil génital féminin et de son organisme. Il peut traiter de multiples sujets à différentes étapes de la vie des femmes.
Ainsi, le gynécologue sera présent pour vous aider à travers l’évolution du corps, la sexualité, la contraception, les maladies, la grossesse, l’accouchement et la ménopause. Le gynécologue s’assure de votre bonne santé et il est présent pour répondre à toutes vos questions à chaque âge de la vie.
UN GYNÉCOLOGUE PEUT ÊTRE CONSULTÉ POUR DIFFÉRENTES RAISONS :
- répondre aux questions sur le corps, les règles, la puberté, la sexualité
- choisir ou renouveler une contraception
- s’assurer que l’appareil génital de la femme fonctionne bien
- assurer les transitions adolescence – femme – ménopause
- suivre une grossesse
- …
Il y a également des situations d’urgence comme :
- un rapport non-protégé
- un retard de règle
- des saignements anormaux
- des démangeaisons génitales
- des douleurs anormales
- des douleurs lors des rapports
- …

COMMENT CHOISIR UN GYNÉCOLOGUE ?
Les amies, les sœurs, les cousines représentent une grande source d’information pour trouver un gynécologue. Votre médecin traitant peut aussi vous aider à choisir. Vous êtes libre de choisir votre gynécologue. Différent de celui de maman ou non, il faut pouvoir vous en confiance, alors n’hésitez pas à demander des conseils à votre entourage.
Quand prendre rendez-vous chez un gynécologue ?
Il n’y a pas d’âge défini pour prendre son premier rendez-vous gynécologique. Une première consultation peut se faire après les premières règles pour une prise d’information, lors du choix de la contraception ou encore avant un rapport sexuel. Si vous avez des questions sur votre corps, la consultation gynécologique vous aidera à trouver toutes vos réponses. A 14 ans, à 18 ans ou à 20 ans, n’hésitez pas à passer la porte.
LA CONSULTATION SEULE OU ACCOMPAGNÉE ?
Une première visite gynécologique peut être stressante, vous pouvez choisir d’être accompagnée pour vous rassurer. Vous pouvez aussi vous sentir mal à l’aise de répondre aux diverses questions intimes avec un proche, dès lors, vous pouvez choisir d’aller seule à la consultation. L’accompagnant pourra attendre dans la salle d’attente. Le gynécologue est tenu au secret médical. Quel que soit votre choix, vous devez vous être sereine.
Le déroulement d’une consultation chez le gynécologue
LA PREMIÈRE ÉTAPE : LES QUESTIONS
Un fois que le gynécologue vous aura accueillie dans son cabinet, la consultation commence. Le gynécologue va commencer par vous poser des questions de routine pour déterminer votre état de santé, cela se nomme l’anamnèse.
- Souffrez-vous ou avez-vous souffert d’une maladie ?
- Prenez-vous des médicaments ?
- Quand avez-vous eu vos premières règles ? Sont-elles régulières ? Douloureuses ?
- Avez-vous eu des rapports sexuels ? Est-ce que cela se passe bien ?
- …
Le gynécologue pourra aussi vous poser des questions que vos antécédents familiaux (par exemple, si il y a eu des cas de cancer du sein, de l’utérus, des ovaires, si il y a eu des cas de diabète, de phlébites, de thromboses,…)
Cette discussion représente le moment idéal pour poser vos questions. Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises questions, il n’y a pas de gêne non plus, c’est important que vous puissiez poser toutes vos questions. C’est votre corps et il est essentiel de bien le connaitre.
L’EXAMEN GYNÉCOLOGIQUE
Après la discussion, le gynécologue vous invitera à vous déshabiller partiellement ou totalement. Vous pourrez ensuite vous allonger sur la table gynécologique et poser vos pieds dans les étriers.
L’examen se déroule en 4 temps :
- La palpation des seins : le médecin va palper les seins et les aisselles pour prévenir du cancer du sein. Il pourra vous expliquer comment répéter le geste chez vous.
- Le toucher vaginal : le gynécologue introduit 2 doigts dans le vagin tout en palpant le ventre avec l’autre main. Ainsi, il vérifie la position des organes comme les ovaires, l’utérus et le périnée. Cette partie n’est PAS SYSTEMATIQUE.
- Le frottis de dépistage : c’est un prélèvement des cellules du col de l’utérus pour vérifier la présence d’éventuelles maladies. Le frottis se réalise à l’aide d’un spéculum, un petit instrument en métal ou en plastique qui permet d’écarter les parois du vagin et avoir une vue dégagée sur le col de l’utérus. Ensuite, avec un coton-tige, les cellules sont prélevées. Cette partie n’est PAS SYSTEMATIQUE.
- Une échographie transvaginale : en insérant une sonde d’échographie dans le vagin, une échographie peut être réalisée pour vérifier que vos organes vont bien, cela permet de calculer la taille des ovaires, de l’utérus, de vérifier les muqueuses,… Cette examen n’est PAS SYSTEMATIQUE.
- Une échographie du ventre : le gynécologue peut réaliser une échographie sur le ventre pour observer les différents organes. Cet examen est préféré lorsque la patiente n’a pas encore eu de rapport sexuel.
Et après ?
Une fois la visite terminée, vous pouvez rentrer chez vous. A ce moment, il est important de faire le point.
- Est-ce que le rendez-vous s’est bien déroulé ?
- Vous êtes vous sentie écoutée ?
- Avez-vous eu un bon briefing ?
- Quelque chose vous a mis mal à l’aise ou vous a déplu ?
- …
Si le gynécologue ne vous a pas mis en confiance, si vous ne vous êtes pas sentie écoutée, comprise ou si quelque chose s’est mal passé, alors vous êtes totalement libre de ne pas y retourner et de trouver un nouveau gynécologue.
L’importance de la relation de confiance
La consultation gynécologique, comme on vient de le voir, n’est jamais un moment agréable à passer. La peur de la nudité, l’inconfort de l’examen ou l’appréhension des questions intimes et les petites odeurs, tout cela peut devenir naturel avec un bon gynécologue, un gynécologue qui vous convient. C’est pourquoi, le choix de son médecin-spécialiste est si important.
Ecoutez-vous et partez à la recherche du gynécologue qui vous accompagnera à chaque étape de votre vie de femme.
C.Desonay
L’endométriose est une maladie gynécologique chronique inflammatoire qui touche 1 femme sur 10.
L’endométriose est une maladie liée à la présence de tissus, semblables à l’endomètre, en dehors de la cavité utérine. Elle peut toucher différents organes.
Si la maladie peut être asymptomatique, elle peut aussi provoquer de violentes douleurs et altérer la qualité de vie des femmes.
Endométriose
Mathilde, la préservation ovocytaire pour assurer mon avenir
Lorsque le diagnostic de l’endométriose tombe, il apporte parfois avec lui son lot de surprises. Opération, ménopause chimique, parcours PMA, préservation ovocytaire,… l’annonce du diagnostic représente souvent un moment de délivrance mais aussi de remise en question sur notre mode de vie, notre sexualité et notre fertilité.
Mathilde, 25 ans, revient sur son parcours à travers l’endométriose et la préservation ovocytaire. Un témoignage rempli de force, de courage et de positivité.
Des douleurs au ventre laissées sans explication durant de longues années
J’ai eu mes premières règles à l’âge de 10 ans et elles ont directement été douloureuses. Outre les douleurs lors des menstruations, j’avais des problèmes réguliers de transit et de douleurs abdominales.
Mes parents m’ont fait rencontrer différents médecins (médecins traitants, gastro-entérologues, gynécologues, chirurgien viscéral, …) mais personne ne trouvait l’origine de mes maux.
J’ai fini par m’entendre dire que les douleurs étaient dans ma tête et qu’il fallait que je sois « moins stressée ».
J’ai essayé de m’en convaincre… Même si au fond de moi, je savais que quelque chose n’allait pas. Durant de longues années, je me suis gavée d’anti-inflammatoires.
Je me suis tue, j’ai pris sur moi et j’ai souffert en silence.
L’endométriose, un diagnostic qui a tout remis en question
C’est à 24 ans, 14 ans après mes premières douleurs, que j’ai été diagnostiquée d’une endométriose pelvienne profonde avec une atteinte aux ovaires.
Mes ovaires étaient accompagnés d’un endométriome de 10 cm à gauche et d’un de 8 cm à droite. D’autres organes étaient également touchés, notamment l’intestin.
Le spécialiste a pris le temps de m’expliquer la marche à suivre. Je ne réalisais pas vraiment.
Il me dit qu’il va opérer en deux temps pour préserver au maximum mes ovaires. Entre les deux opérations, je serais mise sous ménopause artificielle pour permettre une bonne cicatrisation.
Enfin, au vu de l’atteinte au niveau de mes ovaires, il me propose une préservation ovocytaire.A cet instant, c’est la douche froide.
Tout se mélange dans ma tête. Je suis soulagée d’être enfin prise en charge après tant d’année de souffrance. Mais les questions se bousculent : Pourquoi ce diagnostic arrive-t-il au bout d’autant d’années de souffrance ? Est-ce que je pourrais être maman un jour ? Pourquoi moi ?
Une préservation ovocytaire pour assurer ma future vie de maman
Juste avant le commencement des opérations, j’ai effectué une prise de sang pour connaitre mon taux AMH (ce taux permet de définir le nombre de follicules qui se développent en début de cycle, il est aussi nommé le test de la réserve ovarienne). Ce taux était plutôt bon ce qui m’a permis d’entamer les démarches plus sereinement.
En effet, j’étais bien consciente que les opérations allaient réduire ma réserve ovarienne. C’est mon spécialiste qui s’est occupé de la demande auprès du CECOS (Centre d’étude et de conservation des œufs et des spermatozoïdes en France).
LA PRÉSERVATION D’OVOCYTES : UN DÉBUT TOUT EN RENCONTRES ET EN EXPLICATIONS
Les deux opérations se déroulent bien et arrive alors l’étape de la préservation ovocytaire.
Je me rends au CECOS de ma région. Là, commence une série de rendez-vous avec les différents intervenants du parcours.
Je rencontre tout d’abord la gynécologue. Elle m’explique le déroulement d’une préservation ovocytaire et me demande « quand souhaitez-vous commencer le protocole ? » : « Dès que possible ».
Ensuite, je me rends chez la biologiste m’en dit plus sur la ponction, comment sont conservés les ovocytes et comment ils sont congelés. Elle prend le temps de répondre à toutes mes interrogations.
Enfin, je termine par le bureau des sages-femmes. Elles me font faire une échographie afin de voir combien j’ai de follicules à chaque ovaire. Elles m’expliquent ensuite le déroulement du protocole. On enchaine avec une prise de sang et elles m’ont aussi montré comment réaliser les injections pour que je puisse le faire moi-même.
Une suite de rendez-vous assez intenses avec beaucoup d’information.
LE PROTOCOLE DE LA PRÉSERVATION OVOCYTAIRE EST LANCÉ : L’AVENTURE COMMENCE
C’est parti ! Le protocole est lancé. Cela commence avec des injections tous les jours à heure fixe. Au bout de quelques jours, nous ajoutons une nouvelle injection.
Mes dosages sont importants car ma réserve ovarienne a baissé après mes opérations.
Au cours de cette période, je ressens beaucoup de douleurs, mon ventre gonfle, j’ai les ovaires en feu et je suis très fatiguée.
Mon copain me dira par la suite que je n’ai pas été plus chiante que d’habitude, j’en conclus que les injections ne doivent pas beaucoup jouer sur mon humeur ! 😉
Au bout de 8 jours d’injection, je dois réaliser une prise de sang ainsi qu’une échographie afin de savoir si mes ovocytes ont bien évolué.
Suite à cette échographie et à cette prise de sang le CECOS m’appelle et m’indique la marche à suivre. La sage-femme m’explique que je dois continuer les injections encore un jour et que je ferai le déclenchement de l’ovulation avant la ponction le lendemain à 22h15 précise !
Le compteur est lancé, la pression monte.
Le soir du déclenchement arrive, nous installons les deux injections avec mon copain (ovitrelle et décapeptyl), nous paniquons un peu avec l’injection de Décapeptyl qui est plutôt difficile à effectuer. Finalement, tout se passe assez bien nous sommes soulagés.
36 heures après le déclenchement, ma ponction d’ovocytes aura lieu.
Je me rends alors à l’hôpital et je suis prise en charge par le centre de PMA. La sage-femme qui m’a suivie m’installe dans une chambre. Peu de temps après, je suis emmenée vers la salle d’opération.
LA PONCTION ET L’ATTENTE INTERMINABLE DES RÉSULTATS
Dans la salle, il fait froid, beaucoup de monde est présent autour de moi mais toute l’équipe me rassure. Ils sont tous bienveillants. L’anesthésiste générale arrive et je m’endors.
Je me réveille quelques temps après, je demande directement aux infirmières combien d’ovocytes ont été ponctionnés mais elles ne savent pas et ne peuvent pas me répondre. L’attente est interminable.
Je finis par retourner en chambre où un interne passe pour voir si tout va bien. Ensuite, la biologiste vient me voir et m’annonce qu’ils m’ont ponctionnés 9 ovocytes mais que seulement 5 ovocytes étaient matures et ont été congelés.
J’ai envie de pleurer.
Je regarde mon copain et ma mère qui m’ont accompagné, ils comprennent que je suis déçue.
En effet, la gynécologue m’avait expliqué qu’il fallait 15 ovocytes congelés pour une bonne préservation ovocytaire. Cela veut dire que je vais devoir recommencer à nouveau un protocole. Je suis contente d’en avoir 5 de côté mais je suis angoissée à l’idée de devoir faire à nouveau une préservation ovocytaire.
Les semaines de stimulations sont très éprouvantes. Les injections tous les matins à 7h, les douleurs, la fatigue, le stress, devoir adapter son emploi du temps par rapport aux échographies et aux prises de sang. Il m’est arrivé de faire mes injections dans la voiture devant le laboratoire. Ce n’est pas commun mais c’est le quotidien de toutes les femmes qui sont en stimulation ovarienne.
Quelques jours après la ponction, j’ai un rendez-vous avec la gynécologue du CECOS, je demande pour redémarrer le protocole après mes vacances pour pouvoir souffler un peu. Elle me prescrit alors des nouvelles injections avec un dosage plus important cette fois.
Ma deuxième préservation ovocytaire s’est déroulée de la même manière que la première mais avec une belle surprise à la clé : 10 ovocytes ponctionnés et 9 ovocytes matures congelés ! Je n’en reviens pas ! Je demande à la biologiste si elle ne s’est pas trompée de personne tellement la surprise est grande et le bonheur sans nom.
Je suis tellement contente. J’ai donc à présent 14 ovocytes congelés.
Entre le diagnostic de l’endométriose, les opérations et la préservation ovocytaire : la valse des émotions.
Je suis toujours partagée entre le fait de me dire que j’ai cette chance d’avoir ces ovocytes congelés de côté et le fait de me dire pourquoi moi ? Pourquoi je dois passer par ces épreuves ?
Je me raisonne très vite la plupart du temps en me disant que toutes les femmes atteintes d’endométriose n’ont pas l’opportunité de faire congeler leurs ovocytes. D’autant plus que cette préservation est prise en charge à 100% dans mon cas.
Le parcours de préservation ovocytaire est fait d’incertitudes, de découvertes, d’émotions décuplées. Je n’ai jamais été une personne très émotive, cependant ce parcours tant au niveau de l’endométriose que de la préservation ovocytaire a développé chez moi une émotivité bien plus exacerbée.
Quand nous sommes confrontés à notre possible infertilité tout est remis en question. Je ne me suis jamais autant posé de question sur le fait d’être mère que depuis que j’ai reçu mon diagnostic.
L’endométriose ne nous impacte pas seulement au niveau des douleurs, elle nous fait nous questionner sur notre avenir, sur la possibilité d’être mère un jour, sur la peur de ne pas pouvoir vivre de la manière que nous avions envisagée, imaginée.A 25 ans, devoir faire une préservation ovocytaire n’est pas habituel.
J’ai été de nombreuses fois en décalage avec les personnes de mon âge pendant cette période et encore actuellement.
Je ne me pose pas toujours les mêmes questions concernant ma vie future que mes amis. Eux ne se posent pas de questions sur leur fertilité pour l’instant.Ce parcours nous montre également la force dont nous pouvons faire preuve. Après 2 opérations, une ménopause artificielle et 2 préservations ovocytaires je parviens à me relever, positiver et rester optimiste (la plupart du temps).
Les coups durs sont encore présents parfois mais la maladie m’a permis de faire du tri autour de moi et d’être à présent très bien entourée, ce qui est très important pour garder la tête hors de l’eau.
Mathilde.
L’endométriose est une maladie gynécologique chronique inflammatoire qui touche 1 femme sur 10.
L’endométriose est une maladie liée à la présence de tissus, semblables à l’endomètre, en dehors de la cavité utérine. Elle peut toucher différents organes.
Si la maladie peut être asymptomatique, elle peut aussi provoquer de violentes douleurs et altérer la qualité de vie des femmes.
Endométriose
Nathalie, l’endométriose a pris mon rein
De l’endométriose ? Il y en avait partout.
La maladie avait réussi à se frayer un chemin jusqu’au rein, ne lui laissant aucune chance.
Après une hystérectomie, j’ai cru en être débarrassée. Mais se débarrasse-t-on jamais de cette colocataire involontaire ?
Comme dans un mauvais cauchemar, elle a frappé une seconde fois, me laissant presque sur le carreau. Mon histoire avec l’endométriose, c’est avant tout celle de mes reins.
Entre les premiers symptômes et l’ablation de mon rein, je ne sais combien d’années se sont écoulées, sans que je puisse les définir et leur donner un nom.
Aujourd’hui, je vis encore avec l’endométriose. Mais je la tiens à l’œil et plus particulièrement avec mes deux filles.
Apprendre à vivre avec la douleur dès l’adolescence
J’ai toujours connu des règles abondantes et douloureuses. Adolescente, je précipitais régulièrement mon retour de l’école. Je me retrouvais parfois à la limite de m’évanouir.
Lorsque je rentrais à la maison, je prenais des antidouleurs, je me couchais avec une bouillote sur le ventre et j’attendais que cela passe.
En tant que jeune fille, on nous explique que les règles sont douloureuses, que c’est un mauvais moment à passer. Alors, on se dit qu’on vit toutes la même chose, que c’est normal.
Très vite, j’ai été mise sous contraception pour me permettre d’avoir des règles plus régulières et moins abondantes. Les mauvaises langues de l’époque vous diront que j’ai pris la pilule « assez tôt ». Mais moi je vous dirais que c’était bien venu.
Cela n’a pas réduit les douleurs, mais le flux était devenu plus gérable.
J’ai poursuivi mon bout de chemin comme cela, j’ai supporté et appris à vivre avec la douleur.
Des symptômes contraignants pour moi, mon intimité, mon couple
En 2000, je suis tombée enceinte naturellement. Cela a pris 6 mois après l’arrêt de ma pilule. Un délai raisonnable. Après mon accouchement, on m’a placé un stérilet non-hormonal.
Quelques années plus tard, je l’ai enlevé pour avoir un second enfant. Ce qui est arrivé en 2004.
C’est à ce moment que les premiers symptômes sont apparus. J’ai commencé à avoir des saignements lors de mes rapports intimes.
Au départ, je ne me suis pas trop inquiétée. Je pensais que cela devait être lié à l’accouchement. Mais cela était récurrent.
J’en ai alors touché un mot à mon gynécologue qui ne m’a pas prise au sérieux.
Alors que le problème revenait sur la table, plusieurs fois j’ai dû subir des remarques déplacées comme « dites à Monsieur d’y aller plus doucement » ou encore « mais je ne vais tout de même pas assister à l’un de vos rapports pour voir ce qu’il s’y passe ».
Ces réactions et ces termes employés ont été d’une violence inouïe.
Au bout d’un moment, j’ai décidé de changer de gynécologue. Je ne pouvais plus continuer comme cela.
Les saignements étaient très forts. Les moments intimes ne pouvaient plus être spontanés.
Cela représentait une véritable charge de devoir toujours protéger la literie, d’être dans un endroit où l’on pouvait tacher les draps, de ne jamais savoir si j’allais avoir des pertes de sang ou non et dans quelle quantité.
Lors de ma visite chez une nouvelle gynécologue, j’ai expliqué ma situation mais elle n’a pas pris ce symptôme plus sérieusement. Elle m’a laissé comme cela. Sans aucune solution efficace.
UNE TENSION TROP ÉLEVÉE
C’est lors d’une soirée entre amis que j’ai découvert que ma tension s’élevait à 17,10. Une surprise. J’ai alors porté une attention plus régulière à cette dernière et il s’est avéré qu’elle était toujours très élevée. Je ne me rendais pas vraiment compte. J’étais hypertendue au niveau des trapèzes, j’avais la tête lourde, mais à l’époque je pensais que c’était dû au stress, au travail. Je suis indépendante et cela demande beaucoup. On a parfois tendance à mettre son corps de côté.
Je me suis rendue chez un cardiologue, l’examen était très bon. Il m’a conseillé d’aller voir du côté des reins et des glandes surrénales.
L’échographie nous a donné le verdict. J’avais un rein complétement dilaté. Il ne faisait plus son travail et le second avait alors pris le relai.
Les examens complémentaires ont révélé de l’endométriose urétérale. Les lésions d’endométriose s’étaient enroulées autour de l’uretère et avait bloqué le passage de l’urine provenant du rein vers la vessie.
DE MULTIPLES OPÉRATIONS POUR SAUVER MES REINS
J’ai subis une première opération pour placer une sonde dans mon uretère. Cette opération avait pour objectif de dilater l’uretère et d’élargir le passage. De cette façon, le rein aurait pu reprendre sa fonction normale. Cette dernière a échoué et j’ai dû être réopérée pour enlever le rein trop abimé.
Après deux opérations du rein, j’ai enchainé avec une hystérectomie pour me donner toutes les chances de ne pas refaire de l’endométriose.
Etant donné que j’avais 40 ans et que je ne voulais plus avoir d’enfant, l’hystérectomie était une bonne solution. Les chirurgiens m’ont laissé un ovaire pour réguler les hormones et ne pas être ménopausée directement.
La récidive
Après 3 opérations consécutives, j’ai pu goûter à la tranquillité. Mais cela n’a duré qu’une année et demi.
Un jour, je me suis remise à faire de l’hypertension.
Lorsque l’on a plus qu’un rein et qu’il lâche, le corps s’empoisonne. Très rapidement, on le sent.
J’ai vraiment cru que c’était la fin.
La prise en charge s’est faite en urgence.
L’endométriose s’était redéveloppée autour du second uretère.
L’histoire se répétait mais cette fois de l’autre côté. L’opération a très vite été programmée pour placer un drain et tenter d’élargir l’uretère.
Tout ne s’est pas passé comme prévu. Le chirurgien a dû m’enlever un morceau d’uretère qui ne permettait plus de faire le lien avec la vessie.
Lors d’une 6e opération, l’urologue a découpé une partie de ma vessie, lui a donné une forme allongée pour pouvoir recréer le lien entre le rein, l’uretère et la vessie.
Une opération lourde et risquée mais qui fut un succès.
Au total, j’ai subi 6 opérations en 4 ans. Un véritable combat.
Rester alerte et écouter les signes
Aujourd’hui, j’ai encore un foyer d’endométriose entre le vagin et l’anus. Une zone délicate. Les médecins ont préféré me laisser ce foyer car l’enlever auraient pu causer de trop lourds dégâts.
Malgré les épreuves, je suis toujours restée positive. C’est dans mon caractère. Aujourd’hui, je n’ai plus de douleurs et c’est un vrai bonheur de ne plus avoir ses règles.
Je continue de porter une attention plus particulière à ma santé mais également à celles de mes deux filles. Elles ont tout vécu et je ne veux pas qu’elles fassent cette expérience.
Dès qu’elles ont atteint leurs 15 ans, je les ai emmenées directement chez une gynécologue spécialisée. De cette façon, je sais qu’elles seront bien suivies et surtout écoutées. Elles sont déjà attentives et sensibilisées. Et cela est essentiel.
C.Desonay
L’endométriose est une maladie gynécologique chronique inflammatoire qui touche 1 femme sur 10.
L’endométriose est une maladie liée à la présence de tissus, semblables à l’endomètre, en dehors de la cavité utérine. Elle peut toucher différents organes.
Si la maladie peut être asymptomatique, elle peut aussi provoquer de violentes douleurs et altérer la qualité de vie des femmes.
Endométriose
Catherine, la PMA et l’hyperstimulation ovarienne
L’endométriose peut mener à des problèmes d’infertilité. Dans certains cas, un parcours de procréation médicalement assistée pourra être envisagé. Un parcours lourd qui peut engendrer des risques pour la santé de la femme. L’hyperstimulation ovarienne représente l’un de ses risques.
Catherine revient sur son endométriose et sa bataille pour fonder une famille. Un combat qui l’a mené à un parcours PMA qui ne s’est pas déroulé comme prévu. Un témoignage sur l’hyperstimulation ovarienne. Un risque devenu réalité.
C’est normal d’avoir mal
Comme toutes les jeunes filles, moi aussi, j’ai eu mes premières règles. Une période jamais agréable à vivre. Et pendant des années, sans réellement m’en rendre compte, j’avais déjà des pertes fortement abondantes. Mais je grandissais dans une époque où c’était normal d’avoir mal.
L’endométriose peut mener à des problèmes d’infertilité. Dans certains cas, un parcours de procréation médicalement assistée pourra être envisagé. Un parcours lourd qui peut engendrer des risques pour la santé de la femme. L’hyperstimulation ovarienne représente l’un de ses risques.
Catherine revient sur son endométriose et sa bataille pour fonder une famille. Un combat qui l’a mené à un parcours PMA qui ne s’est pas déroulé comme prévu. Un témoignage sur l’hyperstimulation ovarienne. Un risque devenu réalité.
Tu es une femme, alors tais-toi, c’est normal d’avoir mal, c’est normal d’avoir des règles abondantes.
Si je trouvais que mes règles étaient fortes et compliquées, cela ne m’empêchait pas de vivre, alors je n’en parlais pas.
Vers 16 ans, j’ai été mise sous pilule. Cette prise de contraception allait de pair avec la première consultation gynécologique. A cette époque, il n’y avait pas de démarches mises en place par le gynécologue pour savoir comment se déroulaient les menstruations et le début de la vie de femme. On repartait avec une prescription. Voilà.
L’envie de fonder une famille
A 26 ans, je décide d’arrêter ma contraception en vue d’une grossesse.
Une première année se passe et je ne tombe pas enceinte.
Avec mon compagnon, nous n’étions pas pressés mais au bout d’un an et demi, les interrogations commencent à s’installer.
J’en discute avec ma gynécologue et nous déclenchons alors un cheminement pour trouver une solution, pour connaitre l’origine de ces complications. En attendant, je suis mise sous traitements, mais rien ne vient. Mon mari passe aussi des examens. Tous les résultats reviennent positifs.
En poursuivant les investigations, le mot endométriose est posé sur la table. Alors, ma gynécologue décide de m’envoyer chez un spécialiste.
Après des examens, le spécialiste me dit qu’il y a de l’endométriose mais il ne peut pas dire à quel degré. Il m’explique qu’il faut intervenir mais que cela peut être une lourde opération. J’accepte. J’ai alors subi une laparoscopie en 2004. Au retour de l’opération, les médecins m’ont annoncé que j’avais une endométriose pelvienne sévère. Mais qu’ils ont pu tout enlever. J’ai été mise sous ménopause chimique durant 2-3 mois après l’opération.
Dans leur démarche, les médecins nous proposent d’entamer un parcours PMA. En effet, le timing nous pressait un peu. J’avais maintenant 30 ans et on était également pressé d’avancer dans notre projet de fonder une famille. Le spécialiste m’a dit : « tomber enceinte, vous y arriverez. Mais quand je ne peux pas vous le dire. Et le temps passe. »
Pour éviter une récidive rapide de l’endométriose, nous nous sommes lancés dans la PMA les yeux fermés.
Quand on est jeunes et prêts à tout, on y va !
Un parcours PMA pas comme les autres
La PMA, c’est une épreuve. Je me souviens encore des trajets tous les matins pour aller à la clinique faire les prises de sang pour définir le bon moment de l’ovulation, tous les traitements médicamenteux, …
Nous avons suivi scrupuleusement le protocole. Mais dans ce dernier, il y avait un risque. Un risque d’hyperstimulation.
Un faible pourcentage mais les médecins sont obligés de vous en parler. Cela peut entrainer des complications et une hospitalisation.
Nous étions prêts à relever le défi, on faisait confiance et on se disait que ça ne pouvait pas nous arriver.
La réalité fut tout autre.
UNE HYPERSTIMULATION OVARIENNE
Le jour du déclenchement de l’ovulation était arrivé. Le médicament administré, je devais rentrer et attendre. Sauf qu’à peine arrivée chez moi, j’ai commencé à avoir des douleurs abdominales, j’avais envie de vomir, j’avais la tête qui tournait. J’ai appelé le service et ils m’ont tout suite dit de revenir.
Après une échographie, les médecins ont constaté une explosion d’ovule dans mon ventre.
Là où normalement, le corps expulse un ovule par moi, dans mon cas, j’en avais des dizaines.
Ils m’annoncent que je subis une hyperstimulation ovarienne, que j’ai « trop bien » réagi au produit. Je dois donc rester à l’hôpital pour être suivie.
La douleur était si intense. Je me souviens m’être levée de mon lit et être tombée. Ils m’ont dit que je devais rester allongée et m’ont mise sous sonde urinaire. Et là c’est le blackout pendant 2 semaines.
J’avais le ventre d’une femme enceinte, j’étais gonflée d’eau. Et la situation s’est aggravée.
Au point où le spécialiste a du venir deux fois me faire des ponctions. Elles représentaient la seule solution pour me soulager. Lors de la première je revois, un seau d’eau rempli de liquide qui était sorti de mon corps.
Erreur humaine de dosage ou pharmaceutique, je n’aurai jamais le fin mot de cette histoire.
Je m’en suis sortie. Et c’est le principal.
Tout a fini par se résorber. Ils ont prélevé tous les ovocytes. Mais seul 5 ont été fécondés. Une nouvelle qui m’a permis de tenir.
Le transfert s’est bien passé mais ça n’a pas pris. Nous avons réessayé. Ce fut encore un échec.Après cette période compliquée, nous avons fait le point avec les médecins qui me propose de réengager une PMA ou de faire une pause.
A ce moment, le spécialiste a employé à nouveau ces mots : « Mme, je suis persuadé que vous allez tomber enceinte naturellement mais on ne sait pas quand. Ce sera peut-être dans 6 mois, dans un an,… Mais vous y arriverez ».Au moment où le Dr prononce ces paroles, j’ai alors 32 ans. Je suis très fatiguée et déçue. Le parcours avait été compliqué. Ce fut une épreuve pour mon corps, ma santé mais également mon couple.
Je me suis dit : Allez ! Aujourd’hui, nous pouvons encore tomber enceinte jusqu’à 40 ans. Alors, nous avons dit STOP.D’une surprise à un bébé surprise
Un peu après, je me suis engagée dans l’organisation d’une surprise pour mon mari, pour faire la fête et nous changer les idées. Et Là en janvier, pas de règles. Je le sentais. J’étais enceinte.
J’ai fait mon test et il était positif !
Le spécialiste avait raison. Il ne voyait plus d’obstacle à une grossesse naturelle. Le fait d’avoir décroché, vidé mon esprit, tout est venu naturellement.
Une belle grossesse et un petit garçon né en 2006.Deux ans après j’ai eu ma seconde fille. Elle est venue naturellement aussi et au moment où je l’avais décidé. Cette fois-ci j’ai pu avoir le contrôle.
Faire évoluer le discours sur la fertilité et les règles
Mon parcours se termine bien mais j’ai vraiment vécu 4 ans de galère.
Une période difficile. On se pose une multitude de questions sur le pourquoi je n’arrive pas à tomber enceinte.
Ce n’est pas toujours facile d’en parler. Les sujets liés à la fertilité et la PMA ne sont pas évidents à gérer au quotidien. Les questions de l’entourage, les pressions mises sur le couple,… il faut pouvoir digérer tout cela.
Et l’endométriose, c’est également une maladie dont on ne parlait pas. Je ne l’évoquais que très peu. C’est bien plus tard en parlant avec des amies que je prévenais qu’il existait une maladie quand je reconnaissais des symptômes.Aujourd’hui, avec le recul et mon expérience, je suis plus alerte.
Ma fille vient d’avoir ses règles et je lui ai directement dit : « Si tes règles sont trop abondantes, si tu juges que cela n’est pas gérable et qu’il y a des douleurs, tu me le dis tout de suite. »
C’est quelque chose dans ma génération (46 ans) dont on ne parlait pas du tout et aujourd’hui, il faut changer cela.C’était banal d’avoir des règles abondantes. On avait ce qu’il fallait avec les tampons et les serviettes mais il fallait se débrouiller et surtout ne pas en parler.
A cette époque, j’ai accepté cela. J’ai accepté de vivre comme ça. Lorsque j’ai décidé d’avoir un enfant et que tout ne s’est pas passé comme prévu, j’ai cherché et trouvé un problème qui était présent depuis le début.Dans cette histoire, on revient sur ce qui est acceptable ou non pour son corps, pour soi. Et clairement, aujourd’hui, mes douleurs et ce que je vivais pendant mes règles n’étaient pas acceptable. C’est important de partager cela avec les jeunes filles, de ne pas commettre les mêmes erreurs, de ne pas banaliser le fait d’avoir ses règles, de taire le sujet et surtout de cacher les douleurs.
C.Desonay
L’endométriose est une maladie gynécologique chronique inflammatoire qui touche 1 femme sur 10.
L’endométriose est une maladie liée à la présence de tissus, semblables à l’endomètre, en dehors de la cavité utérine. Elle peut toucher différents organes.
Si la maladie peut être asymptomatique, elle peut aussi provoquer de violentes douleurs et altérer la qualité de vie des femmes.